Six étudiants sont élus au Parlement pour le NPD

Pierre-Luc Dusseault, étudiant à l’Université de Sherbrooke, la plus jeune personne jamais élue à la Chambre es communes.
Les gains historiques du NPD au Québec dans le cadre des élections fédérales du 2 mai, ce que les médias ont appelé la « vague orange », ont permis à six étudiants (cinq de l’Université McGill et un de l’Université de Sherbrooke) d’obtenir des sièges de l’opposition officielle à la Chambre des communes.
Les cinq étudiants de McGill qui ont été élus députés sont Charmaine Borg, Matthew Dubé, Laurin Liu, Mylène Freeman et Jamie Nicholls.
Le quotidien McGill Daily nous apprend que Mme Borg, qui a remporté un siège dans la circonscription de Terrebonne-Blainville est étudiante en sciences politiques et agente en relations de travail pour l’Association des employés de soutien de l’Université McGill, ainsi que coprésidente de NPD McGill. M. Dubé, qui a été élu dans la circonscription de Chambly-Borduas, suit un programme avec majeure en sciences politiques et est l’autre coprésident de NPD McGill. Mme Liu, qui a gagné dans la circonscription de Rivière-des-Mille-Îles, termine un programme avec double majeure en histoire et en études culturelles, et une mineure en études islamiques; elle est aussi membre du personnel de rédaction du McGill Daily. Mme Freeman, qui a remporté la victoire dans la circonscription d’Argenteuil-Papineau-Mirabel, vient pour sa part de terminer ses études en théorie politique à l’Université McGill où elle a étudié pendant quatre ans.
Le cinquième étudiant de McGill élu, Jamie Nicholls, qui n’est pas mentionné dans l’article du McGill Daily, poursuit actuellement des études de doctorat à l’École d’urbanisme de l’Université McGill. Il a remporté la victoire dans la circonscription de Vaudreuil-Soulanges.
Trois candidats sur cinq, Mme Borg, M. Dubé et Mme Liu, ont gagné avec près de 50 pour cent des votes, alors que M. Nicholls et Mme Freeman ont gagné avec un respectable 44 pourcent.
Pierre-Luc Dusseault, étudiant en politique appliquée à l’Université de Sherbrooke, se joindra à eux. M. Dusseault a remporté la circonscription de Sherbrooke avec 43 pour cent des votes. À 19 ans, il est le plus jeune député jamais élu à la Chambre des communes.
Les six nouveaux élus auront droit chacun au salaire de base de député, soit 157 731 $ annuellement.
Atelier de l’AUCC consacré à l’enseignement au premier cycle
Du 6 au 8 mars à Halifax, l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) a organisé un remarquable atelier – qui avait plutôt des allures de sommet – consacré à la transformation de l’enseignement au premier cycle au Canada. La participation active des intervenants présents de même que leur façon d’aborder des questions complexes avec enthousiasme et diligence étaient des plus encourageantes.
L’atelier a rassemblé 65 participants, dont 13 recteurs, plus de 25 vice‑recteurs à l’enseignement et hauts dirigeants, ainsi que 15 représentants du corps étudiant. Parmi les 22 universités représentées se trouvaient aussi bien des établissements de petite taille qui proposent principalement des programmes au premier cycle que des établissements de grande taille axés sur la recherche.
Robert Campbell, recteur de la Mount Allison University, a prononcé une allocution qui a donné le ton à l’atelier lors du dîner d’ouverture. La « promesse » des universités envers la société et les individus, a‑t‑il dit, repose sur la « qualité et l’efficacité de l’expérience étudiante au premier cycle ». Pourtant, au cours de la dernière décennie, on a un peu perdu de vue l’importance primordiale de l’enseignement au premier cycle, son rôle central pour les établissements.
Dans le cadre des discussions en table ronde et des exposés au programme des deux jours de l’atelier, de nombreux participants ont attribué cet état de fait à l’importance excessive accordée à la recherche et à l’enseignement aux cycles supérieurs. D’autres l’ont plutôt attribué à une série de facteurs, parmi lesquels la charge de travail des professeurs, le système de récompenses, l’augmentation des effectifs, ainsi que le problème du financement et des recettes qui n’ont pas augmenté au même rythme que les coûts. Les participants ont également discuté des résultats attendus d’une formation au premier cycle, de la façon d’évaluer ces résultats et des obstacles au changement.
