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CONSEILS CARRIÈRE

Des carrières universitaires hybrides qui fonctionnent

De plus en plus d’universitaires combinent leurs intérêts afin de mener une carrière universitaire satisfaisante

par CAROLYN STEELE | 05 AOÛT 08

Une carrière universitaire peut prendre bien des formes. Et pourquoi pas?

Nombre d’universitaires aiment enseigner, mais trouvent que la recherche les isole. D’autres aiment la recherche et préfèreraient éviter d’être distraits par l’enseignement. D’autres encore cherchent simplement des applications concrètes de leur travail.

J’ai rencontré récemment trois professeurs de l’Université York à Toronto, qui se sont bâti, pour différentes raisons, des carrières universitaires hybrides satisfaisantes, comme chargés de cours et même parfois comme professeurs permanents. Leur histoire est aussi celle de nombreux autres professeurs d’université au Canada.

Une passion pour l’enseignement

Liz Farrell, comptable accréditée, enseigne au premier cycle en comptabilité à l’Université York.

Elle a commencé comme assistante à l’enseignement pendant sa maîtrise en administration des affaires. Elle s’est rendu compte qu’elle aimait beaucoup le processus d’apprentissage et qu’elle retirait une grande satisfaction des évaluations positives de ses étudiants.

Après avoir obtenu son diplôme et être devenue comptable dans une firme de Toronto, Mme Farrell a décidé qu’elle n’aimait pas assez la recherche pour laisser son emploi et entreprendre un doctorat, mais elle ne voulait pas non plus quitter l’enseignement. Sa solution : faire de la place à l’enseignement dans sa vie professionnelle.

Le fait de travailler à contrat lui permettait de continuer d’enseigner tout en poursuivant une carrière stimulante hors du milieu universitaire.

Mme Farrell ne considère pas ses charges de cours comme accessoires, au contraire « je vois l’enseignement comme ma principale activité. J’y trouve une grande satisfaction et c’est à partir de là que je bâtis le reste de ma carrière. »

Nourrir la diversité intellectuelle

Pendant de nombreuses années, Chris Cavanagh, un activiste passionné, a enseigné l’éducation populaire à l’Université York.

Parallèlement, M. Cavanagh a dirigé un programme coopératif dynamique pour les travailleurs en éducation, a publié plusieurs articles et a créé un blogue, tout en se gardant du temps pour d’autres projets et intérêts.

Selon lui, la diversité des relations qu’il tisse, surtout avec ses élèves, le gardent alerte et créatif. Par contre, comme il a maintenant une famille, il se demande comment simplifier son horaire en occupant un poste universitaire plus traditionnel, mais il se préoccupe du fait qu’il pourrait avoir à sacrifier la stimulation créatrice qu’il apprécie tant.

« Les fermiers savent (ou savaient) qu’un champ dans lequel on sème différentes variétés de blé est plus résistant et a de meilleures chances d’être productif longtemps qu’un champ dans lequel on ne sème qu’une sorte de blé, explique M. Cavanagh. Comme on uniformise la nourriture, on uniformise notre imagination. »

Par ailleurs, comme beaucoup de personnes possédant une vaste expérience professionnelle dans leurs domaines, M. Cavanagh pourrait constater que ses années comme activiste lui donnent un avantage stratégique pour obtenir la permanence.

Se tenir à jour

Moshe Milevsky est professeur agrégé permanent en finances à la Schulich School of Business de l’Université York.

M. Milevsky a commencé à faire de la consultation pendant ses études de troisième cycle afin d’ajouter de l’expérience pratique dans les affaires à sa carrière jusqu’alors entièrement universitaire.

Il estime qu’il consacre maintenant environ 20 pour cent de son temps à la consultation hors de l’université. Néanmoins, comme beaucoup de ses contrats génèrent d’excellentes données et études de cas pour ses cours, les limites entre les deux sphères d’activité sont assez floues.

M. Milevsky est convaincu que ses consultations professionnelles appuient son rôle d’éducateur dans un domaine axé sur la carrière : « Je crois qu’il est essentiel que les professeurs soient plongés régulièrement dans le « vrai » monde, du moins s’ils veulent enseigner des notions pertinentes aux étudiants en affaires. »

Il offre aussi le conseil suivant afin d’établir un équilibre au moment de choisir des projets additionnels : « Avant de participer à un projet de consultation externe, demandez-vous si celui-ci améliorera votre expérience de recherche et d’enseignement ou s’il s’agit seulement d’une façon d’obtenir un revenu supplémentaire.

« Soyez honnête avec vous-même; s’il s’agit seulement d’un revenu supplémentaire, vous finirez par nuire à votre carrière universitaire à long terme.

« Par contre, si vous considérez que le fait de participer dans une certaine mesure à un projet de consultation externe constitue une façon d’apprendre et d’interpréter le monde qui vous entoure, n’hésitez pas! »

Carrières universitaires hybrides

Trop d’universitaires ont l’impression qu’ils doivent faire un choix entre des passions qui semblent les entraîner dans des directions opposées. Les universitaires « hybrides » qui ont du succès réussissent à concilier leurs différents intérêts de carrière dans une même voie.

Certains universitaires, comme Mme Farrell, peuvent poursuivre une carrière dans laquelle les activités d’enseignement sont sur un pied d’égalité avec les autres activités du secteur privé.

D’autres, comme M. Cavanagh, occuperont un emploi pratique dans leur domaine plutôt que de s’en tenir strictement à la recherche et à un poste de professeur permanent.

Même en occupant un poste permanent, comme le fait M. Milevsky, la consultation externe peut se révéler pertinente pour des tâches d’enseignement et de recherche.

Les structures d’une carrière universitaire hybride sont aussi diversifiées que les motivations des gens qui la bâtissent.

Même si la carrière hybride ne convient pas à tous, elle constitue une possibilité intéressante pour les penseurs indépendants qui se sentent à l’étroit dans un poste conventionnel.

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