Le numéro du 3 mai dernier du bulletin Le quotidien de Statistique Canada présente des données sur les traitements et échelles de traitement du personnel enseignant à temps plein dans les universités canadiennes, 2010-2011. Le bulletin mentionne qu’il s’agit de données « définitives », par opposition aux données « provisoires » qui sont parues en août 2011. Quoi qu’il en soit, ces données seront les dernières à être publiées, car Statistique Canada a annoncé dans son bulletin du 3 mai que l’enquête Système d’information sur le personnel d’enseignement dans les universités et les collèges (SPEUC), d’où proviennent les données, cessera d’être publiée.

La nouvelle est inquiétante car le SPEUC contenait bien plus que les données sur les salaires des professeurs. L’enquête annuelle recueillait une vingtaine de points de données qui fournissaient aux gouvernements, aux établissements d’enseignement supérieur et aux analystes politiques un portrait précis des membres du corps professoral à temps pleins au Canada. Les données portaient entre autre sur le sexe, l’âge, le département, la principale matière enseignée, le salaire et les paiements administratifs, les congés sabbatiques, les congés sans solde, la province et le pays d’obtention des diplômes, la citoyenneté, et plus encore (consultez le Manuel des Éléments d’Information des Répondants à l’Enquête du SPEUC ici). Une grande partie des données contenues dans le chapitre Corps professoral de Tendances dans le milieu universitaire, publiée par l’Association des universités et collèges du Canada, provenait du SPEUC.

Il n’existe tout simplement pas d’autre source fiable au Canada pour ce genre d’information. Les établissements, de même que certains ministères provinciaux, recueillent individuellement des données, mais ce serait tout un exploit de les rassembler pour en faire un document semblable à l’enquête du SPEUC. Je ne suis même pas certain que ce soit possible, entre autres à cause des questions potentielles de confidentialité et des lois divergentes des provinces et territoires.

Comment saurons maintenant ce qui se passe du côté des professeurs? Toutes les hypothèses sont permises, et désormais nous ne disposerons que d’hypothèses.

La publication Questions d’éducation de Statistique Canada, qui fait le point sur l’éducation, l’apprentissage et la formation au Canada, a également été supprimée. La dernière édition remonte au 1er mai, et je soupçonne que soit la dernière.

On croit parfois que les jeunes professeurs, c’est-à-dire non encore permanents, travaillent beaucoup plus dur et tirent moins de satisfaction de leur travail que leurs collègues chevronnés et permanents. Or, cela serait faux, selon une nouvelle étude portant sur les professeurs à temps plein des universités canadiennes publiée dans le numéro d’avril 2012 (vol. 6, no 2) de la revue Higher Education Quarterly. Qu’ils soient novices ou chevronnés, les professeurs affirment en effet effectuer pratiquement le même nombre d’heures de travail par semaine et tirer une grande satisfaction de leur travail.

À la lumière de cette étude et d’autres données selon lesquelles les professeurs canadiens sont bien rémunérés, particulièrement aux premiers stades de leur carrière, et leur milieu de travail comporte nombre d’avantages, on peut raisonnablement conclure qu’un poste de jeune professeur au sein d’une université canadienne est très intéressant, ou du moins, considérer plus modérément, comme le font les auteurs de l’étude, que, « dans l’ensemble, en début de carrière, les professeurs titulaires d’un poste à plein temps menant à la permanence se portent plutôt bien ».

(L’article de Higher Education Quarterly n’est accessible qu’aux abonnés de cette publication, mais il est possible d’en télécharger ici une version préliminaire diffusée lors d’un congrès tenu au Royaume-Uni en avril 2011.)

Le principal auteur de l’étude, Glen Jones, est titulaire de la Chaire de recherche de l’Ontario en matière de politiques pédagogiques et d’évaluation de l’éducation postsecondaire. Il est professeur à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario affilié à l’Université de Toronto. Les autres auteurs de l’étude sont Julian Weinrib, également de l’Université de Toronto, ainsi qu’Amy Scott Metcalfe, Don Fisher, Kjell Rubenson et Iain Snee, tous de l’Université de la Colombie-Britannique. L’étude est fondée sur les données de l’enquête Changing Academic Profession Survey de 2007-2008, dans le cadre de laquelle un même questionnaire a été soumis à des professeurs de 18 pays. Plus de 1 100 professeurs canadiens y ont répondu, mais, le taux de réponse a atteint à peine 17,2 pour cent, ce qui est relativement faible et constitue un « bémol important », selon les auteurs de l’étude.

Un examen attentif des chiffres indique néanmoins que 70 pour cent des professeurs canadiens novices comme chevronnés se disent très satisfaits, voire plus, de leur travail. Comparativement, les jeunes professeurs américains, australiens et britanniques ne sont respectivement que 61, 53 et 43 pour cent à afficher un tel taux de satisfaction.