Il était particulièrement réjouissant d’observer les étudiants présents à l’atelier. Leur point de vue n’est pas toujours entendu dans ce genre de discussions, et ils étaient visiblement heureux de pouvoir s’exprimer sur la question. Plusieurs estiment que les groupes d’étudiants pourraient agir comme médiateur neutre (entre les professeurs et l’administration), et quelques-uns aimeraient même jouer un rôle actif dans la conception des cours et des programmes.
L’enseignement au premier cycle traverse-t-il une crise? Bien que la plupart des participants aient refusé de parler de crise, un solide consensus s’est dégagé : la situation actuelle n’est plus tenable, et le système doit absolument trouver une issue sans quoi les universités canadiennes « risquent de voir leur image péricliter », comme l’a fait valoir David Marshall, recteur de la Mount Royal University.
Paradoxalement, plusieurs participants ont souligné que la population ne semble pas se rendre compte du problème : de manière générale, les étudiants et leurs familles persistent à se dire hautement satisfaits de l’enseignement reçu, ce qui ne fait que maintenir une certaine résistance au changement, estiment les participants.
Alors, quelles sont les prochaines étapes? Ray Ivany, recteur de l’Acadia University, a bien résumé le sentiment général à la fin de l’atelier : « Ces derniers jours ont été une réussite sur plusieurs plans, d’abord et avant tout parce qu’ils ont permis de rassembler les intervenants du milieu universitaire autour de la question de l’enseignement au premier cycle et donné lieu à des discussions animées. Par contre, a-t-il ajouté, je doute que ce soit suffisant. »
Le président-directeur général de l’AUCC, Paul Davidson, a invité les participants à envisager comment le changement peut se réaliser « dans leurs propres rôles, au sein de leurs établissements ». Il a en outre rappelé que l’Association travaille à l’élaboration d’un « nouveau message », ou nouveau programme, pour la prochaine décennie et que les résultats de l’atelier serviront à orienter ce nouveau message. Les questions soulevées lors de l’atelier feront également l’objet de discussions lors des réunions des membres en avril « afin que la réflexion puisse se poursuivre ».
Certains participants à l’atelier ont souligné qu’il est important de reconnaître l’innovation à laquelle on assiste en matière d’enseignement et d’apprentissage dans les universités canadiennes. Il pourrait être utile de créer un répertoire de pratiques exemplaires et de modèles novateurs en matière de conception et de prestation de cours. Il serait alors plus facile de voir si ces méthodes peuvent être adoptées par d’autres établissements ou par l’ensemble du système.
Bien entendu, nous devons poursuivre le dialogue, et vous pouvez y prendre part. Faites-nous savoir ce que vous pensez de cette importante question.
Que faire à propos des frais de scolarité?
Un récent rapport de Statistique Canada sur les frais de scolarité pour 2010-2011 met encore une fois la question du coût d’un diplôme universitaire sur la sellette. En moyenne, les frais de scolarité au premier cycle ont augmenté de quatre pour cent cette année par rapport à l’an dernier, portant la moyenne canadienne de 4 942 $ à 5 138 $. C’est en Ontario que les étudiants au premier cycle paient les frais de scolarité les plus élevés (en moyenne 6 037 $), puis au Nouveau Brunswick (5 516 $). C’est encore au Québec (2 415 $) et à Terre-Neuve-Labrador (2 624 $) que les frais de scolarité sont les moins élevés au pays.
Pour jeter de l’huile sur le feu, un rapport publié récemment par le Conseil canadien sur l’apprentissage (rapport CCA) révèle que le niveau moyen d’endettement des diplômés universitaires au Canada avait plus que doublé entre 1990 et 2000, passant de 12 271 $ à 24 706 $. En 2009, le niveau moyen d’endettement atteignait 26 680 $. Cette croissance du niveau d’endettement coïncide avec l’annonce récente selon laquelle le Programme canadien de prêts aux étudiants avait atteint, pour la première fois, son plafond de 15 milliards de dollars, exigeant ainsi une attribution de fonds supplémentaires.
