Dans un article du mois d’août 2008 (« Un sujet qui délie les langues »), je racontais que de moins en moins d’universités exigent que les étudiants maîtrisent une langue seconde dans le cadre de leur programme d’études. En deuxième partie de l’article, je traitais spécifiquement de ce que peuvent faire les universités pour favoriser le bilinguisme et je faisais remarquer à ce sujet que les universités francophones tentent d’attirer les étudiants anglophones qui ont participé à des programmes d’immersion française au secondaire. Comme on pouvait le lire dans l’article, « [à] l’heure actuelle, 325 000 élèves du primaire et du secondaire sont inscrits à des programmes d’immersion française au Canada. Pourtant, très peu continuent d’étudier en français à l’université. »

Eh bien, permettez-moi de souligner les efforts de l’Université de Moncton qui s’intéresse précisément à la question. Un article paru dans le quotidien anglophone de l’endroit relate que, depuis deux ans, 80 étudiants diplômés d’un programme d’immersion française au secondaire se sont inscrits à l’Université. Il ne s’agit peut-être que de deux pour cent de l’ensemble des étudiants, mais l’Université compte faire grimper ce taux à cinq pour cent.

Les deux étudiants anglophones cités dans l’article se disent impressionnés par les services de soutien qui leur sont offerts et heureux d’avoir la chance de poursuivre leurs études en français.

Connaissez-vous des anecdotes provenant d’autres universités? Et quel rôle croyez-vous que les universités devraient jouer pour appuyer le bilinguisme?

Les recteurs et la politique

Posted on 11/12/2008 by

Dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion de rencontrer la plupart des recteurs des universités canadiennes. J’ai souvent pensé que beaucoup parmi eux possèdent les compétences nécessaires pour se lancer en politique (diplomatie, personnalité attachante, aptitudes à communiquer, intelligence, capacité à équilibrer des intérêts divergents, etc.). Je voterais sans hésiter pour plusieurs recteurs, anciens ou actuels, et je crois que le système politique bénéficierait de leur participation.

Je ne me fais pas d’illusion. Beaucoup de professeurs d’université se sont jetés dans l’arène politique, mais très peu d’anciens recteurs l’ont fait. Je soupçonne que nombre d’entre eux considèrent cela comme un pas en arrière, et c’est dommage.

Si je me rappelle bien, le recteur de l’Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard, était candidat pour les libéraux lors des élections fédérales de juin 2004, mais il n’a pas été élu. Je me réjouis donc du succès de l’ancien recteur de l’Université Laval, Michel Pigeon, lors des élections provinciales tenues cette semaine au Québec. Je ne le connais pas personnellement, mais je lui souhaite néanmoins beaucoup de succès.

Connaissez-vous un autre recteur devenu politicien? Qui aimeriez-vous voir faire le saut, et pourquoi? (Vous pouvez fournir vos commentaires en cliquant sur le lien ci-dessous ou en me faisant parvenir un courriel.)

Je suis récemment tombé sur une expression que je ne connaissais pas : la diplomatie du savoir. Une petite recherche sur Google révèle que l’expression a été inventée il y a environ 10 ans par l’auteur Michael Ryan, mais le contexte dans lequel se trouvait l’expression provient d’un commentaire effectué par Luc Vinet, recteur de l’Université de Montréal, dans la Gazette de Montréal. M. Vinet écrit :

De façon générale, la diplomatie du savoir se définit comme étant la diplomatie des idées, et les idées sont la raison d’être des universités. Lorsque des professeurs canadiens enseignent à Tokyo ou à Toulouse, ils sont des émissaires des valeurs et de l’expertise de notre pays. Quand ils collaborent avec des collègues à l’étranger, ils ramènent au pays de l’information et des technologies nouvelles dont bénéficie l’économie canadienne et lorsque nos universités créent des partenariats avec des ONG internationales, des universités de pays en développement ou des gouvernements étrangers pour veiller au respect des droits de la personne ou former des travailleurs sociaux, nous faisons progresser les valeurs canadiennes.

M. Vinet poursuit en vantant les mérites de l’internationalisation de la recherche et souligne que 40 pour cent des travaux de recherche canadiens sont effectués conjointement avec des scientifiques étrangers. « Par le développement des réseaux et des nouveaux partenariats avec leurs homologues, avec le monde des affaires et avec les institutions internationales, les universités modernes mènent en quelque sorte une diplomatie complémentaire à celle des états (sic) », mentionne-t-il.

Voilà un argument de taille qui se porte sans contredit à la défense du pouvoir des universités et que la majorité des universitaires appuieraient. Bravo!

Ce commentaire est une adaptation du discours que M. Vinet a prononcé en français plus tôt cet automne au Conseil des relations internationales de Montréal (voir texte intégral ici).