La philo full cool

Une affiche réalisée pour « La nuit de la philosophie ». L’œuf et la poule, ça vous dit quelque chose?
La philosophie gagne décidément en popularité. À preuve, le marathon de 24 heures d’activités philosophiques qui a eu lieu le week-end dernier à Montréal sous l’égide de l’Université du Québec à Montréal. Cette quatrième édition de « La nuit de la philosophie » a attiré plus de 8 000 personnes et comportait 200 activités qui se sont déroulées sur une période de 24 heures, à partir du samedi 21 mars à 10 h. On pouvait participer à des groupes de discussion, à des conférences et à des jeux-questionnaires, ainsi que voir des films, des expositions et plus encore. On pouvait aussi assister à des improvisations philosophiques au piano, à une conférence de philosophie comparée sur le bouddhisme et la science, ou encore à un spectacle d’humour des Zapartistes.
Soulignons aussi que le documentaire très bien accueilli par la critique Examined Life (une vie sous examen), présenté lors du Festival international du film de Toronto en septembre dernier, est à l’affiche un peu partout au Canada. Le titre du film fait évidemment référence à la célèbre phrase de Socrate, « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue ».
Dans ce film, coproduit par l’Office national du film du Canada, le cinéaste Astra Taylor accompagne certains des philosophes les plus influents de notre époque dans des excursions au cours desquelles ils exposent leurs idées. Le film pose « un regard nouveau et magnifiquement engageant sur la vision du monde de certains des plus grands philosophes contemporains du milieu universitaire », déclare un critique.
Finalement, vous avez peut-être remarqué que, dans la colonne de droite de la plupart des pages de notre site (sous la publicité), se trouve une boîte dans laquelle figurent les articles les plus lus et les plus commentés sur le site et ceux pour lesquels le plus de courriels ont été envoyés. Or, l’article le plus lu de tous les temps – enfin, depuis le lancement du nouveau site Web en octobre dernier – serait « La philosophie sous un autre jour », qui portait sur les perspectives d’emplois réjouissantes pour les diplômés en philosophie. Cogito, ergo sum. (Voilà qui résume bien ma pensée et… l’étendue de ma connaissance du latin.)
Votre choix : les classiques occidentaux ou le changement social
Un récent article de The Chronicle of Higher Education s’appuie sur un sondage effectué auprès de plus de 22 500 professeurs américains auxquels on a demandé, entre autres, quels étaient les objectifs d’un professeur relativement à l’enseignement en classe. Le sondage a été réalisé par le l’Institut de recherche sur l’enseignement supérieur de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) (un communiqué de presse, un résumé des résultats du sondage et une présentation PowerPoint sont accessibles ici).
Le rapport de sondage contient une foule de données, mais l’article de The Chronicle of Higher Education est axé sur le pourcentage de professeurs qui jugent important d’enseigner aux étudiants de premier cycle « les classiques de la civilisation occidentale » par opposition au pourcentage de professeurs qui jugent important de leur enseigner « à devenir des agents de changement social ».
Je n’indique pas laquelle de ces deux options s’est révélée la plus populaire auprès des professeurs parce que j’aimerais que nos lecteurs répondent à notre sondage (ci‑dessous) sans être influencés. Je comprends que les deux options ne sont pas incompatibles, mais il sera néanmoins intéressant de connaître vos réponses.
Le sondage est également accessible sur notre site en version anglaise (ici). Les francophones et les anglophones feront‑ils des choix différents?
L’article de The Chronicle of Higher Education tente d’évaluer si la réponse d’une personne est révélatrice de ses apprentissages politiques – un penchant pour les « classiques » est‑il signe d’une attitude plus conservatrice par rapport à l’attitude teintée de libéralisme qui consiste à appuyer le changement social?
Dans l’article, Sylvia Hurtado, une professeure d’éducation de la UCLA, affirme : « La notion d’éducation libérale en tant qu’ensemble de compétences intellectuelles est en transition. [...] Elle désigne également la responsabilité individuelle et sociale ainsi que le fait de réfléchir à son rôle dans la société et de provoquer le changement. »
Voici le sondage. Je vous invite à y participer et à échanger sur le sujet.
Rectrices et principales
Dimanche dernier, le 8 mars, nous avons souligné la Journée internationale de la femme. Je me suis donc demandé combien d’universités canadiennes étaient dirigées par une femme.
Je ne prétends pas que ces chiffres soient très révélateurs de quoi que ce soit, mais ils présentent un certain intérêt. (À l’époque où j’étais responsable des relations avec les médias à l’Association des universités et collèges du Canada, c’est une question qui m’était souvent posée par les journalistes.)
J’ai tenu compte dans mon calcul de deux femmes qui entreront en fonction l’été prochain, au moment où une autre, qui est actuellement rectrice, quittera son poste après 11 ans (Bonnie Patterson, Université Trent). La rectrice de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Johanne Jean, termine son premier mandat l’été prochain et demandera à ce qu’il soit renouvelé pour une autre période de cinq ans. Ainsi, à compter du mois d’août 2009, parmi les 94 établissements membres de l’AUCC, 15 seront dirigés par une femme, soit environ 16 pour cent.
Quiconque souhaite interpréter ces résultats, ou offrir des chiffres significatifs concernant la place des femmes dans le milieu universitaire, est invité à soumettre ses commentaires au moyen de la fonction prévue à cet effet, ci-dessous. Il me fera plaisir de les lire.
Voici la liste :

Addenda, le 20 mars 2009, 14 h 30 : Le cercle des femmes rectrices s’agrandit. Luce Samoisette, professeure à la Faculté d’administration de l’Université de Sherbooke, a été élue hier au rectorat de l’Université pour un mandat de cinq ans. Elle entrera en fonction le 1er juin prochain.
L’âge et la productivité en recherche
Une étude intéressante m’a échappé dans sa version prépublication affichée sur le Web l’automne dernier. Quoi qu’il en soit, l’article intégral revu par les pairs, intitulé
« The Effects of Aging on Researchers’ Publication and Citation Patterns », est maintenant disponible dans la revue PLoS ONE et vaut la peine d’être lu.
Réalisée par des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, l’étude se penche sur la productivité des chercheurs en fonction de leur âge et se fonde sur un échantillon de plus de 6 000 professeurs d’universités québécoises. En un mot, l’article révèle que la productivité des scientifiques qui poursuivent activement leurs recherches atteint son point culminant à 50 ans, et qu’elle est maintenue jusqu’à la retraite et même jusqu’à l’âge de 70 ans. L’étude nous apprend aussi que les noms des professeurs plus âgés ont tendance à se retrouver de moins en moins souvent en tête de la liste des auteurs dans les copublications.
« Les résultats montrent clairement que la productivité et l’impact ne sont pas de simples fonctions qui déclinent avec l’âge », concluent les auteurs de l’étude.
Un article paru l’automne dernier dans Le Devoir présente les résultats sous cet angle :
La tour d’ivoire mythique du vieux professeur d’université grisonnant attendant sa retraite vient de s’écrouler. Une nouvelle étude montre que les plus matures de la faune scientifique québécoise produisent bien davantage de recherches que leurs jeunes homologues.
Les résultats de l’étude ont des répercussions sur les politiques scientifiques, affirment les auteurs de l’étude. À l’heure où de nombreux pays, dont le Canada, réévaluent leurs politiques relatives à la retraite obligatoire, « on ne peut négliger le fait que les chercheurs âgés jouent encore un rôle important dans la production d’articles ayant un impact considérable ».


