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ACTUALITÉS

Des chercheurs de l’UQO examinent la thérapie équestre en vue d’aider les anciens combattants

Le traitement cible ceux qui souffrent du trouble de stress post-traumatique et d’autres maladies mentales.

par VÉRONIQUE MORIN | 05 OCT 16

Un centre équestre fait appel à des chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) pour valider une méthode de thérapie alternative destinée à des vétérans et des militaires de l’Armée canadienne souffrant de blessures psychologiques.

Toutes les semaines, l’écurie Equi-Sens de Terrebonne, Québec, reçoit une vingtaine de vétérans de l’Armée canadienne. Ces anciens militaires qui souffrent de blessures psychologiques, de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique à la suite de leurs années de service dans l’armée ont choisi le cheval comme moyen de traitement.

Ils ne montent pas le cheval, mais ils passent une heure avec l’animal, en compagnie d’un psychologue et d’un travailleur social, pour recréer et comprendre des situations émotivement difficiles. « Le cheval sert de miroir », explique la propriétaire du centre, Chantal Soucy, qui a lancé le programme basé sur le modèle de l’EAGALA (Equine Assisted Growth and Learning Association) mis au point aux États-Unis.

Le cheval : un allié dans la guérison des blessures psychologiques.
Le cheval : un allié dans la guérison des blessures psychologiques.

Dans le but d’obtenir une certification et éventuellement des fonds du gouvernement canadien, le centre équestre a fait appel à des chercheurs de l’UQO spécialisés dans le traitement des maladies mentales chez les soldats et les vétérans de l’armée. « Plusieurs études démontrent que la thérapie équestre peut s’avérer une avenue complémentaire efficace dans le traitement des maladies mentales », estime le chercheur principal de l’étude Dave Blackburn, professeur au Département de travail social et ancien militaire.

« Vingt pour cent de l’effectif militaire actif souffre d’une blessure de stress opérationnel. Le ministère des Anciens Combattants estime que plus de 20 000 vétérans en souffrent également, » souligne M. Blackburn.

Les résultats préliminaires de l’étude montrent déjà que le cheval offre plusieurs avantages.  Entre autres, les chercheurs ont pu observer que le cheval détecte immédiatement la colère chez un patient. « Le cheval sent tout de suite si la personne est perturbée. Il va éviter le contact avec elle et prendre ses distances. Il réagit immédiatement aux émotions du participant, » selon M. Blackburn. Une forme d’introspection, suscitée par la réaction du cheval, s’en suit chez le patient. « Les participants à l’étude semblent plus à l’aise avec le cheval parce qu’ils ne se sentent pas “jugés” par l’animal, » raconte l’expert en santé mentale.

« Le cheval est un animal à la fois puissant et extrêmement sensible et doux, » explique Mme Soucy d’Equi-Sens. « L’interaction entre le cheval et l’humain est différente de celle avec un chien ou un chat, » renchérit M. Blackburn.

Cette approche alternative appelée « équithérapie » s’inspire d’une  complicité millénaire entre le cheval et l’humain, soit en tant qu’outil de guerre, de ferme, de moyen de transport, mais aussi en tant que compagnon fidèle et d’indicateur de rang social.

Au terme de la recherche, qui a débuté en avril 2015, les chercheurs auront compilé les éléments de preuve pour démontrer si l’approche thérapeutique offerte par le centre Equi-Sens est efficace chez les militaires québécois et si elle mérite d’être appuyée par les fonds publics. La recherche en cours reçoit une subvention de 20 000 $ du programme Bell Cause pour la cause. 

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