Les jeunes professeurs canadiens présentent cependant des niveaux de stress supérieurs à ceux de leurs collègues chevronnés. Ils sont en effet 46 pour cent à confier que leur travail constitue pour eux une « source considérable de tension », alors que leurs collègues chevronnés ne sont que 35 pour cent à l’affirmer. Les auteurs de l’étude estiment que ces constats sont « intéressants, mais pas inattendus ». Ils précisent leur pensée : « Chez les professeurs titulaires qui ont atteint l’échelon le plus élevé auquel ils pouvaient aspirer au sein de leur département, il est somme toute logique que l’absence de pression liée au désir de promotion se traduise par un stress moindre et une perception plus positive de leur situation personnelle et professionnelle. »

Les auteurs concluent que « les professeurs novices comme chevronnés des universités canadiennes évoluent au sein d’un milieu professionnel relativement stable et sain ».

L’étude omet toutefois de se pencher sur un point très important : qu’en est-il des tout nouveaux titulaires de doctorat qui doivent se contenter de postes de chargés de cours à temps partiel? Les auteurs de l’étude reconnaissent que « la tendance mondiale vers le recours à une main-d’œuvre contractuelle s’observe également au Canada », mais les données fiables sur la question sont hélas très limitées. D’après certaines estimations, jusqu’à la moitié des cours seraient assurés par des enseignants contractuels, mais rien ne permet de le vérifier. « Les conséquences du déséquilibre induit par l’existence de ces différentes catégories d’emplois dans le milieu universitaire devront faire l’objet de nouvelles investigations », affirment les auteurs de l’étude.

Le géant hollandais Elsevier, un des chefs de file mondiaux de la publication universitaire, a été le premier à bouger dans le conflit qui l’oppose à des chercheurs en colère. Depuis la fin de janvier, des chercheurs de partout dans le monde signent une pétition appelée le Coût du savoir, dans laquelle ils s’engagent à ne rien publier dans les revues d’Elsevier. À la fin de mars, prèsque 8 800 chercheurs, dont certains Canadiens, y avaient apposé leur signature.

Elsevier possède 2 000 revues et publie quelque 250 000 articles chaque année dans une variété de domaines. Ses archives contiennent sept millions de publications. En 2010, l’entreprise a généré 1,6 milliard de dollars et réalisé une marge de profit de 36 pour cent.

Le boycottage donnait suite à un appel à l’action lancé quelques jours auparavant par Tim Gowers, un mathématicien de l’Université Cambridge. Exaspéré, M. Gowers a déclaré : « Je ne me contenterai plus de refuser tout lien avec les revues publiées par Elsevier, je vais le dire publiquement. Je ne suis pas le premier à le faire, mais plus nous serons nombreux, plus ce geste sera acceptable socialement. »

Par son geste, M. Gowers souhaitait notamment dénoncer le soutien accordé par l’éditeur aux « tentatives de mettre un frein au mouvement vers la publication à libre accès », notamment son appui au Research Works Act. Ce projet de loi déposé à la Chambre des représentants des États-Unis en décembre contenait des dispositions qui visent à interdire le libre accès aux publications scientifiques financées par l’État. Ces dispositions auraient eu pour effet d’annuler la Politique d’accès public des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis, qui oblige les scientifiques à soumettre aux archives numériques de PubMed Central la version destinée à la publication de leurs articles révisés par les pairs et issus de la recherche financée par les NIH (c’est-à-dire grâce à l’argent des contribuables). Les Instituts de recherche en santé du Canada ont imposé des exigences similaires en 2007 et demandé que tous les articles issus des projets de recherche qu’ils financent soient librement accessibles sur le site Web de l’éditeur ou dans un répertoire en ligne dans les six mois suivant leur publication.

Le 27 février, le groupe Elsevier a retiré son appui au Research Work Act et publié un communiqué dans lequel il dit espérer que son geste « viendra régler une partie du problème et contribuera à instaurer un climat plus détendu et productif pour les discussions avec les bailleurs de fonds de la recherche ». Quelques heures plus tard, les auteurs du projet de loi ont annoncé la mort de celui-ci.

Il serait toutefois surprenant que le changement de cap d’Elsevier règle le problème fondamental aux yeux de beaucoup de chercheurs, c’est-à-dire le modèle actuel à accès restreint de diffusion du savoir par publication dans des revues. Comme Mike Taylor, un spécialiste des sciences de la Terre à l’Université de Bristol, l’explique :

Il semble désormais évident que les vieilles maisons d’édition ne changeront pas leur position. Pour régler le problème de la publication universitaire, les chercheurs doivent cesser de soumettre leurs travaux aux revues à accès restreint. Pour qu’ils le fassent, les organismes subventionnaires et les comités d’embauche doivent juger les candidats sur la qualité de leurs travaux plutôt qu’en fonction de la marque à laquelle ils sont associés.