Un autre argument de taille provient du rapport publié la semaine dernière par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES), qui révèle, sans surprendre, que le coût des études et l’aversion pour l’endettement découragent peut-être certains étudiants à poursuivre des études postsecondaires. Le Conseil résume ainsi ses résultats :
« Les résultats de l’étude indiquent que les élèves venant de familles à faible revenu, ceux dont les parents ont un niveau d’éducation peu élevé, les Autochtones et les garçons ont davantage tendance à se préoccuper du coût des études postscondaires. De plus, entre 10 et 30 pour 100 des élèves participants ne souhaitent pas financer leurs études postsecondaires au moyen de prêts. Les groupes insuffisamment représentés sont encore moins enclins à emprunter, conséquence éventuelle de la tendance à sous-estimer les futurs avantages des études supérieures. Étant donné le degré relativement élevé d’aversion pour les prêts en général, un certain nombre de jeunes, en particulier ceux qui ont pour seul recours les prêts étudiants, pourraient considérer ne pas avoir les moyens de faire des études postsecondaires et renoncer ainsi à s’inscrire. » [les caractères gras font partie de la citation]
Que faire? Le rapport du COQES insinue qu’un financement ciblé pourrait encourager davantage d’étudiants issus de milieux modestes ou dont les parents n’ont pas fait d’études postsecondaires à poursuivre leurs études. Le rapport suggère aussi au gouvernement d’isoler l’aide financière axée sur les besoins des autres demandes.
En ce qui concerne l’ensemble du débat sur les frais de scolarité, rares sont les intervenants du milieu de l’EPS qui osent se prononcer sur un montant approprié (10 000 par année? 5 000 $? 2 000 $? Gratuit?). On s’entend généralement sur le fait que les frais de scolarité des programmes professionnels comme le droit et la médecine, dont les coûts et les perspectives de revenus sont élevés, peuvent être plus élevés que ceux des programmes de sciences ou de sciences humaines, par exemple. À part ce fait, il n’y pas de consensus.
On peut certainement argumenter qu’un diplôme universitaire demeure un excellent investissement dont les avantages qu’en retire l’individu compensent largement pour les coûts dans la plupart des cas. C’est précisément ce que soutient le rapport de l’OCDE Regards sur l’éducation, citant les revenus et les taux d’emploi élevés, comme le font le Conseil des ministres de l’Éducation, Canada, et l’Association des universités et collèges du Canada.
La question demeure toutefois : Quels devraient être les frais de scolarité au Canada? Je n’ai pas de réponse à cette question, mais je pense que des hausses annuelles deux fois supérieures au taux d’inflation, comme on l’a vu en Ontario depuis quelques années, ne sont pas viables, et qu’elles sont injustes et mal avisées d’un point de vue politique. Qu’est-ce que vous en pensez?
Le Canada connaît une légère baisse au classement mondial des universités
Le classement mondial QS des universités pour 2010 est paru. Comme je l’ai déjà mentionné, je ne crois pas qu’un classement en dise beaucoup sur la qualité d’un établissement en particulier, mais les lecteurs s’y intéressent. C’est en quelque sorte comparable aux sports; on veut savoir qui a pris de l’avance, qui tire de l’arrière, qui gagne et qui perd.
La grande nouvelle c’est que l’Université de Cambridge au Royaume-Uni l’emporte finalement de justesse sur l’Université Harvard et occupe maintenant la première place au palmarès. Pour ce qui est des universités canadiennes, nous gardons normalement une dizaine d’établissements parmi les 200 premiers; 11 l’an dernier et 10 cette année (l’Université Simon Fraser a malheureusement quitté le peloton de tête). Tous les établissements canadiens sauf un parmi les 200 premiers ont légèrement reculé par rapport à l’an dernier. L’Université de Toronto est la seule à avoir gardé le 29e rang. McGill, qui occupait le 18e rang l’an dernier, demeure avec le 19e rang cette année, en tête des universités canadiennes. L’Université de Montréal, 136e cette année par rapport à 107e en 2009, est la seule université canadienne de langue française à figurer parmi les 200 premières. Libre à chacun de tirer ses propres conclusions.
Voici le tableau du classement des établissements canadiens qui se trouvent parmi les 200 premiers. (Le signe égal (=) signifie qu’un établissement partage la place avec un autre.)
| Rang en 2010 | Rang en 2009 | Université |
| 19 | 18 | Université McGill |
| 29 | 29 | Université de Toronto |
| 44 | 40 | Université de la Colombie-Britannique |
| 78 | 59 | Université de l’Alberta |
| 132 | 118 | Université Queen’s |
| 136 | 107 | Université de Montréal |
| 145 | 113 | Université de Waterloo |
| 162 = | 143 | Université McMaster |
| 164 | 151 = | Université Western Ontario |
| 165 | 149 = | Université de Calgary |
Un diplôme de plus d’un million de dollars
C’est la rentrée. Une autre année universitaire s’amorce et l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) souligne l’occasion en faisant l’éloge de la valeur d’un diplôme universitaire.
