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CONSEILS CARRIÈRE

Écrire davantage

Au Congrès des sciences humaines, un atelier explique comment écrire davantage, écrire mieux, et y prendre plaisir.

par ASHLEIGH VANHOUTEN | 29 juillet 2015

« Nous présentons des stratégies éprouvées pour écrire de façon plus productive. En tirant parti de notre expérience, des pratiques exemplaires et des données de recherche, nous expliquons comment les professeurs peuvent maximiser leur emploi du temps », précise Mark Salter, professeur d’études politiques à l’Université d’Ottawa, au sujet de son populaire atelier « How to write a lot », présenté dans le cadre de la Foire aux carrières du Congrès des sciences humaines, le mois dernier. « Nous expliquons aux universitaires comment se motiver à écrire tous les jours. Ceux qui le font sont plus heureux et plus productifs. Ils écrivent davantage et sont plus satisfaits de ce qu’ils écrivent. »

Présenté pour la cinquième année consécutive, l’atelier traite des obstacles à l’écriture et de la façon de les surmonter. Par exemple, on y donne des « trucs pour écrire de manière stratégique – écrire dans un but précis, pour une publication en particulier ou un motif professionnel précis –, de façon à orienter sa curiosité naturelle en fonction des critères de publication. » D’autres sujets sont aussi abordés, dont les raisons d’aspirer à écrire plus et les stratégies pour s’améliorer en rédaction et en révision.

Entre autres conseils pratiques, M. Salter propose de créer une liste de tâches à accomplir chaque jour et d’établir stratégiquement son horaire de la journée, par exemple en accomplissant les tâches intellectuellement exigeantes le matin, lorsqu’on est le plus alerte, et en réservant l’après-midi aux activités moins ardues, comme répondre à ses courriels. « Il faut tenir compte du côté émotif, pas seulement de l’aspect intellectuel. Les émotions liées à l’écriture sont aussi importantes que le résultat intellectuel de l’activité », affirme-t-il.

Selon lui, les distractions nuisent plus que jamais à l’efficacité en rédaction. Il estime que de s’imposer davantage de contraintes peut être bénéfique. « Certains professeurs utilisent l’application Freedom, qui bloque votre accès à Internet pendant une période déterminée. Ma productivité a augmenté lorsque j’ai décidé de ne répondre à mes courriels que dans une plage horaire précise. » Les sites de gestion du temps comme tomato-timer.com peuvent aussi s’avérer utiles, permettant de prévoir des pauses à intervalles fixes.

Les rédacteurs ne devraient pas sous-estimer l’importance des périodes d’écriture fixes et ininterrompues, sans Facebook, ni téléphone, ni courriel. Il ne faut pas pour autant se barricader dans une pièce sans fenêtres; selon M. Salter, les groupes d’écriture peuvent être aussi très stimulants. « C’est très motivant de se rassembler ainsi – la perte de temps devient moins probable. Nous sommes beaucoup plus portés à être présents et actifs dans les activités de groupe, même lorsque chacun écrit de son côté. »

Malgré tout, les distractions demeurent inévitables – la vie n’arrête jamais, et c’est très bien ainsi, ajoute M. Salter. La conciliation entre l’écriture et nos autres responsabilités permet de continuer de travailler avec plaisir, d’être présent et de profiter de tous les aspects de la vie. « Cessons de nous mettre autant de pression, poursuit M. Salter. Les imprévus sont inévitables : un enfant tombe malade, l’ordinateur tombe en panne. C’est en tâchant d’être productif tout en restant une bonne personne, un bon professeur, un bon collègue et un bon père que j’ai pu me consacrer sérieusement à mon écriture. »

Au cours de l’atelier, M. Salter discute également des obstacles à l’écriture (ou plutôt, des excuses pour ne pas écrire) et des façons de les surmonter rapidement. La relaxation et la constance font partie de la solution, mais une dure réalité s’impose : « attendre l’inspiration » ne fonctionne jamais. Ceux qui se forcent à écrire même en l’absence d’inspiration écrivent plus et de façon plus fructueuse que les autres. En outre, contrairement à la méthode universitaire traditionnelle, des séances intensives d’écriture ne sont pas recommandées. « Les études démontrent qu’il vaut mieux se fixer chaque jour un objectif réalisable et s’y tenir. Il faut éviter les périodes de production effrénée, pour plutôt faire de l’écriture une activité quotidienne et gérable. Si vous décidez de courir le marathon, vous ne vous brûleriez pas en courant 30 kilomètres dès le premier jour d’entraînement. C’est la même chose en écriture. »

L’atelier a fait ressortir l’importance de changer son rapport à l’écriture; il faut rendre la tâche amusante et agréable, en faire une pratique constante et quotidienne plutôt qu’une obligation angoissante. « Plus vous écrivez et moins vous êtes motivé par l’urgence, plus l’écriture devient une pratique et un art. Il faut changer son rapport affectif à l’écriture pour cesser d’être anxieux à l’idée d’écrire. »

L’atelier est une séance pratique offrant des exemples concrets, une discussion avec le public et des stratégies pour commencer immédiatement à améliorer sa pratique d’écriture (en plus de 15 exemplaires du livre How to Write a Lot de Paul Silvia distribués par tirage au sort). Après cinq ans, M. Salter prend encore plaisir à présenter son atelier et précise : « Je continue à le faire parce que j’ai toujours besoin de me rappeler à l’ordre. »

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