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ARTICLES DE FOND

Une réforme du doctorat s’impose

Trop d’étudiants abandonnent leurs études doctorales ou mettent trop de temps pour les terminer, ce qui pousse certaines universités à se demander ce qu’elles pourraient bien faire pour les aider.

par ROSANNA TAMBURRI | 6 février 2013

Après cinq années d’études doctorales en études anglaises à l’Université Queen’s, Ian Johnston a déclaré forfait. Ceux et celles qui, comme lui, se sont échinés en vain à obtenir leur doctorat ne s’étonneront pas des motifs de cet abandon : il se voyait privé de financement, n’avait toujours pas entrepris la rédaction de sa thèse, se sentait isolé, et savait n’avoir que peu de chances d’obtenir un poste de professeur menant à la permanence dans sa discipline.

M. Johnston a donc quitté l’Université Queen’s en 2009 pour entreprendre une maîtrise en counselling éducationnel, qu’il a obtenue en 2012. Aujourd’hui âgé de 32 ans, il travaille comme rédacteur pigiste en attendant de trouver un emploi dans la sphère du counselling. Il regrette d’avoir consacré en vain tant d’années à ses études doctorales.

« J’aurais pu faire bien mieux, acquérir tout de suite des compétences pratiques, démarrer ma carrière et gagner un peu d’argent. Je commence tout juste à le faire aujourd’hui, dit-il, ne blâmant que lui-même. Je n’ai pas fait suffisamment d’efforts, mais si seulement j’avais pu bénéficier d’un peu plus d’aide. »

Les statistiques ont de quoi désenchanter ceux et celles qui s’apprêtent à entreprendre des études doctorales. Il faut beaucoup de temps pour obtenir un doctorat, et les taux de réussite, bien qu’en progression, restent extrêmement faibles dans certaines disciplines (voir « Plus récentes données sur les taux et les délais d’obtention de diplôme ».) Le nombre d’inscriptions au doctorat continue cependant à croître. Il a plus que quadruplé depuis 30 ans sous l’influence d’abord des politiques gouvernementales destinées à combler, d’une part, les besoins du marché du travail canadien en main-d’œuvre hautement qualifiée, et d’autre part le retard du Canada comparativement aux États-Unis et à d’autres pays industrialisés par rapport au nombre de titulaires de doctorat. Depuis 2000, près de 200 nouveaux programmes de doctorat ont vu le jour en Ontario seulement d’après les données compilées par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES). La multiplication des inscriptions au doctorat a touché pratiquement toutes les disciplines, atteignant son paroxysme dans les établissements de taille moyenne.

On commence à s’interroger sur cette question. « Il est peut-être temps d’analyser un peu l’évolution récente et de réfléchir posément à la stratégie qui s’impose pour demain », estime le président-directeur général du COQES, Harvey Weingarten. « Pourquoi avons-nous tant investi dans les études doctorales? Les titulaires de doctorat se trouvent-ils facilement des emplois? Avons-nous fait les bons choix? »

Certaines universités commencent, elles aussi, à se poser ces questions. « Je ne crois pas que nous ayons fait preuve d’assez de prudence et de jugement », déplore David Farrar, provost et vice-recteur à l’enseigne-ment de l’Université de la Colombie-Britannique. Cet établissement entend justement revoir ses programmes de doctorat de fond en comble, des conditions d’admission aux délais d’obtention du diplôme, en plus de se pencher sur les taux de réussite et sur les perspectives d’emplois des futurs diplômés. L’Université de la Colombie-Britannique prévoit d’ailleurs publier sur son site Web, à l’intention des futurs étudiants, les taux et les délais d’obtention du diplôme associés à chacun de ses programmes de doctorat.

L’Université envisage en outre une mesure qui se révélera sans doute plus controversée, à savoir la limitation des inscriptions au doctorat dans certaines disciplines. « Si les titulaires de doctorat dans certaines disciplines sont très demandés, explique M. Farrar, j’ai bien peur que nous n’en formions plus que nécessaire dans d’autres. Nous devons prendre en compte ce qui attend nos étudiants une fois diplômés et nous interroger en conséquence sur le nombre de doctorants à admettre. » M. Farrar est conscient que les discussions s’annoncent corsées : « Certaines universités estiment avoir pour mandat de former des diplômés de haut calibre, point à la ligne. Or, il faut aussi que les étudiants qui entreprennent des études doctorales sachent dès le départ où cela peut les mener. »