L’AUCC soutient depuis longtemps que les diplômés universitaires gagnent en moyenne au cours de leur vie un million de dollars de plus que les diplômés du secondaire. Des déclarations semblables ont été faites aux États-Unis, sauf que dans ce pays, les coûts croissants de l’éducation ont grugé la valeur nette du diplôme.
Alors quoi de neuf? Dans un nouveau dépliant et sur son site Web, l’AUCC soutient que l’écart des revenus des diplômés a été revu à la hausse : un diplômé universitaire peut maintenant s’attendre à gagner en moyenne, au cours de sa carrière, 1,3 million de dollars de plus qu’un diplômé du secondaire. L’Association affirme qu’« un diplôme universitaire n’a jamais eu une telle valeur ».
De plus, si vous croyez que l’écart entre les revenus des diplômés des universités et ceux des collèges ou des écoles de métiers a rétréci, détrompez-vous, il n’en est rien, ajoute l’AUCC. « En 1980, par exemple, le revenu d’un homme possédant un baccalauréat était supérieur de 37 pour cent à celui d’un diplômé du secondaire. En 2005, l’écart atteignait 50 pour cent. Les données du recensement montrent un écart de revenu beaucoup moins important chez les diplômés des collèges et des écoles de métiers par rapport à ceux du secondaire; soit environ de sept pour cent en 1980 et de 15 pour cent en 2005.
L’Association déclare en outre qu’un diplôme universitaire confère des compétences professionnelles « commercialisables et adaptables », davantage de possibilités d’avancement et moins de périodes de chômage.
Un rapport de l’Institut C.D. Howe publié la semaine dernière (en anglais seulement) analyse la question sous un angle différent, mais parvient à des conclusions semblables. Mentionnons qu’un rapport de 2009 de la désormais défunte Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire tient aussi des propos similaires sur la valeur d’un diplôme universitaire, mais chiffre les revenus supplémentaires qu’il génère à près de 750 000 dollars sur 40 ans.
L’AUCC prévoit publier deux autres brochures au cours des prochains mois : l’une abordera la valeur d’un diplôme universitaire pour les jeunes autochtones, et l’autre, la valeur d’un diplôme canadien pour les étudiants étrangers. L’Association devrait aussi publier en début d’année, dans le cadre de la série Tendances dans le milieu universitaire, un nouveau rapport sur les effectifs étudiants.
Des chercheurs de calibre international au Canada
Paul Wells, chroniqueur et blogueur au magazine Maclean’s m’a devancé. Je suis entièrement de son avis pour dire que le lundi 17 mai dernier a été mémorable pour le milieu scientifique canadien. Le gouvernement fédéral a en effet dévoilé les noms des 19 premiers récipiendaires de Chaires d’excellence en recherche du Canada (les « super-chaires », comme les appelle M. Wells), une nouvelle initiative qui vise à attirer au Canada les meilleurs chercheurs dans des domaines prioritaires établis par le gouvernement fédéral.
Les 19 lauréats ont tous occupé des postes à l’étranger avant de se voir accorder leur chaire de recherche. Voilà donc un important recrutement de cerveaux pour le pays.
Les universités recevront jusqu’à 10 millions de dollars sur sept ans pour appuyer les titulaires de ces chaires et leur équipe. La recherche effectuée portera sur les sciences et technologies de l’environnement; l’énergie et les ressources naturelles; la santé et les sciences et technologies de la vie; les technologies de l’information et des communications.
Les communiqués de presse et les rapports aux médias parus lundi nous donnent un aperçu de l’excitation qui régnait dans les universités : « Un expert mondial de la photonique se joint à l’Université d’Ottawa »; « McMaster lands car-of-the-future research leader »; « Western attracts world-renowned U.K. neuroscientist »; « U of Manitoba home to new climate change dream team ».
En outre, comme le souligne un communiqué de l’Université Laval, les investissements auront un effet multiplicateur. Grâce aux fonds de contrepartie des gouvernements provinciaux et d’autres contributions en nature, l’Université recevra au total près de 60 millions de dollars pour ses deux titulaires de CERC, le professeur Marcel Babin, spécialiste en optique marine et en télédétection, et le professeur Younès Messaddeq, chef de file mondial de la recherche en photonique et en fibres optiques.
