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CONSEILS CARRIÈRE

Pratiques exemplaires en matière de rédaction de demandes de subvention

Un expert en rédaction de demandes de subvention vous donne 10 conseils pour améliorer votre demande

par BARBARA CRUTCHLEY | 09 JUIN 08

Rédiger une demande de subvention est plus difficile qu’il n’y paraît. La première demande est rarement fructueuse, et même les habitués se voient refuser des subventions et doivent réessayer. Il existe peu d’enseignement formel relatif à la rédaction de demandes de subvention, mais les équipes de chercheurs réputés offrent maintenant souvent à leurs stagiaires une formation particulière sur l’élaboration de proposition. La compétition étant féroce et le taux de succès limité, les candidats doivent tout mettre en œuvre pour améliorer cet aspect crucial de leur demande.

Bien qu’il existe un modèle de base pour rédiger une demande fructueuse, aucun modèle n’est passe-partout. Les évaluateurs des demandes de subvention soulignent plusieurs problèmes récurrents et, comme on s’y attendait peut-être, la plupart peuvent être évités en faisant preuve de bon sens, en étant révisé et en suivant les consignes de la demande. Voici 10 conseils simples et pratiques que tout rédacteur d’une demande de subvention devrait suivre afin de présenter la meilleure demande possible.

1. Connaître le bailleur de fonds

Chaque organisme possède son propre « vocabulaire » et on ne peut utiliser la même demande pour des concours dans différents organismes. Le Canada compte trois organismes subventionnaires nationaux et vous devez savoir lequel est le plus approprié pour votre demande. Serge Villemure, directeur, Direction des subventions de recherche et bourses au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, précise : « Ceux qui présentent leur première demande doivent examiner attentivement l’objectif de la subvention accordée dans le cadre du programme. Si leur demande de subvention vise à soutenir un programme de recherche, il leur faut décrire leurs objectifs à long terme relativement au programme ainsi que les projets qu’ils souhaitent réaliser à court terme pendant la période de subvention. »

2. Comprendre le processus du concours

Il y a beaucoup plus de candidats méritants que d’argent disponible. Les évaluateurs aimeraient accorder des subventions à tous les candidats qui le méritent, mais c’est impossible. En plus, comme il n’y a peut-être personne dans le comité d’examen qui provient du même domaine d’expertise que vous, vous devez savoir qu’il faut écrire différemment lorsqu’on s’adresse à un généraliste plutôt qu’à un spécialiste qui vous connaît.

Les évaluateurs, bénévoles, sont des chercheurs chevronnés à l’horaire bien rempli par l’enseignement, la notation, la rédaction d’article et la révision de publications. N’oubliez pas qu’ils acceptent de faire partie d’un comité d’examen par civisme et non parce qu’ils en retirent de grands avantages. Il n’est pas facile pour eux de trouver le temps d’examiner les nombreuses demandes soumises à un concours, alors faites preuve d’empathie et ne leur compliquez pas inutilement la tâche.

3. Lire les exigences du formulaire de demande et les respecter

Autrement, vous pourriez ennuyer le lecteur au lieu de le convaincre du fait que votre proposition devrait être subventionnée. Le processus de demande a été élaboré afin de permettre une évaluation aussi juste que possible. Tous les candidats ont le même espace pour présenter leur proposition et les évaluateurs s’attendent à trouver l’information dans l’ordre précisé dans la demande. La police de caractère, la taille de la police, les marges et la longueur de la page doivent être respectés. Insérez des rubriques.

4. Choisir judicieusement ses évaluateurs

Dans certains concours, y compris certaines demandes de bourse, vous pouvez proposer des évaluateurs. Si c’est le cas, « choisissez vos répondants avec soin. Les lettres les plus convaincantes proviennent des universitaires qui connaissent bien vos travaux et votre domaine, qui sont en mesure d’en parler avec autorité dans le contexte du travail que vous avez accompli au niveau supérieur », indique Douglas Peers, doyen aux études supérieures à l’Université York.

5. Ne pas attendre à la dernière minute

Il faut vraiment prendre son temps pour rédiger une bonne soumission. Après tout, elle n’aura que de trois à six pages, mais celles-ci contiendront des précisions qui devront être présentées de façon claire et concise. Jay Doering, doyen aux études supérieures à la University of Manitoba, affirme : « On différencie facilement une demande rédigée à la hâte, en quelques jours, d’une demande qui a été soignée et revue pendant des semaines. Les candidats doivent comprendre les critères d’évaluation de leur demande en lisant attentivement les instructions. Les demandes sélectionnées sont novatrices, bien rédigées, claires, concises et conformes aux instructions. »

6. être honnête

L’information que vous soumettez doit être à jour au moment où vous présentez votre demande. Même si vous souhaitez qu’un de vos articles soit approuvé d’ici l’évaluation de votre demande, vous ne pouvez pas écrire que cet article a été approuvé. Si un employé de la revue concernée fait partie du comité et sait que l’article n’a pas été accepté, il deviendra méfiant devant toutes vos affirmations. Par ailleurs, dans l’information que vous présentez, expliquez les interruptions et les délais ayant marqué votre carrière en recherche, mais faites-le brièvement.

7. Apprendre à rédiger une proposition

La rédaction de proposition possède son propre style. On présente d’abord au lecteur ce qui est important, significatif ou passionnant. M. Peers fait remarquer : « Rappelez-vous que vous n’écrivez pas à votre famille ou à votre superviseur. Vous devez convaincre un lecteur objectif que votre sujet est important et original, et que vous êtes la bonne personne pour accomplir le travail. » Avant tout, exprimez vos idées de manière claire et concise.

8. Se servir des ressources disponibles

Il est toujours bon de consulter : l’agent de programme au sein de l’organisme, une excellente source d’information qui pourra vous dire si des changements seront apportés au programme; vos collègues les plus chevronnés, surtout ceux qui sont récemment parvenus à obtenir une subvention de l’organisme qui vous intéresse; les ressources disponibles à votre établissement, y compris les processus d’évaluation précédant le dépôt de la demande, qui sont offerts dans la plupart des universités (au département, à la faculté ou au niveau de l’établissement).

9. Demander de l’aide pour améliorer son style d’écriture

Vous savez ce que vous voulez dire, mais les autres comprendront-ils si l’information est sous-entendue? Malheureusement, les membres du comité accordent rarement le bénéfice du doute et doivent supposer que vous ignorez les choses que vous n’avez pas énoncées explicitement. « En conséquence, le potentiel reconnu d’un candidat peut être perdu si sa proposition n’est pas aussi claire qu’elle pourrait l’être », signale M. Villemure.

10. Réviser plusieurs fois sa demande

Peu de gens peuvent écrire de façon claire et concise sans avoir besoin de révision, même parmi les écrivains professionnels. Votre proposition devra être remaniée. Pour aider le lecteur, évitez le jargon. La proposition est une indication de la façon dont vous travaillez : si on y trouve des fautes d’orthographe ou de grammaire, le lecteur pourrait déduire que la présentation négligée reflète la manière dont vous effectuez votre recherche. Demandez à une tierce personne de se mettre dans la peau de l’évaluateur; il s’agit souvent de la meilleure façon de clarifier ses propos.

Conclusion : Les taux de réussite sont bas. Ne vous découragez pas si vous n’êtes pas sélectionné au premier essai. Même les meilleurs candidats ne réussissent pas toujours. Chaque demande de subvention constitue une expérience d’apprentissage. Prenez note de ce que vous avez appris, puis réessayez.

Barbara Crutchley est directrice des services de contrats et de subventions de recherches à la University of Manitoba.

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