L’Université Queen’s a elle aussi décidé de revoir ses programmes de doctorat. Certains examens de synthèse ont vu leur tenue avancée et leur champ réduit, de manière à permettre aux étudiants de passer plus rapi-dement à la phase des activités de recherche. L’établissement a par ailleurs proposé pour la première fois à ses étudiants l’été dernier un atelier d’une semaine destiné à les aider à rédiger leur thèse. « Nous avons compris que l’exercice était un succès le vendredi quand, le temps venu de se détendre autour de rafraîchissements, l’un des participants a dit ne pas pouvoir rester : il venait d’achever un chapitre et tenait à le montrer sans tarder à son directeur de thèse », raconte Brenda Brouwer, vice-provost et vice-doyenne aux études supérieures de l’établissement. L’Université Queen’s suit les progrès des 26 participants à cet atelier. Elle a récemment interrogé ses étudiants au doctorat pour savoir quelles mesures supplémentaires pourraient, à leur avis, les aider à obtenir plus rapidement leur diplôme. Les résultats de l’exercice ne sont pas encore connus.

Même s’il est trop tôt pour se prononcer sur l’effet des changements apportés, Mme Brouwer estime que la course vers un délai moyen d’obtention du diplôme de cinq ans est « bien engagée ». L’Université Queen’s entend faire en sorte que 80 pour cent de ses étudiants obtiennent leur diplôme dans un « délai raisonnable », variable selon les disciplines. Il en va de l’intérêt de chacun.

La prolongation des délais d’obtention du diplôme a des conséquences coûteuses non seulement pour les étudiants, qui cumulent les dettes et tardent à intégrer le marché du travail, mais également pour les établissements. L’Université Queen’s estime dépenser deux fois plus en enseignement, en aide à la recherche et en aide financière aux étudiants inscrits depuis plus de quatre ans au doctorat qu’elle ne perçoit de frais de scolarité. (En Ontario, les universités ne touchent de subventions du gouvernement provincial au profit des doctorants que pour les quatre premières années du programme.)

L’Université Concordia, au Québec, verse à la fois des primes aux étudiants qui obtiennent leur diplôme sans retard, et une aide financière de courte durée à ceux qui se retrouvent à court d’argent alors qu’ils sont en rédaction de thèse. « C’est la stratégie de la carotte et du bâton », résume Graham Carr, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l’établissement et président-directeur général de la Fédération canadienne des sciences humaines (FCSH). En plus d’offrir ces incitatifs financiers, l’Université Concordia prévoit limiter les prolongations au niveau doctoral et scrute à la loupe les rapports d’étape annuels soumis par les directeurs de thèse et les étudiants.

Aux États-Unis, la Stanford University a récemment annoncé qu’elle versera une aide financière additionnelle aux étudiants des départements de sciences humaines qui décideront de limiter à cinq ans le délai accordé pour l’obtention du diplôme. L’American Chemical Society a pour sa part appelé à l’apport de changements radicaux à l’enseignement aux cycles supérieurs en chimie, passant entre autres par le plafonnement à cinq ans du délai d’obtention du diplôme.

La Modern Language Association (MLA) a quant à elle plaidé avec force pour une réforme des programmes de doctorat en sciences humaines. Lors d’un discours prononcé dans le cadre de l’édition 2012 du Congrès des sciences humaines à Waterloo, en Ontario, la présidente sortante de la MLA, Sidonie Smith, a affirmé que les problèmes liés à la rédaction de thèse étaient l’un des principaux facteurs à l’origine des forts taux d’abandon et des longs délais d’obtention du diplôme observés en sciences humaines. « Nous n’avons pas les moyens de laisser abandonner des étudiants dans lesquels nous avons tant investi », a-t-elle souligné.

À titre de président-directeur général de la FCSH, M. Carr a lui aussi appelé à des réformes en matière de rédaction de thèse, ici au Canada. « On a toujours estimé qu’une thèse devait ressembler à un manuscrit susceptible d’être publié. Est-ce la seule démarche envisageable? », demande-t-il. Ne peut-on pas innover dans la manière de rendre compte des connaissances et de l’expertise acquises par les doctorants afin qu’elles soient plus utiles à leur carrière hors du milieu universitaire?