Heureusement, les choses semblent bouger en ce sens. Par exemple, le Wellcome Trust a affirmé que « c’est sur la qualité intrinsèque d’un article, et non sur le titre de la revue dans laquelle il est publié, que devraient s’appuyer les décisions relatives au financement. » Il faudra que d’autres organismes subventionnaires et responsables de l’embauche fassent des déclarations similaires pour que les chercheurs ne se sentent plus obligés (du moins en apparence) de s’associer à des éditeurs parasites en soumettant leurs meilleurs articles aux grandes revues à accès restreint.

Le boycottage sera-t-il maintenu? Prendra-t-il de l’ampleur? Nassif Ghoussoub, mathématicien à l’Université de la Colombie-Britannique et blogueur, fait remarquer qu’en 2001, plus de 30 000 scientifiques ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils s’engageaient à publier ainsi qu’à agir comme réviseurs et rédacteurs en chef exclusivement dans des revues qui verseraient leur contenu dans la nouvelle base de données PubMed Central dans les six mois suivant la publication. « Les éditeurs n’ont toutefois pas répondu à l’appel, et la campagne a échoué puisqu’une poignée seulement de chercheurs ont tenu parole. »

En sera-t-il de même cette fois?

Le sommet organisé par la New Faculty Majority sur le thème Se réapproprier la démocratie universitaire : conséquences du recours à l’emploi atypique en enseignement supérieur à Washington (D.C.), à la fin de janvier, continue de causer des remous. La New Faculty Majority est une organisation américaine qui soutient les enseignants contractuels ou adjoints. Elle se nomme ainsi parce que ce type d’enseignement constitue désormais la majorité du personnel enseignant dans les établissements d’enseignement supérieur aux États-Unis.

De nombreux blogueurs, dont Josh Boldt et la Montréalaise Lee Skallerup Bessette, ont fait part de leurs impressions sur le sommet. Michael Bérubé, président de la Modern Language Association (MLA), y est allé lui aussi de ses observations, ce qui en a fait le « nouveau héros de tous les enseignants contractuels », pour reprendre les mots d’un blogueur. Voici donc, en résumé, le portrait qu’il brosse de la situation misérable de cette « nouvelle majorité ».

Les enseignants contractuels ou adjoints représentent aujourd’hui plus des deux tiers du million et demi d’enseignants dans les collèges et les universités américaines. Bon nombre d’entre eux vivent sous le seuil de la pauvreté, sans couverture d’assurance-maladie. Ils ne jouissent d’aucune liberté universitaire à proprement parler, car ils peuvent être congédiés à tout moment. D’ailleurs, lorsqu’ils se font remercier, beaucoup ne sont pas admissibles aux prestations d’assurance-emploi.

Bien que l’embauche d’enseignants contractuels ou adjoints soit plus répandue aux États-Unis qu’au Canada – et que certaines questions abordées par les blogueurs ne concernent que la réalité de nos voisins du Sud –, bon nombre des revendications exprimées rejoignent également les enseignants adjoints et à temps partiel dans les universités canadiennes.

Dans son article, M. Bérubé passe en revue certaines des recommandations formulées récemment par la MLA concernant l’établissement de normes équitables pour les titulaires de postes non permanents. La MLA recommande notamment d’instaurer une rémunération minimale de 6 800 $ pour un cours normal d’un semestre menant à l’obtention de trois crédits. Cette proposition s’appuie sur une charge de travail à temps plein, soit trois cours par semestre (six par année), qui donne droit à un salaire annuel légèrement supérieur à 40 000 $.

À la vue de ces chiffres, M. Boldt répond : « Près de 7 000 $ par cours! La plupart des enseignants contractuels n’ont jamais rien vu de tel. J’ai moi-même enseigné dans des écoles qui payaient au plus 2 000 $ par cours. »

La rédactrice en chef d’Affaires universitaires, Peggy Berkowitz, a participé au sommet, dont la tenue coïncidait avec la réunion annuelle de l’Association of American Colleges and Universities. « Je suis frappée de constater à quel point la situation des chargés de cours est plus enviable au Canada », a-t-elle affirmé à l’écoute des délibérations. À titre d’exemple, un des conférenciers a fait remarquer que dans certains États, les professeurs n’ont pas le droit de se syndiquer.

Le sommet a entre autres mené à la création d’une remarquable feuille de calcul créée par Josh Boldt afin « de compiler et de diffuser à grande échelle l’information sur les conditions de travail des enseignants contractuels dans leurs universités respectives ». Cette feuille de calcul est un document Google Doc auquel tout enseignant peut ajouter de l’information au sujet de son établissement. Des centaines d’universités et de collèges y sont représentés. Un complément d’information se trouve ici.

Il pourrait être utile de disposer de données similaires sur les établissements d’enseignement canadiens. En fait, il y a un réel manque de renseignements fiables et à jour sur la situation des enseignants contractuels au Canada. On ne connaît même pas exactement le pourcentage de professeurs contractuels ou à temps partiel. C’est une honte.