« Ces nouveaux chercheurs, qui font partie de l’élite mondiale dans leur domaine, se joignent à des équipes extrêmement performantes, ajoute le recteur de l’Université Laval, Denis Brière. L’ajout de ces nouvelles chaires nous positionne maintenant parmi les leaders mondiaux. »
L’Université de l’Alberta se trouve en tête des récipiendaires avec quatre CERC. L’Université de Waterloo, l’Université de Toronto et l’Université Laval en ont chacune obtenu deux. La liste complète des titulaires et des domaines d’expertise se trouve ici.
Combien gagnez-vous? Salaires dans le milieu universitaire, 2007-2008
Statistique Canada a publié un rapport la semaine dernière sur le traitement du personnel enseignant à temps plein dans les universités canadiennes pour l’année scolaire 2007-2008. Je n’avais pas l’intention d’en parler, puisque j’ai déjà traité du rapport sur les salaires des professeurs pour 2008-2009 dans un article du blogue en mai 2009. J’ai toutefois changé d’avis parce que le rapport précédent était « préliminaire » et ne contenait pas de données sur les universités québécoises, tandis que celui publié la semaine dernière est définitif et englobe les universités du Québec.
Comme je l’ai mentionné l’an passé, il s’agit de documents toujours intéressants à consulter lorsqu’on se pose la question suivante : « Combien gagnent mes collègues des autres établissements? »
Le salaire moyen à la University of Toronto s’élève à 157 566 $ pour un professeur en temps plein (en excluant les professeurs en médecine et en dentisterie), soit le plus élevé au pays. Il chute toutefois à 150 381 $ si on ajoute les professeurs en médecine et en dentisterie.
Ces chiffres ne tracent toutefois pas un portrait tout à fait juste, puisque ce ne sont évidemment pas tous les professeurs qui occupent un poste permanent dans un grand établissement axé sur la recherche. Un chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal, par exemple, ne peut espérer gagner plus de 48 027 $. Dans la même veine, le salaire le plus élevé d’un professeur adjoint à la Cape Breton University se chiffre à 68 910 $. Il s’agit d’un salaire décent pour un Canadien moyen, mais qui demeure bien en deçà de 150 000 $ par année.
Voici les 15 universités où le salaire moyen des professeurs permanents est le plus élevé. Pour plus de cohérence, les chiffres retenus excluent les salaires des professeurs en médecine et en dentisterie :
- University of Toronto : 157 566 $
- University of British Columbia : 140 617 $
- University of Waterloo : 137 942 $
- Trent University : 137 938 $
- University of Calgary : 136 669 $
- Université York : 136 609 $
- Université McGill : 135 882 $
- University of Alberta : 135 877 $
- McMaster University : 134 953 $
- University of Western Ontario : 134 408 $
- University of Windsor : 134 179 $
- Université Laurentienne : 133 296 $
- HEC Montréal : 133 217 $
- Wilfrid Laurier University : 131 467 $
- Queen’s University : 131 359 $
Points saillants du budget fédéral
On trouvera, au cours des prochaines semaines, de nombreuses analyses du budget fédéral déposé le 4 mars dernier. La première chose qui m’a frappé dans ce budget, c’est la promesse du ministre des Finances Jim Flaherty d’effectuer « un examen approfondi de toute l’aide [que le gouvernement] accorde à la R-D, en étroite collaboration avec ses partenaires provinciaux ainsi que des dirigeants d’entreprises de tous les secteurs industriels ».
Selon le point de vue de chacun, cette promesse pourrait être bien accueillie et perçue comme étant opportune, ou au contraire, de mauvais augure.
Quoi qu’il en soit, considérant qu’il s’agit d’un budget d’austérité, le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche a tout de même reçu des annonces positives. Paul Davidson, président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada, a affirmé dans un communiqué : « Cela démontre que le gouvernement reconnaît le rôle primordial joué par les universités dans la création de possibilités pour les Canadiens dans la nouvelle économie ».
Ce sentiment n’était toutefois pas partagé par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, qui a qualifié le budget de « déception majeure » pour l’éducation postsecondaire.
