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CONSEILS CARRIÈRE

Plaidoyer en faveur des groupes de ressources pour les employés dans les universités

De tels groupes créent un environnement inclusif où les employés se sentent soutenus et autonomes.

par ERIN CLOW | 08 AOÛT 17

Nous vous présentons Margot, une femme de 32 ans, membre depuis peu du personnel de l’Université X. Margot espère mener une carrière fructueuse qui lui permettra de gravir progressivement les échelons et d’avoir davantage de responsabilités. Malgré son expérience professionnelle et ses diplômes universitaires, après quelques mois en poste, elle se sent encore perdue : elle ne sait pas à qui s’adresser au bureau de l’avancement pour obtenir l’information dont elle a besoin pour le projet qu’elle dirige. Elle est donc malencontreusement allée voir le patron de son superviseur pour obtenir des conseils au sujet d’un enjeu lié au travail et, bien qu’elle soit régulièrement en contact avec du personnel de haut niveau, elle se sent isolée et incertaine de la façon de réussir dans un grand établissement universitaire. Les ateliers de perfectionnement professionnel offerts par les ressources humaines ont beaucoup aidé Margot, mais elle a maintenant besoin de soutien continu pour mener sa carrière à bon port. Nous sommes nombreux à avoir déjà ressenti cette incertitude, cet isolement et ce besoin d’avoir du soutien et de l’encadrement. C’est ce qui nous a incitées à créer le premier groupe de ressources pour employés de l’Université Queen’s.

Ce type de groupe, aussi appelé réseau d’employés ou groupe d’affinités, est composé d’employés ayant des intérêts et des antécédents en commun. De nature populaire et axés sur leurs membres, les groupes de ressources offrent un environnement inclusif où les employés se sentent soutenus et aptes à développer et à réaliser leur plein potentiel professionnel. Ces groupes sont monnaie courante dans les universités américaines, mais encore relativement peu répandus au Canada. En 2013, l’Université Queen’s a lancé une initiative de collaboration entre le bureau de l’équité et les ressources humaines afin d’évaluer leur faisabilité et les avantages connexes.

Le premier groupe de ressources pour employés a vu le jour à l’Université Queen’s en 2015. Le groupe Young Women at Queen’s (YWQ), non hiérarchique et dirigé par ses membres, rassemble des femmes de tous âges en début de carrière. Les membres proviennent d’unités et de départements variés de l’Université. Des réunions sont organisées toutes les deux semaines pour parler de stratégies et de perfectionnement professionnel.

Le mandat général du groupe s’appuie sur les principes de défense des droits, d’engagement, de renforcement de la collectivité et de transmission du savoir. Depuis sa mise sur pied, le groupe YWQ a organisé plusieurs initiatives couronnées de succès, comme une série de déjeuners-conférences, une conférence à l’échelle de l’université et un programme de mentorat.

Le groupe YWQ fonctionne comme une démocratie participative dynamique. Il est donc autogéré et ses principes directeurs peuvent être modifiés rapidement en fonction des besoins du groupe et du contexte. Par exemple, le programme de mentorat et la série de conférences ont été mis sur pied par des membres qui souhaitaient répondre aux besoins signalés en matière de perfectionnement professionnel. La décision d’y donner suite a été prise collectivement, par consensus. La structure du groupe, qui fonctionnait auparavant comme une seule unité, s’est alors transformée et comprend maintenant des sous-comités responsables d’organiser ces projets au nom du reste du groupe, qu’il consulte au besoin.

Grâce à la souplesse de cette structure, le groupe YWQ a créé en moins de six mois un programme de mentorat fonctionnel permettant à ses membres d’être jumelées avec des femmes de la haute direction de l’établissement. Une série de déjeuners-conférences où des femmes menant une carrière intéressante à l’Université Queen’s sont venues parler de leur parcours professionnel a aussi été organisée. Ces efforts ont non seulement offert aux membres du groupe YWQ des possibilités de perfectionnement, mais ils leur ont aussi donné un sentiment de fierté, d’accomplissement et d’appartenance.

Il n’y a rien d’inhabituel à ce que les employés des milieux universitaires traditionnels se sentent isolés. Au début d’une carrière d’administrateur universitaire, cette impression d’isolement peut s’accompagner d’une certaine incertitude quant à la façon d’évoluer professionnellement et de gravir les échelons de l’établissement. Les ateliers offerts par les ressources humaines proposent des outils pour gérer des situations particulières au travail. Toutefois, étant donné le caractère unique du milieu universitaire, un appui professionnel global selon une démarche ascendante est aussi justifié, et cet appui peut être offert par les groupes de ressources pour les employés. Dans un tel contexte, le groupe de ressources doit avoir l’appui de l’administration, tout en demeurant autonome. Pour obtenir les meilleurs résultats possible, l’administration doit garder ses distances et accepter l’existence du groupe sans diriger ses activités ou ses orientations.

Le groupe YWQ nous a donné l’autonomie de trouver et de créer les possibilités de perfectionnement professionnel dont nous avions besoin, en plus d’avoir donné naissance à un solide réseau de collègues sur qui nous pouvons compter dans toute l’Université. Ces atouts nous permettent de prendre notre carrière en main et de tisser des liens avec l’ensemble du milieu universitaire. En partageant notre expérience, nous espérons inspirer toutes les Margot du Canada à créer leur propre groupe dans leur université. En ce qui nous concerne, les retombées ont été grandement enrichissantes.

Les auteures sont toutes membres du groupe de ressources pour les employés Young Women at Queen’s.

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