Le rêve de Champlain par David Hackett Fischer

Un ouvrage historique consacré à la vie et à l’époque de l’explorateur français Samuel de Champlain, père de Nouvelle-France, a su se hisser parmi les coups de cœur de nombreux recteurs canadiens. Il circule même en ce moment dans les bureaux de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC).

Intitulé Champlain’s Dream, l’ouvrage de l’historien universitaire David Hackett Fischer, déjà lauréat d’un prix Pullitzer, est d’abord paru en anglais en 2008. Il est disponible en français depuis avril 2011, dans une traduction française de Daniel Poliquin intitulée Le rêve de Champlain. J’ai eu la chance d’en emprunter un exemplaire à un collègue avant les Fêtes… et l’ai dévoré en quelques jours, captivé! Évidemment, en tant que descendant de colons français établis au Québec vers le milieu du xviie siècle, je ne pouvais qu’être fasciné par cet ouvrage consacré à la vie de mes ancêtres au cœur même du territoire que les Canadiens-Français considèrent comme leur depuis près de quatre siècles.

Je suis néanmoins convaincu que cet ouvrage interpellera tous les Canadiens qui s’intéressent à l’histoire du Canada et aux débuts de la colonisation en Amérique du Nord. Je souscris pleinement à la critique du National Post, reprise au dos de l’édition canadienne, qui parle d’un « livre que chaque Canadien devrait avoir dans sa bibliothèque ». D’autres critiques ont même parlé de « chef-d’œuvre », d’« ouvrage fascinant » ou de « biographie de référence de Champlain ».

L’existence de cet ouvrage, pressenti pour le Prix Cundill en 2009, a d’abord été portée à ma connaissance par le président-directeur général de l’AUCC, Paul Davidson, à qui en avait  parlé le recteur de l’Université de la Sasktachewan et ancien président du conseil d’administration de l’AUCC, Peter MacKinnon. M. Davidson a tant apprécié le livre qu’il en a offert un exemplaire à Michel Belley, recteur de l’Université du Québec à Chicoutimi, lorsqu’il est devenu président du conseil d’administration de l’AUCC. M. Davidson a également fait parvenir une note à David Johnston, alors recteur de l’Université de Waterloo, pour lui en recommander la lecture. M. Johnston a été à ce point captivé par celle-ci que, le jour de sa désignation à titre de 28e gouverneur général du Canada, il s’est présenté à la tribune avec un exemplaire de Champlain’s Dream, qu’il a même évoqué dans son discours. Il a également fait allusion à la biographie de Champlain lors de sa prise de fonction officielle, et à maintes autres reprises depuis.

M. Davidson a offert un nouvel exemplaire de l’ouvrage de David Hackett Fischer, cette fois en français, à M. Belley lorsqu’a pris fin son mandat de président du conseil d’administration de l’AUCC à l’automne dernier. Cet exemplaire portait la dédicace de l’auteur, que M. Davidson a rencontré en 2011 à Fredericton dans le cadre du Congrès des sciences humaines.

Né vers 1570, Samuel de Champlain est mort à Québec le jour de Noël 1635. Il fut un auteur prolifique, un pionnier de l’ethnographie, un célèbre explorateur et un marin hors pair. Sans lui, le Canada français n’aurait peut-être jamais vu le jour. Cela dit, comme l’écrit clairement Hackett Fischer, Champlain était aussi un rêveur, un visionnaire et un humaniste. Je me permets de citer la traduction de Daniel Poliquin :

« Ne serait-ce que par sa résilience exemplaire, sa vie connaît peu d’égales. Mais il ne s’agissait pas que de cela. Champlain […] était un homme de vision, et comme chez tout visionnaire, ses rêves étaient multiples. Plusieurs spécialistes ont disserté sur le rêve qu’il avait de découvrir le passage conduisant à la Chine. D’autres ont fait état de son rêve de colonisation de la Nouvelle-France. Mais toutes ces visions s’inscrivaient dans un rêve plus large qui n’a encore fait l’objet d’aucune étude. Ce soldat las des guerres rêvait d’humanité et de paix dans un monde de cruauté et de violence. Il entrevoyait un monde nouveau où des gens de cultures différentes pourraient vivre ensemble dans l’amitié et la concorde. C’est ce qui devint son grand dessein en Amérique du Nord. »

Le cahier Sunday Book Review du New York Times a pour sa part commenté en ces termes l’ouvrage de David Hackett Fischer :