Voici les points saillants tirés directement des documents budgétaires :
Conseils subventionnaires fédéraux
Le budget de 2010 majorera le budget annuel des trois conseils subventionnaires en leur accordant 32 millions de dollars de plus par année à compter de 2010-2011. Ces fonds permettront aux conseils de maintenir l’aide globale qu’ils consacrent à la recherche et se traduiront par une commercialisation accrue au Canada. Les nouvelles ressources destinées aux conseils seront réparties comme suit :
- 16 millions de dollars aux IRSC;
- 13 millions par année au CRSNG, dont 8 millions par année pour bonifier son appui à la recherche de pointe et 5 millions par année pour favoriser une collaboration plus étroite entre les établissements universitaires et le secteur privé dans le cadre de la Stratégie en matière de partenariats et d’innovation du CRSNG;
- 3 millions par année au CRSHC pour appuyer la recherche de calibre mondial en sciences humaines.
Programme des coûts indirects de la recherche
Le budget de 2010 prévoit en outre le versement de 8 millions de dollars de plus par année au Programme des coûts indirects de la recherche, ce qui aidera les établissements à appuyer adéquatement les activités de recherche supplémentaires rendues possibles par les nouvelles ressources accordées aux conseils subventionnaires dans le présent budget.
Bourses de recherche postdoctorale
Le budget de 2010 consacre un investissement de 45 millions de dollars sur cinq ans dans les conseils subventionnaires afin de créer un nouveau programme prestigieux de bourses de recherche postdoctorale afin d’attirer les meilleurs talents au Canada. Le nouveau programme de bourses de recherche postdoctorale proposé sera structuré de façon à être attrayant au plan international. Elles auront une valeur de 70 000 $ par année pour deux ans. Les premières bourses seront décernées en 2010-2011. Lorsqu’il sera entièrement opérationnel, ce nouveau programme accordera 140 bourses par année.
Le budget de 2010 propose de préciser qu’un programme postsecondaire qui consiste principalement en de la recherche donnera droit au crédit d’impôt pour études et à l’exemption au titre des bourses seulement s’il mène à l’obtention d’un diplôme décerné par un collège ou un cégep, ou à un baccalauréat, une maîtrise ou un doctorat (ou un grade équivalent). Par conséquent, les bourses de perfectionnement postdoctorales seront en général imposables.
Génome Canada
Le budget de 2010 accorde à Génome Canada 75 millions de plus en 2009-2010 pour lancer un concours de recherche axé sur la foresterie et l’environnement et pour maintenir le financement des centres régionaux d’innovation en génomique.
Station de recherche de l’Extrême Arctique du Canada
Le Plan d’action économique du Canada a jeté les bases de la réalisation de l’engagement du gouvernement consistant à construire la Station de recherche de l’Extrême Arctique du Canada, à la fine pointe technologique, grâce à un financement de 2 millions de dollars sur deux ans pour l’exécution d’une étude de faisabilité. Dans le budget de 2010, le gouvernement poursuit sur sa lancée avec le versement de 18 millions sur cinq ans à Affaires indiennes et du Nord Canada pour débuter la phase de conception préalable à la construction de la station.
Installation TRIUMF
Le budget de 2010 prévoit 126 millions de dollars sur cinq ans pour appuyer la recherche de pointe menée à l’installation TRIUMF, qui s’ajoutent aux 96 millions provenant des ressources existantes du Conseil national de recherches du Canada. L’aide fédérale aux activités fondamentales de TRIUMF totalisera ainsi 222 millions au cours des cinq prochaines années.
Fondation Rick Hansen
La Fondation Rick Hansen, un organisme à but non lucratif, vise à accélérer les progrès en vue de guérir les lésions de la moelle épinière et à améliorer la qualité de vie des personnes ayant de telles lésions. Le budget de 2010 prévoit 9 millions de dollars sur deux ans pour appuyer la Fondation Rick Hansen, notamment les célébrations du 25e anniversaire du tour du monde et la création de l’institut Rick Hansen. Le financement permettra de réaliser des progrès dans le domaine des connaissances et de la recherche visant à améliorer la qualité de vie des personnes, au Canada et ailleurs dans le monde, qui ont des lésions de la moelle épinière.
Initiative des grappes d’innovation régionales du CNRC
L’initiative des grappes d’innovation régionales du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) vient en aide à 11 grappes technologiques dans les 10 provinces. Ces initiatives soutiennent la croissance d’entreprises canadiennes dynamiques, la création d’emplois et la transformation des économies régionales. Le budget de 2010 consacrera 135 millions de dollars au cours des deux prochaines années (68 millions de dollars en 2010-11 et 67 millions en 2011-12).