Les forts taux d’abandon et les longs délais d’obtention du diplôme qui minent depuis longtemps la formation doctorale ne tiennent pas qu’à un seul facteur, mais à plusieurs – parmi lesquels l’insuffisance du financement et de l’encadrement dont bénéficient les étudiants, ainsi que leur manque de préparation et leur isolement. L’une des principales causes du problème tient aux disciplines choisies par les étudiants. Une étude de 2006, préparée par le CRSH (et dont les conclusions sont confirmées pas les dernières données du regroupement d’universités U15) a révélé que les étudiants en sciences humaines mettent plus de temps à obtenir leur diplôme et risquent davantage d’abandonner que les étudiants en sciences ou en génie. Ils ont également tendance – ce qui est tout aussi préoccupant – à persister dans leurs études doctorales plus longtemps avant d’abandonner.

La culture et les traditions qui perdurent dans le domaine des sciences humaines ne sont pas étrangères au problème. En effet, les étudiants en sciences humaines travaillent le plus souvent seuls, alors que ceux en sciences de la nature ou de la santé mènent des projets de recherche en collaboration avec leurs collègues et leur directeur de thèse. Or, les étudiants qui travaillent en équipe sont moins enclins à abandonner leurs études.

La multiplication des publications contribue elle aussi à lutter contre l’abandon selon une étude menée par Vincent Larivière, chercheur à l’Université de Montréal, publiée l’an dernier dans la revue Scientometrics. Professeur adjoint à l’École de bibliothéconomie et de science de l’information de cet établissement, M. Larivière a constaté que parmi les 30 000 étudiants ayant entrepris des études doctorales au Québec entre 2000 et 2007, ceux qui avaient publié avaient plus de chance d’obtenir leur diplôme.

« Le fait d’être intégré au milieu de la recherche aide à aller au bout de ses études, et ce, plus rapidement », affirme M. Larivière. Selon lui, les étudiants en médecine et en sciences naturelles ont davantage de chances d’y parvenir, compte tenu des possibilités accrues de prendre part à des projets de recherche et de publier.

Le financement est également un facteur non négligeable. Dans le cadre d’une étude connexe, à paraître dans la Revue canadienne d’enseignement supérieur, M. Larivière affirme que les étudiants qui bénéficient de l’aide financière d’organismes de recherche fédéraux ou provinciaux ont des chances accrues de publier et d’obtenir leur diplôme. Il dit toutefois avoir constaté que la somme reçue par ces étudiants n’a pas d’incidence sur le volume de leurs publications.

« Ce qui change les choses n’est pas de recevoir 20 000 $ ou 35 000 $, mais bien de recevoir quelque chose ou pas. Cela montre, selon moi, que le gouvernement fait fausse route en créant des superbourses d’études. » M. Larivière estime que les organismes devraient mieux répartir les sommes qu’ils versent plutôt que de consentir de gros montants à une petite élite.
Si les perspectives pour les étudiants en sciences humaines sont plutôt sombres, « tout n’est pas rose pour autant dans les disciplines scien-tifiques », d’après Brent Herbert-Copley, vice-président, Capacités de recherche, du CRSH. Selon lui, les candidats au doctorat en sciences naturelles et en santé terminent peut-être plus vite leurs études, mais ils risquent également par la suite de stagner au niveau postdoctoral. Même si les liens étroits entre étudiants et directeurs de thèse dans ces disciplines sont bénéfiques à maints égards, ils peuvent nuire à la progression des étudiants, leurs directeurs de thèse n’étant guère pressés de les voir devenir chercheurs indépendants.

« Je suis convaincu que les étudiants ont tendance à faire durer leurs études le temps souhaité par leur directeur de thèse », confie Jay Doering, doyen aux études supérieures à l’Université du Manitoba et ancien président de l’Association canadienne pour les études supérieures (ACES). M. Doering parle d’expérience : passé rapidement du baccalauréat au doctorat, il a obtenu son doctorat en quatre ans parce que son directeur de thèse l’y avait poussé, dit-il.

Ainsi, de nombreux professeurs sont convaincus de la nécessité de consacrer des années à l’obtention d’un doctorat. « Une partie du problème tient d’après moi au fait qu’une grande partie des professeurs sont convaincus d’avoir pour mission de créer des clones d’eux-mêmes. « Le seul moyen de changer cette situation est de faire prendre conscience à la vaste majorité des professeurs que cette méthode pose problème. »

Dans un rapport de 2003, l’ACES a formulé une dizaine de recommandations pour la réforme du doctorat, parmi lesquelles les suivantes : recueillir et diffuser des données sur les taux et les délais d’obtention du diplôme, inviter les étudiants à intégrer des équipes de recherche et à publier davantage, envisager l’admission directe aux programmes de doctorat et conseiller davantage les professeurs en matière de direction de thèse. Peu de ces recommandations ont hélas été mises en pratique.