« La thèse de l’auteur de Champlain’s Dream est que Champlain fut un personnage héroïque admirable. Cette thèse peut paraître audacieuse par les temps qui courent tant elle va à l’encontre de la dernière tendance en matière d’historiographie, qui consiste à démystifier et à dénigrer la plupart des « hommes blancs morts », en particulier les explorateurs et conquérants. Il est vrai que beaucoup d’entre eux méritent l’opprobre pour les massacres et autres mauvais traitements qu’ils ont infligés aux populations autochtones. Mais Champlain était différent. Il cherchait plus à apprendre des Amérindiens et à coopérer avec eux qu’à les exploiter. Il a d’ailleurs traité la plupart de ceux qu’il a croisés avec “dignité, tolérance et respect” et, comme l’écrit Hackett Fischer, la majorité d’entre eux ont fait de même : « Il avait les manières directes d’un soldat; les guerriers amérindiens l’appréciaient et le respectaient vraiment. »

On est là très loin des relations entretenues par la plupart des conquérants de l’époque avec les Autochtones des Amériques. Parallèlement, Champlain a été à l’origine de l’implantation durable de trois populations et cultures francophones en Amérique du Nord : québécoise, acadienne et métis. Il a également su explorer une région plus que vaste du continent nord-américain, que se partagent aujourd’hui six provinces canadiennes et cinq États américains. Champlain a en prime effectué 27 traversées de l’Atlantique et des centaines d’autres voyages, sans jamais perdre le moindre navire placé sous son commandement. Comme l’écrit Hackett Fischer : « Le plus important chez Champlain, ce n’est pas qu’il ait fait l’une ou l’autre de ces choses; c’est qu’il ait accompli toutes ces choses, et ce, en à peine trois décennies, en dépit des échecs et des défaites. »

Cela vous intrigue? Plongez-vous alors sans tarder dans Le rêve de Champlain.

Depuis des années, les gouvernements fédéraux s’efforcent tour à tour de promouvoir l’« économie du savoir » comme essentielle à la prospérité future du pays. Tout récemment, le ministre des Finances, Jim Flaherty, déclarait que « notre richesse renouvelable nationale la plus importante, c’est notre matière grise ».

Un élément central de l’économie du savoir consiste en la formation de titulaires de doctorat, un domaine où le Canada semble à la traîne. Au cours d’un récent symposium sur la formation des scientifiques organisé dans le cadre de la troisième Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes (CPSC) à Ottawa, Olga Stachova, directrice de l’exploitation du réseau de recherche MITACS, a souligné que le nombre de titulaires de doctorat au Canada a augmenté de 13 pour cent de 1986 à 2006. Toutefois, pendant cette période, l’augmentation moyenne parmi les pays de l’OCDE s’élevait à 40 pour cent. Le Canada est ainsi passé du 20e au 23e rang pour le nombre de titulaires de doctorat par habitant.

Plus inquiétant encore, selon les conférenciers et les participants au symposium, quelque chose cloche avec la formation au doctorat et au postdoctorat au Canada. Ils ont exprimé cette impression dans le contexte des sciences biomédicales et naturelles, mais je pense que leurs commentaires pourraient tout aussi bien s’appliquer au domaine des sciences humaines.

Le problème n’est pas nouveau : la plupart des étudiants au doctorat entrevoient une carrière en milieu universitaire. Cependant, comme plusieurs l’ont fait remarquer au symposium, moins d’un titulaire de doctorat sur cinq obtiendra un poste en milieu universitaire et la formation des doctorants ne les prépare pas pour une carrière hors de ce milieu. Je vous invite à lire mon article sur le symposium, intitulé « Le Canada décerne-t-il trop de doctorats? ».

Des sentiments similaires ont été exprimés au sommet World Innovation Summit for Education tenu au début de novembre au Qatar. « Les doctorants doivent certes continuer d’approfondir leurs connaissances dans leur discipline, mais ils doivent également acquérir des compétences plus diversifiées en matière d’entrepreneuriat, de souplesse et de compréhension de l’économie. Les étudiants doivent pouvoir envisager les liens entre leur contribution créative et l’industrie », affirme Deborah Buszard, professeure au College of sustainablility de l’Université Dalhousie, citée dans le University World News.

(Ce n’est pas un hasard si de nombreux rapports, incluant le tout récent rapport Jenkins, font état du piètre rendement du Canada en matière d’innovation commerciale. Ces deux éléments sont sûrement reliés.)

Affaires universitaires a traité le sujet en profondeur en 2010 dans son article « Dites-nous ce qui nous attend vraiment : Les universités doivent mieux préparer les doctorants à une carrière hors du milieu universitaire » et sa suite « Des étudiants aux cycles supérieurs mieux préparés ».

On jette le blâme pour cette formation inadéquate sur les universitaires eux-mêmes. Selon Alan Bernstein, président fondateur des Instituts de recherche en santé du Canada, « les doctorants et les postdoctorants ne devraient pas se voir simplement comme des clones de leurs mentors universitaires. Ce paradigme est dépassé. Et c’est l’université – les mentors – qui est à blâmer ».

M. Bernstein réprimande également les universitaires de perpétuer la notion qu’une carrière hors du milieu universitaire est un échec d’une certaine manière. « Nous devons nous éloigner d’un ordre hiérarchique selon lequel les bons étudiants font carrière dans le milieu universitaire et les moins bons vont ailleurs », précise-t-il.