Diversification de l’approvisionnement en isotopes médicaux
Dans le budget de 2010, le gouvernement du Canada prend des mesures à l’appui de ces efforts en accordant 35 millions de dollars sur deux ans à Ressources naturelles Canada pour financer des travaux de recherche et développement portant sur de nouvelles technologies de production d’isotopes. Un montant supplémentaire de 10 millions sur deux ans sera versé aux Instituts de recherche en santé du Canada pour l’établissement d’un réseau d’essais cliniques qui permettra de mettre en application les recherches sur les isotopes et les technologies d’imagerie dans la pratique clinique. En outre, une somme de 3 millions sur deux ans sera accordée à Santé Canada pour travailler avec les intervenants à optimiser l’utilisation des isotopes médicaux dans le système de soins de santé.
Agence spatiale canadienne
Le budget de 2010 accorde 397 millions de dollars sur cinq ans à l’Agence spatiale canadienne afin qu’elle travaille avec l’industrie spatiale canadienne à l’élaboration de la mission de la Constellation RADARSAT, la prochaine génération de satellites de télédétection radar. Pour la réalisation de ces travaux, l’Agence spatiale canadienne ajoute un montant de 100 millions tiré des ressources existantes; 497 millions seront donc investis sur cinq ans en recherche avancée, en développement technologique et en construction. La plupart des dépenses seront effectuées après 2011-2012. (5 millions de dollars en 2010-2011 et 8 millions en 2011-2012)
Programme de partenariats internationaux en science et technologie
Le budget de 2010 prévoit 8 millions de dollars sur deux ans (4 millions de dollars par année) pour la prolongation du Programme de partenariats internationaux en science
et technologie (PPIST). Ce programme a été mis sur pied en 2005 afin de promouvoir la collaboration en recherche-développement avec des partenaires internationaux comme l’Inde, la Chine et le Brésil.
Promouvoir l’économie numérique
Le gouvernement élaborera une stratégie relative à l’économie numérique qui permettra au secteur des TIC de créer de nouveaux produits et services, d’accélérer l’adoption de technologies numériques et de contribuer à l’amélioration des pratiques de cybersécurité de l’industrie et des consommateurs.
Fondation canadienne pour l’innovation
Dans le budget de 2009 la FCI s’est vu accorder 750 millions de dollars. Après avoir lancé un concours en 2009, la FCI a déjà accordé 150 millions de dollars pour 28 projets remarquables, à même le financement annoncé dans le budget de 2009. Le solde de 600 millions sera consacré aux futures activités de la FCI, y compris le lancement d’un autre concours d’ici décembre 2010. La Fondation met la dernière main à son plan stratégique et demeure résolue à effectuer des investissements clés dans les infrastructures actuelles et nouvelles qui favorisent la recherche de pointe, à créer des partenariats entre les universités, les collèges et les chercheurs en entreprise pour encourager l’innovation dans le secteur privé et, enfin, à s’assurer que les établissements de recherche de pointe du Canada demeurent des chefs de file mondiaux. Au cours des prochains mois, le ministre de l’Industrie fournira des détails sur la répartition des 600 millions de dollars.
Appui à l’innovation dans les collèges
Dans le budget de 2010, le gouvernement double le budget du Programme d’innovation dans les collèges et la communauté (PICC) en lui versant 15 millions de plus par année, dès 2010-2011. Le financement contribuera à la réalisation de nouveaux projets de collaboration dans les collèges du pays, accroîtra la compétitivité des petites et moyennes entreprises grâce à l’innovation et aidera d’autres jeunes Canadiens à se préparer aux emplois de demain.
La foi crée tout un émoi à l’Université Trinity Western
Une récente controverse mettant en cause l’Université Trinity Western a soulevé des questions pertinentes par rapport à la liberté universitaire. L’Université, de confession chrétienne, est située à Langley, en Colombie-Britannique.
La controverse a été déclenchée l’an dernier lorsque l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), a mis sur pied un Comité d’enquête spécial « chargé de déterminer si l’obligation de subir un test de foi imposée comme condition d’embauche porte atteinte à la liberté académique à l’Université Trinity Western ».
Les deux professeurs qui ont effectué l’examen, William Bruneau de l’Université de la Colombie-Britannique et Tom Friedman de l’Université Thompson Rivers, ont conclu dans leur rapport en octobre dernier que la déclaration de foi, l’énoncé sur les responsabilités liées à l’adhésion et les politiques relatives à la liberté universitaire de l’Université Trinity Western « portent atteinte à la liberté universitaire de manière injustifiée et inacceptable ».
