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CONSEILS CARRIÈRE

À bas les stéréotypes sur les titulaires de doctorat!

Vous savez pertinemment que vous n’êtes pas le candidat idéal pour l’émission Beauty and the Geek. Pourquoi laisser les employeurs croire le contraire?

par BLESSIE MATHEW | 08 SEP 08

Doctorat en poche (ce qui veut dire que vous avez survécu à d’innombrables nuits de rédaction, rivalisé pour obtenir du temps avec votre superviseur et avez dû partager avec trois autres personnes un bureau de la taille d’un placard), vous êtes enfin prêt à chercher du travail.

Vous avez certainement eu vent du monde extérieur par l’entremise de camarades qui sont entrés sur le marché du travail il y a de cela plusieurs années après leur baccalauréat ou leur maîtrise. Vous ne doutez pas un instant que, avec votre doctorat, vous arriverez facilement à convaincre quelqu’un de vous embaucher. Vous êtes intelligent et compétent (ce qui ne se limite pas à des compétences techniques). Alors, où est le problème?

Comme tout universitaire à la recherche de travail dans le secteur privé, vous ferez probablement face à un nombre incalculable d’idées reçues et de stéréotypes qui, pour la plupart, ne sont jamais exprimés de façon ouverte et directe.

Au contraire, comme la plupart des stéréotypes, ils tiennent simplement lieu de vérité et influencent silencieusement les responsables de l’embauche. Un simple faux pas suffit à jeter de l’huile sur le feu. Sachez que vous vous fondez désormais dans la masse. Certains employeurs croiront que vous portez des fonds de bouteilles en guise de lunettes, que vous avez peu d’aptitudes sociales, que vous collectionnez les nœuds papillon et que vous venez de vous extirper d’un laboratoire situé dans un sous-sol miteux.

Prenez votre image en main

Pour combattre ces stéréotypes, il vous faudra réfléchir attentivement et agir. Mettez-vous à la place de l’employeur. Demandez-vous ce qu’il cherche chez un employé et faites-vous valoir en fonction de ses attentes. Vous êtes le chercheur d’emploi; c’est à vous que revient la responsabilité de trouver du travail.

Ne vous attendez pas à ce que les employeurs comprennent la valeur de votre diplôme ou de vos travaux de recherche sans que vous n’ayez à fournir d’explications.

Ne vous laissez pas prendre à votre propre piège; ne communiquez pas avec les employeurs pour leur donner un compte rendu détaillé de votre expérience d’enseignement et de recherche et leur demander s’ils ont un poste qui pourrait vous convenir.

Beaucoup d’employeurs n’ont jamais embauché des candidats hautement scolarisés. Pour eux, le mot « doctorat » déclenche systématiquement un raisonnement qu’ils tiennent pour acquis : il n’aimera pas certaines des tâches minutieuses qu’on lui demandera d’exécuter; elle a passé les cinq dernières années à faire de la recherche, chose qu’elle ne fera pas ici; il connaît un tas de trucs, mais je ne le vois vraiment pas diriger une équipe.

La meilleure stratégie consiste à vous informer sur les activités de l’organisation et à adapter l’image que vous véhiculez en conséquence. Bien sûr, vous avez passé d’innombrables heures à vous échiner à vos travaux de recherche. En fait, cela a constitué le centre de votre existence pendant de nombreuses années. Pourtant, les employeurs éventuels ne s’intéresseront probablement pas aux subtilités de votre recherche, surtout si votre domaine est différent du leur. Gardez à l’esprit que les employeurs voudront surtout savoir si vous avez ce qu’il faut pour vous acquitter des tâches quotidiennes. Si vous en dites trop, vous risquez de tomber dans les stéréotypes qui pourraient mener au rejet de votre candidature.

Soignez votre image sur papier

De quelle façon devez vous vous présenter? D’abord, concentrez-vous sur les documents que vous utilisez pour offrir vos services.

Dans le milieu universitaire, un CV de sept pages accompagné d’une lettre de présentation de deux pages est chose courante. Hors du milieu universitaire, les employeurs veulent des documents concis qui exposent clairement vos connaissances appropriées au domaine, et les aptitudes uniques qui vous permettraient de répondre à leurs besoins. Contrairement au CV universitaire, le CV professionnel et la lettre de présentation bien rédigés ne soulignent que les compétences pertinentes.

Utilisez donc cet espace limité pour présenter des exemples concrets témoignant de votre capacité de répondre aux besoins de l’organisation. Ne dressez pas la liste de toutes vos publications. Indiquez plutôt que les 12 articles que vous avez fait paraître prouvent votre capacité d’effectuer des recherches, de trouver l’information utile et pertinente et de la communiquer sous une forme qui convient au lectorat.