Ian Chubb, scientifique en chef pour le gouvernement australien, a émis un commentaire similaire la veille à la conférence sur les politiques scientifiques : « Nous devons demander aux universités de changer la façon dont elles forment les titulaires de doctorat afin qu’ils acquièrent certaines des compétences générales dont ils auraient besoin pour travailler hors du milieu universitaire, tout en les préparant psychologiquement à ne pas juger cette orientation comme un choix de deuxième ordre. »

Les choses seraient en train de changer, mais pas assez rapidement semble-t-il. Mme Stachova a fait mention de l’excellent programme Accélération du réseau MITACS, qui permet à des étudiants aux deuxième et troisième cycles de mener des recherches en collaboration avec un partenaire de l’industrie. (Affaires universitaires a publié un article à ce sujet ici.)

Dans son plus récent mémoire prébudgétaire (PDF), l’Association des universités et collèges du Canada, recommande au gouvernement fédéral d’investir dans le talent « en s’engageant à consacrer jusqu’à 15 millions de dollars à la création de 500 stages rémunérés de 12 mois d’une valeur de 30 000 $ assortie d’une subvention de contrepartie de l’employeur. Ce programme de stages favoriserait l’intégration des étudiants aux cycles supérieurs et des diplômés au marché du travail, plus particulièrement dans les petites et moyennes entreprises ».

Enfin, bien que je sache que ce n’est pas leur fonction principale à titre de fonctionnaires scientifiques, je n’ai pu m’empêcher de remarquer que M. Bernstein et sa collègue Suzanne Fortier, présidente du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, semblaient avoir très peu de conseils à offrir aux titulaires de doctorat et aux postdoctorants plutôt anxieux qui assistaient à la CPSC. M. Bernstein a proposé aux titulaires de doctorat d’envisager de devenir des enseignants au secondaire ou de poursuivre une carrière dans le domaine vaguement défini de la « diplomatie scientifique ». Mme Fortier affirme pour sa part qu’il reviendra aux étudiants de créer eux-mêmes les « emplois de demain », et elle leur prodigue des encouragements à cet effet.

Comme beaucoup de magazines (pour ne pas dire la plupart d’entre eux), Affaires universitaires a largement recours à des rédacteurs à la pige. Comme nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’embaucher des rédacteurs à temps plein pour alimenter les pages du magazine (et du site Web), nous comptons sur l’excellent travail de nos collaborateurs réguliers.

Nous leur offrons une rémunération concurrentielle par rapport aux normes de l’industrie, sauf que ces normes sont effroyablement peu élevées. Ils reçoivent en moyenne entre 0,50 $ et 1 $ le mot, ce qui fait qu’un article de 1 500 mots peut rapporter jusqu’à… je vous laisse faire le calcul. Les pigistes à temps plein peuvent se considérer chanceux s’ils gagnent 40 000 $ par année, et bon nombre touchent un revenu considérablement moindre. Le travail se fait parfois rare, et ils n’ont pas droit aux avantages sociaux. De plus, les tarifs stagnent depuis au moins deux décennies.

Nous aimerions bien évidemment offrir une meilleure rémunération à nos collaborateurs, mais notre budget est limité. Si nous les payons plus, nous devrons réduire les dépenses ailleurs, comme dans la photo, la conception ou la qualité du papier.

Ces considérations vous semblent-elles familières? Comme vous l’avez sans doute deviné à la lecture du titre, je trace un parallèle entre les rédacteurs pigistes et les chargés de cours. Les universités ont abondamment recours à ces travailleurs à temps partiel sous-payés, mais elles n’ont tout simplement pas les moyens de les payer plus ou, hélas, de leur offrir un poste à temps plein menant à la permanence.

Je sympathise avec les universités canadiennes. Ce n’est pas comme si elles avaient suspendu l’embauche : selon l’Association des universités et collèges du Canada, près de la moitié des professeurs sont entrés en poste au cours de la dernière décennie. En plus de remplacer ceux qui partent à la retraite, les universités ont embauché quelque 8 000 professeurs pendant cette période.

Les effectifs continuent toutefois d’augmenter – le nombre d’étudiants à temps plein a plus que doublé depuis 1980 –, et à un rythme plus rapide que celui du corps professoral. Résultat : les ratios étudiants-professeur ont augmenté, et les universités ont davantage recours à des chargés de cours sous-payés.

Je me demande souvent comment les professeurs permanents perçoivent les chargés de cours. Sont-ils mal à l’aise que des collègues hautement qualifiés soient traités comme des professionnels de deuxième ordre? Éprouvent-ils un sentiment de solidarité, ou préfèrent-ils simplement ne pas y penser?

