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CONSEILS CARRIÈRE

Vous voulez devenir microbiologiste clinicien?

Mettez la science au service des gens en exploitant vos capacités de chercheur au sein d'une équipe

par NICOLE ARBOUR | 09 JUIN 08

Une carrière en microbiologie clinique permet de garder un pied dans le milieu universitaire tout en travaillant hors de ce milieu. Elle présente donc un réel attrait pour nombre de diplômés scientifiques, dans la mesure évidemment où les microbes ne leur font pas peur! La réussite en microbiologie clinique exige la curiosité insatiable et la solide aptitude à la résolution des problèmes qui caractérisent les chercheurs. Il faut également être bon gestionnaire et savoir communiquer efficacement avec les profanes. C’est votre cas? Vous avez le souci du détail? Vous aimez travailler en équipe? Dans l’affirmative, une carrière en microbiologie clinique pourrait faire votre bonheur. Dans le cas contraire, cliquez ici pour consulter un autre profil de carrière scientifique.

Le quotidien d’un microbiologiste clinicien

Le microbiologiste clinicien a essentiellement pour tâches de gérer une équipe de technologues médicaux et de communiquer avec les médecins qui dictent les tests à effectuer. Il aide les technologues médicaux à analyser les résultats des tests et répond à leurs questions concernant les nouveaux prélèvements reçus ou encore les prélèvements inhabituels ou difficiles à identifier. Il doit également savoir traiter les problèmes administratifs qui pourraient survenir. Il consacre en outre une bonne part de son temps à communiquer les résultats des tests ainsi qu’à discuter avec les médecins pour s’assurer que les analyses nécessaires ont bien été commandées et que celles finalement jugées superflues ont été annulées.

Le microbiologiste clinicien est par ailleurs appelé à concevoir, à maximiser et à mettre en place divers tests à des fins de diagnostic clinique. Il doit également être au fait des publications consacrées à sa spécialité. En plus de s’acquitter de ces tâches incontournables, il peut choisir, en fonction de son poste, de sa motivation et de son expérience, de diriger un laboratoire de recherche, d’enseigner au sein d’une université affiliée, de collaborer à des projets internationaux axés sur les maladies infectieuses, de contribuer à l’élaboration de politiques ou encore de conseiller l’industrie.

En tant que titulaire d’un doctorat, vous connaissez les exigences de la vie universitaire, mais aussi le temps qui s’écoule parfois entre le moment d’une découverte et celui de son application clinique. Le microbiologiste clinicien, lui, « à la satisfaction d’être utile aux gens sur-le-champ, sans devoir attendre pour cela 10 ans… ou même toute une vie », souligne Marc Desjardins, microbiologiste clinicien à l’Hôpital d’Ottawa, Campus général. En optant pour la microbiologie clinique, vous aurez la possibilité non seulement d’identifier les agents pathogènes prélevés chez les patients aux côtés d’une équipe de technologues hautement qualifiés, mais aussi celle de concevoir et de mettre en place des tests à des fins de diagnostic clinique. La microbiologie vous permettra en somme de mettre concrètement la science aux services des patients.

Qu’en est il du salaire?

Une fois membre (Fellow) du Collège Canadien des Microbiologistes (FCCM) ou de l’American Board of Medical Microbiology (ABMM), tous deux reconnus et dont il est plus amplement question ci dessous, vous toucherez un salaire initial d’environ 100 000 $, considérablement supérieur à ce que propose le milieu universitaire. Certes, c’est moins que ce que gagne un médecin, pour un travail en laboratoire similaire, mais c’est plus que le salaire de vos pairs dont la formation universitaire équivaut à la vôtre (PDF).

Comment se partagera votre temps entre travail et vie personnelle? « Malgré la souplesse des horaires, il vous faudra fréquemment compter jusqu’à 10 heures de travail par jour. Vous devrez aussi souvent travailler à la maison pendant les fins de semaine – enseignement, notation, rédaction de protocoles, lecture, etc. », souligne M. Desjardins, ajoutant que, avec le temps, vous serez de plus en plus appelé à voyager. Au début, par contre, vous ne devriez avoir à participer qu’à une ou deux conférences par année.