Jonathan Raymond, recteur de l’Université, prend cette affaire très au sérieux : « Une telle allégation peut entacher la réputation d’une université et semer le doute relativement à la rigueur de l’activité savante de son corps professoral », écrit M. Raymond dans sa réponse au rapport de l’ACPPU.
Je ne sais pas trop pourquoi l’ACPPU a soulevé la question à ce moment précis. Il n’y a rien de nouveau : l’Université Trinity Western s’affiche comme établissement confessionnel depuis sa création en 1962, et l’Association des universités et collèges du Canada lui a accordé l’adhésion en 1984.
Affaires universitaires a récemment fait paraître un article d’opinion de John G. Stackhouse, Jr sur cette controverse. Je ne minimiserai pas le fait qu’il s’agit d’une question complexe et épineuse. On s’attend, de manière générale, à ce que les universitaires remettent toutes les hypothèses en question et, pour ma part, je ne me sentirais pas à l’aise de fonctionner dans un cadre où existent un ensemble de vérités présumées et inaltérables. Toutefois, je crois que M. Stackhouse a raison lorsqu’il avance qu’il est possible, pour un groupe d’universitaires engagés, de « prendre certaines suppositions (comme la foi) pour acquis sans que cela ne les empêche de se pencher ensemble sur une grande variété de sujets importants ».
Il y a un autre facteur à ne pas négliger : Personne ne force les professeurs et les étudiants à enseigner ou à étudier à l’Université Trinity Western. Ils y sont de leur plein gré, ils sont sans doute au courant des conditions qui leur sont imposées et ils les ont acceptées.
Interruption des audiences du Sénat sur l’éducation postsecondaire
Comme de nombreux Canadiens, je suis troublé par la décision du premier ministre Stephen Harper de proroger le Parlement. Cela me semble une atteinte à notre démocratie parlementaire.
Cette décision entraîne également des conséquences concrètes pour l’éducation postsecondaire. Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie a entrepris l’automne dernier des audiences sur l’accessibilité aux études postsecondaires au Canada. Au 10 décembre dernier, le Comité avait tenu quatre réunions, et il prévoyait se réunir jusqu’à 20 fois au total.
À la lecture des procès-verbaux de ces quatre premières rencontres, je conclus qu’elles étaient très productives et instructives (voir les liens ci-dessous). Mais en raison de la prorogation du Parlement, tous les comités (y compris ceux du Sénat) sont dissous, et leurs travaux, interrompus.
Beaucoup s’attendent à ce que le premier ministre affecte sous peu des candidats conservateurs à cinq sièges libres au Sénat, donnant à sa formation une majorité de voix à la Chambre haute (51 conservateurs, 49 libéraux et cinq progressistes-conservateurs ou indépendants). Il se peut que je me trompe, mais puisque la balance penchera alors en faveur des conservateurs, l’examen de la situation de l’éducation postsecondaire ne sera probablement pas ramené lorsque les activités du Sénat reprendront (les paramètres de l’étude ont été établis par Catherine Callbeck, sénatrice libérale pour l’Île-du-Prince-Édouard, et le Comité était présidé par le sénateur libéral de Toronto Art Eggleton). Quel dommage!
Pour que les travaux n’aient pas été effectués en vain, voici, en ordre chronologique, les liens vers les comptes rendus des délibérations du défunt Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie en ce qui concerne l’accessibilité à l’éducation postsecondaire.
7 oct. (Témoins : Paul Cappon, président-directeur général, Conseil canadien sur l’apprentissage; Paul Davidson, président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada (AUCC); Herb O’Heron, directeur, Division de la recherche, AUCC; Patrice de Broucker, chef, Indicateurs de l’éducation, Statistique Canada.)
8 oct. (Témoins : Marc Frenette, Division de l’analyse sociale, Statistique Canada; Richard E. Mueller, professeur d’économie, University of Lethbridge; Ross Finnie, professeur, École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa.)
5 nov. (Témoins : Ben Levin, professeur, Institut d’études pédagogiques de l’Ontario de la University of Toronto et ancien sous-ministre ontarien de l’éducation.)
10 déc. (Témoins : Kathleen Keenan, directrice générale de l’éducation, Affaires indiennes et du Nord Canada; Roberta Jamieson, présidente-directrice générale, Fondation nationale des réalisations autochtones (FNRA); Noella Steinhauer, FNRA; Jaden Keitlah, président, Caucus national des Autochtones de la Fédération canadienne des étudiantes et des étudiants.)