Des changements se profilent toutefois, bien que lentement. Frank Elgar, professeur adjoint à l’Institut des politiques sociales et dela santé ainsi qu’au département de psychiatrie de l’Université McGill, a publié une étude sur l’obtention du doctorat alors qu’il effectuait le sien à l’Université Dalhousie. Selon lui, les universités expérimentent pour trouver des moyens de revoir les programmes et les examens de synthèse, de limiter le travail lié aux cours et de permettre aux étudiants d’obtenir plus rapidement leur doctorat. Le rapport de 2003 publié au terme de l’étude de M. Elgar attirait l’attention sur les délais d’obtentionet critiquait sévèrement l’aveuglement des universités par rapport à ce problème.

Devenu lui-même directeur de recherche, M. Elgar souligne qu’un jumelage judicieux entre directeurs et étudiants est crucial, mais que ces derniers doivent également être « très motivés » et établir un plan de carrière dès le début de leurs études. Ceux qui s’inscrivent au doctorat parce qu’ils n’ont pas d’autres débouchés ou pour repousser leur entrée sur un marché du travail peu accueillant tendent à s’y éterniser.

Pour leur part, les étudiants aux cycles supérieurs hésitent à témoi-gner de leur expérience de peur de compromettre leurs chances de réussite. Le manque de financement est cependant la préoccupation première de beaucoup d’entre eux. La plupart des doctorants jouissent d’une aide financière sous forme d’assistanat d’enseignement et de recherche ou d’autres allocations de leur établissement, ou encore de bourses d’études de l’un des trois organismes subventionnaires fédéraux et d’autres programmes gouvernementaux. En sciences, beaucoup reçoivent également des subventions de recherche accordées aux professeurs. Le financement est toutefois limité et, lorsqu’il prend fin, les étudiants doivent souvent se trouver un emploi hors campus, ce qui peut entraver leur cheminement.

Une supervision inadéquate constitue un autre problème courant et pressant, selon les étudiants. Certains directeurs prennent des mois pour commenter les travaux qui leur sont soumis. « Ils ne nous tiennent pas au courant », affirme une étudiante qui souhaite garder l’anonymat, ajoutant qu’elle n’a pas pu communiquer avec son directeur pendant un an parce qu’il avait pris un congé sabbatique. Les conflits de personnalité peuvent également dégrader la relation entre doctorant et directeur. Certains étu-diants affirment même avoir été victimes d’abus et d’exploitation.

Lorsque leur relation avec leur directeur s’envenime, les étudiants estiment avoir peu de recours et hésitent à en parler. « C’est une situation délicate puisqu’à terme, les étudiants espèrent obtenir des lettres de recommandation de leur directeur. Le maintien de la relation est donc crucial, » explique Carolyn Hibbs, représentante des étudiants des deuxième et troisième cycles à la Fédération canadienne des étudiantes et des étu-diants et présidente de l’association des étudiants aux cycles supérieurs de l’Université York.

Melonie Fullick, étudiante au doctorat à l’Université York et blogueuse pour Affaires universitaires, estime que le problème tient en partie au fait que les professeurs doivent diriger de plus en plus d’étudiants. « Il faut souvent se démener pour obtenir l’attention de son directeur », affirme-t-elle. La pression et l’isolement peuvent rapidement déclencher de la détresse psychologique.

M. Johnston, ancien étudiant de Queen’s, explique que même s’il avait réalisé une grande partie des recherches en vue de sa thèse, au moment de rédiger, il s’est heurté à un mur. Bien qu’empathique, son directeur était très occupé et préférait ne pas intervenir. L’étudiant ne savait plus vers qui se tourner. La dépression a rapidement pris toute la place. « Ce fut une désillusion et une grande déception, ajoute-t-il. Je me sou-viens d’un sentiment d’isolement total. » Il a consulté pour traiter sa dépression après sa deuxième année, mais a persévéré surtout parce qu’il aimait enseigner. Puis, à court de financement, il a décidé de passer à autre chose.

Aux prises avec ce problème, les universités pourraient instaurer deux mesures correctives concrètes, selon Richard Wiggers, directeur de la recherche au COQES : recueillir et publier des données détaillées sur les doctorants et leur exposer clairement les perspectives dans leur domaine. Un collègue de M. Wiggers a récemment reçu une lettre d’une université canadienne l’informant qu’il était accepté au programme de doctorat, mais que les chances d’obtenir un poste menant à la permanence au terme de ses études étaient minces. « Je les félicite de leur franchise », déclare M. Wiggers.