C’est un casse-tête que je ne connais que trop bien. Peut-être pourrions-nous offrir une meilleure rémunération à nos collaborateurs à la pige et améliorer leurs conditions de travail de façon générale. Au cours des dernières années, certains ont adhéré à des syndicats qui réclament des tarifs plus élevés et uniformes, et nous nous y sommes conformés.

Bien entendu, le parallèle entre les chargés de cours et les rédacteurs pigistes n’est pas parfait. Beaucoup de rédacteurs choisissent la pige parce qu’ils aiment la liberté qu’elle leur procure, même si elle est moins bien rémunérée. Je suis convaincu que les chargés de cours (que vous appelez peut-être enseignants contractuels ou adjoints) aiment aussi leur travail, mais que la plupart abandonneraient volontiers leur mode de vie itinérant pour un poste à temps plein assorti d’avantages sociaux.

J’ai été surpris récemment de trouver dans ma boîte aux lettres (la vraie boîte aux lettres en bois, qui se trouve sur mon bureau, et non ma boîte aux lettres électronique!) : The Bulletin, le journal publié par l’Université de Toronto (U de T) depuis 1943, annonçait en première page qu’il cessera d’être publié après ce numéro du 20 septembre. Pour le remplacer, l’U de T a lancé un site Web de nouvelles, le U of T News. L’Université continuera de d’envoyer deux fois par semaine son bulletin électronique, autrefois intitulé eBulletin, qui a été rebaptisé The Bulletin.

Michael Kurts, vice-recteur adjoint, communications stratégiques et marketing, à l’U de T affirme que ce changement survient en réponse aux commentaires des lecteurs. « Au printemps dernier, un sondage nous a indiqué qu’une très grande majorité de nos lecteurs préféraient recevoir les nouvelles de l’Université par voie électronique, alors nous répondons à leur demande. »

Comme j’ai passé une grande partie de ma carrière dans les journaux, je suis toujours un peu triste de voir disparaître une publication papier, bien que je comprenne la logique et les raisons d’un tel changement. Publier en ligne coûte évidemment beaucoup moins cher, sauve des arbres et est toujours plus à jour. En outre, une fois en ligne, le lecteur est facilement relié à tous les médias sociaux de l’Université.

La tendance n’est toutefois pas nouvelle. Il y a cinq ans j’ai effectué auprès des directeurs des communications dans les universités canadiennes un sondage non officiel dans lequel se trouvait la question : « Votre département songe-t-il à remplacer la publication du journal (pour les professeurs, le personnel, et la collectivité externe) par une publication électronique? » À l’époque, neuf participants avaient répondu ne pas envisager un tel changement, trois avaient répondu l’avoir envisagé mais y avaient renoncé, neuf avaient répondu l’envisager, et six avaient déjà effectué le changement. Aujourd’hui, je pense que tous répondraient envisager le changement ou l’avoir déjà effectué.

Il y a encore des universités qui publient d’excellents journaux de format tabloïd, comme le UBC Reports de l’Université de la Colombie-Britannique, le Forum de l’Université de Montréal (U de M), et Au fil des évènements de l’Université Laval, pour ne nommer que ces trois publications exemplaires. De nombreux autres ont lentement disparu, particulièrement dans les établissements de petite taille où les publications sont souvent des bulletins de format lettre (8½ x 11). Il y a plusieurs années, je recevais plus d’une cinquantaine des publications universitaires régulières; ce nombre est maintenant passé à à peine une vingtaine.

Maintenant voici ce qui se produit : quand je reçois la version papier du Forum, de l’U de M, je n’y jette qu’un coup d’œil rapide parce que j’ai déjà reçu le bulletin électronique (ici) quelques jours auparavant avec des liens vers le contenu intégral en ligne. Je dois dire que cette façon de recevoir les nouvelles des universités me plaît. La plupart des universités de grande taille envoient un bulletin électronique hebdomadaire ou régulier dans lequel se trouvent toutes les dernières nouvelles du campus, et je pense que c’est la meilleure façon de faire.

Pendant mon séjour en Australie le mois dernier, j’ai vécu l’expérience étrange de devoir participer au recensement national. Le processus de recensement semble s’y dérouler sans controverse et la plupart des Australiens s’y conforment avec plaisir. Tout un contraste par rapport à la situation au Canada.

Comme bon nombre de lecteurs se rappelleront sans doute, le gouvernement fédéral canadien a annoncé à la fin de juin 2010 son intention d’éliminer l’obligation de remplir le questionnaire de recensement détaillé, envoyé à un ménage sur cinq, et de le remplacer par l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) à participation volontaire. Cette décision, qui a pris tout le monde par surprise, a donné lieu à des mois de critiques et de débats animés.

Aux fins du recensement, combien y a-t-il de chambres à coucher dans une fourgonnette de camping?

En Australie, le recensement a eu lieu le 9 août, et tous les participants avaient reçu l’instruction de le remplir en fonction de leur situation le soir même. Dans les semaines précédentes, le slogan du recensement, « Shed some light on census night » (« Le soir du recensement, faites la lumière ») résonnait dans les annonces diffusées partout au pays.