De même, plutôt que de préciser que, dans le cadre de vos fonctions d’assistant à l’enseignement, vous avez corrigé des examens, attribué des notes et débattu avec des étudiants, écrivez plutôt que vous avez su expliquer des concepts complexes, procéder à des évaluations et gérer des différends.

Il ne s’agit pas de déformer ni d’exagérer la vérité, mais de présenter l’information de façon évocatrice aux yeux de l’employeur.

C’est ce que toutes les personnes à la recherche d’un emploi doivent faire, et pas seulement les candidats hautement scolarisés. C’est à vous de fournir l’effort. Ne vous attendez pas à ce que les employeurs établissent eux-mêmes ces liens.

Sachez vous présenter

Soignez votre image sur papier et en personne, et communiquez d’abord de la façon la plus naturelle pour vous. J’ai offert le même conseil à une ancienne cliente titulaire d’un doctorat en science de l’alimentation. Après avoir passé des mois à envoyer des CV et à faire un suivi téléphonique, sans succès, Stacy a inversé sa stratégie.

Elle a mis à profit sa personnalité extravertie pour entrer directement en contact avec des employeurs avant de leur faire parvenir un CV sur mesure. Ce faisant, elle a dissipé le mythe selon lequel les universitaires n’ont pas l’éloquence ni les capacités requises pour traiter avec des fournisseurs et des clients. Quelques semaines plus tard, elle avait été embauchée à titre d’experte-conseil par une entreprise de services dans le domaine du génie et de l’environnement.

Avant de vous présenter en personne, préparez une explication de vos travaux de recherche susceptible d’être comprise par un néophyte. Vous devriez être en mesure de résumer vos travaux en quelques phrases sans que votre interlocuteur ne perde le fil.

Réfléchissez au message que vous voulez transmettre. Êtes vous le titulaire d’un doctorat en éducation ayant coordonné des projets de recherche, ou un gestionnaire de projet titulaire d’un doctorat en anglais? Avez vous une raison crédible de vouloir poursuivre une carrière hors du milieu universitaire? Vous devez montrer qu’il s’agit d’une décision légitime et d’un choix de carrière sensé.

Ayez une attitude professionnelle en donnant une solide poignée de main, regardez votre vis à vis dans les yeux et affichez un sourire authentique; cela contribuera grandement à faire échec aux stéréotypes quant au caractère introverti et marginal des universitaires. En fait, selon certains chercheurs, jusqu’à 90 pour cent de la communication serait non verbale.

Avant de participer à des activités de réseautage, nous consacrons beaucoup de temps à réfléchir à ce que nous allons dire, mais ne devrions nous pas également nous attarder à ce que nous ne disons pas?

Abandonnez vos propres préjugés

Comparer le secteur privé et le milieu universitaire revient presque à comparer deux cultures différentes. Les employeurs entretiennent probablement des préjugés qui sont réducteurs ou qui généralisent des traits qu’on retrouve très peu dans le milieu universitaire.

Chose intéressante, d’autres stéréotypes que ceux des employeurs sont également en jeu; se pourrait-il que votre recherche d’emploi soit aussi teintée de préjugés à l’endroit du marché du travail non universitaire, du secteur privé dans son ensemble ou même d’un employeur donné?

Vous est-il déjà arrivé de penser que les affaires ne concernent que le profit, et non les gens? Vous imaginez-vous que les employeurs sont inaccessibles et qu’ils rejetteront votre candidature sans même avoir discuté avec vous? Que les dirigeants d’une entreprise du domaine des technologies se désintéresseront d’un diplômé en arts ou qu’un organisme à but non lucratif n’embaucherait jamais un diplômé en sciences?

La meilleure façon de combattre les stéréotypes est de vous informer et de chercher des exemples positifs. Rassemblez le plus d’information possible susceptible de faire échec aux croyances qui entravent votre recherche.

Discutez avec des diplômés aux cycles supérieurs qui ont réussi à se faire une place dans le secteur privé. Informez vous au sujet des compétences les plus recherchées dans votre domaine. Discutez avec les employeurs au sujet de leurs pratiques d’embauche. Profitez de vos entrevues pour poser des questions, et n’acceptez un poste que si vous êtes persuadé qu’il vous convient.

Blessie Mathew est responsable de l’information scolaire et professionnelle aux CAPS, le centre de recherche de stage et d’emploi de l’Université de l’Alberta.

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