M. Carr, de l’Université Concordia, est du même avis. « Si je faisais aujourd’hui une demande d’admission à un programme de doctorat, j’aimerais pouvoir discuter avec le directeur du programme au sujet du délai moyen d’obtention du diplôme et, idéalement, des perspectives d’emploi des diplômés. » Il prédit qu’à l’avenir, les programmes de doctorat de premier plan seront ceux qui feront place à de telles discussions, au changement et à l’innovation.

Rosanna Tamburri est une journaliste primée spécialisée en éducation. Elle signe fréquemment des articles pour Affaires universitaires.

Plus récentes données sur les taux et les délais d’obtention du diplôme

La proportion des étudiants au doctorat qui obtiennent leur diplôme en neuf ans ou moins a connu une hausse dans toutes les disciplines, mais les délais demeurent longs et ont même augmenté dans certains domaines, selon les dernières données recueillies par le groupe U15, composé de 15 universités canadiennes axées sur la recherche.

Les chiffres suivants sont les plus récents au Canada et reposent sur des données recueillies auprès de huit des 15 établissements qui disposent de données comparables. Aucun des établissements n’est nommé.

Dans l’ensemble des disciplines, 70,6 pour cent des étudiants qui ont commencé un programme de doctorat en 2001 l’ont terminé en neuf ans ou moins, comparativement à 62,5 pour cent en 1992. Parmi la cohorte de 2001, les taux d’obtention du diplôme varient entre 78,3 pour cent en sciences de la santé et 55,8 pour cent en sciences humaines. Le taux moyen est de 75,4 pour cent chez les étudiants en sciences physiques et en génie, comparativement à 65,1 pour cent en sciences sociales.

Les délais moyens d’obtention du diplôme varient également selon la discipline. Parmi la cohorte de 2001, les délais moyens d’obtention du diplôme varient entre un peu moins de 15 trimestres (soit cinq ans à trois tri-mestres par année) en sciences physiques et en génie, et 18,25 trimestres (soit un peu plus de six ans), en sciences humaines. La moyenne est de 15,4 trimestres en sciences de la santé et de près de 17 en sciences sociales. Les délais d’obtention du diplôme ont augmenté dans toutes les disciplines, sauf dans le domaine des sciences de la santé.

COMMENTAIRES
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  1. guillaume sirois / 6 février 2013 à 12:03

    Le portrait est juste. Je suis moi même un doctorant qui songe à abandonner, car l’investissement en terme de sacrifices ne donne pas nécessairement de bénéfices à la fin, sans compter le manque de support de l’université et de mon superviseur, de l’impossibilité d’avoir des bourses ou des subventions pour défrayer mes expérimentations… Et le monde du travail qui a tant à m’offrir pour mon talent!

    Ma décision n’est pas prise, mais peu est fait pour m’aider à persévérer.

  2. Valérie / 21 février 2013 à 5:01

    Idem pour moi. Je suis en train de réfléchir à différentes possibilités dont l’abandon du doctorat. Une accumulation de frustrations, surtout sur le plan de l’encadrement (qualité de l’enseignement, structure, supervision de la thèse) me poussent à considérer cette option. Je n’aurais jamais pensé que le doctorat pouvait être si pénible. J’ai toujours eu de l’intérêt pour les études, pourtant… et de bons résultats aussi. Dommage. Peut-être ai-je persisté trop longtemps dans un programme qui ne me convenait pas.

  3. Sidonie / 2 juillet 2013 à 7:59

    Contente de ne pas être la seule. J’ai pris la décision récemment de quitter le programme de doctorat après 6 ans d’acharnement. Je regrette profondément ne pas avoir décroché plus tôt.

  4. Brigitte / 29 août 2013 à 4:41

    Doctorante décrocheuse… depuis avril dernier, après 3 années de scolarité 🙁

  5. Pattrick / 4 octobre 2013 à 1:45

    J’ai fini mon doctorat en 3 ans, mais le problème suivant est de trouvé un emploi.

    250 applications et 5 entrevues plus tard sur 6 mois, toujours rien.

    Soit que l’expérience est manquante pour des grosses jobs, soit que la formation est trop intimidante pour les jobs plus normales…même au dépanneur.

    Je changerai très bientôt mon CV pour cacher mon doctorat et ma maitrise.

    Honteux ? Très.

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