Contrairement au Canada, où la plupart des ménages sont seulement tenus de remplir un court questionnaire de huit questions – auquel deux questions sur la langue ont été ajoutées cette année –, l’Australie oblige chaque ménage à remplir un questionnaire complet d’une soixantaine de questions. (Malheureusement, je n’ai pas été en mesure de trouver une version électronique du questionnaire de recensement australien, mais ce document d’information de l’Australian Bureau of Statistics explique clairement la nature et le contenu du formulaire de 2011.)

Les questions posées en Australie sont similaires à celles de l’ancien questionnaire détaillé du recensement au Canada et de l’ENM qui l’a remplacé. Comme je l’ai mentionné précédemment, tous les ménages australiens sont tenus de remplir le questionnaire long. De plus, j’ai été surpris de découvrir que cette exigence s’applique à quiconque passe la nuit du recensement en Australie, y compris les non-citoyens et les visiteurs. Je m’y suis donc conformé avec plaisir.

Au Canada, les changements controversés annoncés en 2010 sont entrés en vigueur lors du recensement réalisé en mai dernier. Presque tous les utilisateurs des données du recensement se sont férocement opposés aux changements, qu’il s’agisse de groupes de citoyens, d’associations, d’administrations municipales ou d’universitaires, lesquels sont nombreux à utiliser ces données dans le cadre de leurs travaux de recherche. La principale préoccupation des opposants aux changements tenait à la nature volontaire de l’ENM qui risque de diminuer le taux de réponse et entraîne un biais d’autosélection (fondé sur la probabilité que certains groupes soient moins susceptibles que d’autres de participer), faussant les résultats et diminuant leur fiabilité.

D’ailleurs, tout indique que cette prophétie est en train de se réaliser. Selon le blogue de l’Association canadienne des utilisateurs de données publiques, les taux de participation à l’ENM chez les personnes qui ont répondu au recensement en ligne n’étaient que d’environ 60 pour cent, et l’auteur prédit que ces mêmes taux seront encore moins élevés chez ceux qui ont rempli le questionnaire en format papier. Les groupes « qui affichent ou sont susceptibles d’afficher un biais d’autosélection » sont les personnes défavorisées socioéconomiquement, les immigrants, les Autochtones et les hommes de moins de 24 ans.

Dans une déclaration publiée le 13 juillet 2010 dans la foulée de la controverse provoquée par l’annonce des changements au recensement, le ministre de l’Industrie de l’époque, Tony Clement, a indiqué que l’abandon du questionnaire détaillé obligatoire se justifiait par « des plaintes de citoyens qui trouvaient que le questionnaire détaillé constituait une atteinte à leur vie privée. Le gouvernement ne croit pas que les Canadiens doivent fournir à Statistique Canada des renseignements tels que le nombre de chambres à coucher dans leur maison, l’heure à laquelle ils quittent leur domicile pour se rendre au travail ou la durée du trajet entre leur maison et leur travail ».

Pourtant, le questionnaire du recensement australien comporte bel et bien une question sur le nombre de chambres à coucher dans la maison. La question m’a embêté, puisque j’étais en vacances avec ma femme et mes enfants, et que le 9 août en soirée, nous voyagions dans le Territoire du Nord à bord d’une fourgonnette de camping. Nous avons décidé que la bonne réponse était « une ».

Les recteurs des universités canadiennes viennent des quatre coins du monde.

Au cours de ses recherches, un analyste principal à l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) a découvert qu’un peu plus du quart des chefs des établissements membres de l’AUCC sont nés à l’étranger. L’Association compte parmi ses membres 95 universités et collèges universitaires publics et privés à but non lucratif du Canada, dont 25 (soit 26,3 pour cent) sont actuellement dirigés par une personne née à l’extérieur du Canada.

Cette conclusion étant tirée de recherches très sommaires, je ne suis pas en mesure de savoir combien de ces chefs d’établissement détiennent la citoyenneté canadienne, ni depuis combien de temps ils résident au Canada.

Sept des recteurs actuels sont nés au Royaume-Uni, six aux États-Unis, deux aux Pays-Bas, deux en Égypte et un dans chacun des pays suivants : l’Afrique du Sud, le Mexique, le Sri Lanka, l’Autriche, le Japon, le Bangladesh et la Turquie. Finalement, un des recteurs est né en Europe, sans que le pays soit précisé.

Je ne veux pas tirer de conclusions hâtives, mais je crois que cela témoigne de l’ouverture sur le monde des universités canadiennes, qui ont de toute évidence réussi à attirer l’élite étrangère dans leurs rangs. Bien entendu, certains de ces universitaires étrangers de premier rang ont su exceller au Canada, puisqu’ils se sont élevés aux plus hauts échelons de la direction de leurs établissements. Ces deux constats constituent des signes très favorables, à mon avis.