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CONSEILS CARRIÈRE

Conseils à suivre pour intégrer un laboratoire universitaire

« Les bons étudiants sont difficiles à trouver »

par DAVID SMITH | 10 SEP 14

Depuis mes débuts comme professeur adjoint au département de biologie de l’Université Western, je reçois de nombreux courriels d’étudiants et de chercheurs postdoctoraux qui souhaitent travailler bénévolement, effectuer de la recherche ou poursuivre leurs études au sein de mon laboratoire. Au moins une ou deux fois par jour, je reçois des messages intitulés « Candidature pour un programme de maîtrise », « Recherche de poste de chercheur postdoctoral » ou encore « Candidature pour un poste de chercheur bénévole ». Les courriels proviennent aussi bien de l’Inde ou de l’Iran que de l’édifice voisin, et leur longueur, leur style, leur teneur et leur qualité varient grandement. Malheureusement, mes ressources limitées m’obligent à refuser la plupart de ces demandes, mais j’essaie toujours d’offrir à mon interlocuteur des mots d’encouragement et, si possible, des conseils pour améliorer sa candidature.

Lorsque j’aborde la question avec mes collègues, la plupart disent recevoir de plus en plus de candidatures de bénévoles et de chercheurs, et que les demandes qui ressemblent à des lettres types sont les moins susceptibles de retenir leur attention. On remarque tout de suite ceux qui utilisent des modèles en les modifiant légèrement pour donner une apparence personnalisée. Dans mon cas, ces modifications consistent à insérer les termes « algues » et « évolution du génome », mes principaux sujets de recherche. Si un étudiant ou un chercheur postdoctoral m’écrit qu’il « s’intéresse vivement au génome des algues vertes », j’en conclus qu’il a simplement parcouru ma page Web ou mes publications à la recherche de mots-clés et qu’il n’est peut-être pas au fait des grandes questions scientifiques que mes collaborateurs et moi explorons, ou qu’il ne s’y intéresse pas. Les formules génériques permettent de cibler efficacement un grand nombre de superviseurs potentiels, mais le taux de réussite est faible. Comme disait l’un de mes mentors : la sincérité est toujours préférable à la pluralité.

Lorsqu’ils posent leur candidature dans un laboratoire universitaire, certains étudiants fournissent une lettre détaillant toutes leurs recherches et réalisations antérieures. Ces renseignements sont importants, mais leur place n’est pas dans la lettre de présentation; le CV que vous joindrez à votre demande en fait mention. Dans votre lettre, expliquez plutôt pourquoi vous souhaitez travailler dans ce laboratoire. En quoi la recherche qui s’y déroule vous allume, quels types de questions vous souhaitez explorer, et quelles sont vos aptitudes ou vos passions particulières – l’informatique, l’écriture, le design, les statistiques, le travail expérimental? Mieux encore : donnez des idées de projets potentiels qui cadrent avec le mandat de recherche actuel du laboratoire. Vous montrerez ainsi que vous réfléchissez à la recherche et êtes au fait des publications du domaine.

La rédaction est l’un des volets les plus importants et les plus difficiles de la recherche, tant au premier cycle et aux cycles supérieurs qu’au niveau du postdoctorat. Les professeurs et les directeurs de laboratoire recherchent des étudiants qui sont également d’excellents communicateurs. Il importe donc de soumettre un dossier de candidature bien rédigé et exempt d’erreurs. Si le français n’est pas votre langue maternelle, joignez à votre dossier un exemple de production écrite et proposez à votre interlocuteur de discuter de votre candidature en personne, au téléphone ou par Skype. Vous indiquerez ainsi que vous avez confiance en vos capacités en communication orale.

La plupart des laboratoires de recherche universitaire subissent des pressions financières. L’obtention d’une bourse d’études ou de recherche est l’argument d’embauche idéal, voire la seule porte d’entrée dans de nombreux laboratoires. Renseignez-vous sur toutes les possibilités de financement avant de communiquer avec des superviseurs potentiels. Signifiez clairement dans votre demande que vous souhaitez à obtenir des bourses d’études, et renseignez-vous sur les bourses internes qui auraient pu échapper à votre attention. Pour ma part, j’ai d’abord communiqué avec mon futur directeur de recherche postdoctorale pour lui demander de parrainer ma demande de bourse de recherche du Conseil de recherches en sciences naturelles et génie (CRSNG). Ce n’est qu’après avoir lu ma proposition pour le CRSNG qu’il m’a proposé de discuter d’autres possibilités de financement, en cas de refus.

Depuis que je travaille dans un laboratoire de recherche, j’entends de la part de chercheurs principaux et de collègues que les bons étudiants sont difficiles à trouver. C’est peut-être le cas, mais les bons superviseurs et les bons mentors le sont également. Selon mon expérience, je recommande à ceux qui cherchent un superviseur de préférer la bienveillance au génie, la patience du pédagogue à la renommée du chercheur, et l’optimisme prudent à l’ambition insatiable. Réfléchissez bien avant d’accepter un poste d’étudiant ou de bénévole dans un laboratoire universitaire. Renseignez-vous et n’acceptez pas nécessairement la première offre que vous recevez. Soyez aussi critiques envers les chercheurs principaux qu’ils le seront envers vous.

David Smith est professeur adjoint de biologie à l’Université Western.

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