Comme dans la plupart des professions, la carrière d’un microbiologiste clinicien dépend de sa motivation, de son poste et de ses aspirations. Les occasions de gravir les échelons sont nombreuses. En optant pour cette carrière, vous pourrez par exemple enseigner à l’université et diriger un laboratoire de recherche. La recherche développement vous conduira à présenter des exposés et à vous exprimer dans diverses publications. Cela contribuera à vous faire connaître sur la scène nationale et internationale, de même qu’à asseoir votre réputation dans le milieu. Il est probable que vous serez, dès lors, de plus en plus sollicité par les secteurs public et privé ainsi que par celui du développement international.

Vous souhaitez toujours opter pour la microbiologie clinique? Bien! Voyons dans ce cas comment faire pour décrocher un bon emploi dans ce domaine et, surtout, comment obtenir l’agrément nécessaire à cette fin.

Placez vos pions

Si l’idée d’une carrière en microbiologie clinique vous sourit, sachez qu’il y a certaines choses à faire avant même de terminer vos études. Communiquez d’abord avec les microbiologistes cliniciens de votre région et demandez à vous entretenir avec eux. La plupart seront heureux de discuter de leur parcours avec vous. Pour savoir avec qui communiquer et obtenir un complément d’information sur les programmes proposés, consultez les sites Web du Collège Canadien des Microbiologistes(CCM) et de l’American Society for Microbiology (ASM).

Profitez par ailleurs de vos études de doctorat pour vous constituer le plus important réseau relationnel possible. Tissez des liens avec les microbiologistes universitaires et cliniciens qui vous entourent. Leur savoir et leur soutien vous seront indispensables quand viendra le temps de vous inscrire à un programme postdoctoral approuvé conduisant à l’agrément – étape dont nous reparlerons plus loin. Adhérez également au CCM ou à l’ASM à titre de membre étudiant et initiez vous au fonctionnement de ces organisations.

Une fois votre doctorat en poche, il vous faudra encore obtenir un agrément FCCM ou ABMM afin de décrocher un bon poste en microbiologie clinique. Reconnus à l’échelle internationale, ces agréments sont très recherchés dans les milieux cliniques et industriels.

Pour obtenir l’agrément FCCM, vous devrez prendre part au programme de résidence postdoctoral de trois ans approuvé par le CCM, au sein du Mount Sinai Hospital de Toronto. Veuillez communiquer avec le registraire du CCM, Raoul R. Korngold, pour obtenir un complément d’information à ce sujet. Dans le cas de l’agrément de l’ABMM, il vous faudra suivre un programme de résidence postdoctoral de deux ans dans un hôpital américain. Il devra plus précisément s’agir d’un programme en microbiologie médicale approuvé par le Committee on Postdoctoral Educational Programs. Cliquez ici pour consulter une liste détaillée des programmes de formation postdoctoraux approuvés par ce comité. Pour savoir comment vous inscrire à l’un de ces programmes, cliquez sur ce lien, qui vous mènera à la page Web pertinente du site de l’ASM. Au terme de votre programme de résidence, vous devrez enfin réussir l’examen qui vous permettra d’obtenir l’agrément FCCM ou ABMM tant convoité.

Une fois titulaire de votre agrément, vous serez prêt à postuler pour un emploi. Un vaste éventail de ressources vous y aideront, dont les sites Web du CCM, de l’ASM et de l’Association canadienne de microbiologie clinique et des maladies infectieuses (CACMID).

Voilà! Vous disposez maintenant de toute l’information nécessaire pour devenir microbiologiste clinicien. Votre choix n’est pas fait? Consultez dans ce cas les autres profils de carrières scientifiques que nous vous proposons, en cliquant ici, ou encore ici.

Titulaire depuis peu d’un doctorat en biochimie de l’Université d’Ottawa, Nicole Arbour est actuellement chercheuse chez Spartan Bioscience, à Ottawa.

COMMENTAIRES
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  1. Mélisa Althot / 22 November 2011 at 5:23 pm

    Je voudrais savoir quels études mènent à ce poste, je précise que j’ai un baccaluréat en microbiologie et un MBA en gestion pharmaceutique. J’ai toujours pensé qu’on devait faire médecine pour faire ce métier, mais il semble selon cet article qu’un doctorat est faisable. Si oui, j’aimerais savoir quels universités offre ce doctorat.

    Merci pour les précisions

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