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L’art de l’exposé

Cinq conseils pour impressionner l’auditoire et tirer le maximum de votre exposé

par Francine McKenzie

How to give an effective conference paper

Dans le milieu universitaire, les conférences sont la principale tribune publique pour discuter de vos travaux. En fait, les conférences comptent parmi les rares occasions que vous aurez de communiquer en personne les résultats de vos recherches et de recevoir une rétroaction directe de spécialistes de votre champ d’études. Voilà de bonnes raisons de ne pas les prendre à la légère.

La qualité et la nature des exposés présentés lors de conférences varient énormément. Certains sont arides, d’autres inspirants. Certains sont à la fine pointe de la technologie, d’autres sont dépouillés. Certains reposent sur des travaux en cours, d’autres, sur des articles déjà publiés. Compte tenu des variations de style entre les disciplines, il n’existe pas de formule universelle pour réussir un exposé. Voici toutefois quelques suggestions inspirées de pratiques exemplaires pour peaufiner votre présentation et faire bonne impression. Certains conseils peuvent sembler évidents, mais quiconque a déjà assisté à une conférence sait qu’ils méritent d’être répétés.

Faites un exposé seulement si vous avez quelque chose à dire

La participation à une conférence ne se limite pas à une mention dans un CV. Il s’agit d’une occasion de tester vos idées, de recevoir des commentaires constructifs et de faire connaître vos travaux dans le milieu universitaire. Comme vous vous retrouvez à l’avant-scène, une impression favorable peut produire des retombées inattendues, tandis qu’un flop risque d’avoir des conséquences regrettables. Les membres de l’auditoire sont également ceux qui accordent les subventions de recherche, évaluent les articles et siègent aux comités d’embauche. Si vos travaux ne vous ont pas encore aiguillé vers des pistes ou des hypothèses prometteuses, ne vous engagez pas à faire un exposé. Cela ne signifie pas que vous devez présenter uniquement des travaux pratiquement prêts à être publiés, mais assurez-vous que votre recherche et votre raisonnement sont suffisamment avancés pour susciter des échanges constructifs.

Contenu, style, durée

Il est difficile de résumer des années de recherche, une vaste quantité d’information et des idées complexes en 20 minutes, soit la durée normale d’un exposé. Vous devez faire une mise en contexte pour bien situer le sujet, développer clairement vos idées sans être trop pointu et tirer des conclusions qui illustrent la pertinence et la portée de vos travaux.

Le style prend également du temps à parfaire. Au début, exercez-vous devant un collègue, un superviseur, votre conjoint, un membre de votre famille, bref, devant toute personne qui formulera des commentaires constructifs plutôt que de simplement chercher à vous faire plaisir. Même si votre spectateur ne souligne que des faiblesses stylistiques – vous prononcez des « euh » à répétition, jouez avec votre montre-bracelet ou gesticulez un peu trop –, il vous rend tout de même service.

Lorsque vous gagnerez en expérience, vous n’aurez plus à vous exercer devant quelqu’un, mais il est toujours recommandé de répéter, seul dans votre chambre d’hôtel, la veille d’un exposé. Ainsi, si vous laissez tomber des éléments d’information et des idées (vous aurez toujours trop de choses à dire pour le temps alloué), vous préserverez la cohérence et la pertinence de votre exposé tout en respectant la durée prescrite.

Adressez-vous à l’auditoire

Certains sont terrorisés à l’idée de prendre la parole devant un public. C’est le cas de beaucoup d’universitaires qui, bien que la peur ne les paralyse pas, sont nerveux avant de faire un exposé. Une des façons de maîtriser cette peur consiste à rédiger un texte, puis à le lire. Ne faites pas cette erreur.

La lecture n’étant pas un moyen dynamique et interactif, l’auditoire doit faire un effort pour maintenir son intérêt. Il est préférable de rédiger un texte – il peut s’agir du chapitre d’une thèse ou d’une ébauche d’article –, et de préparer également une liste de points à aborder pendant l’exposé. Tel un scénario, ces points contiennent des aide-mémoire, des citations et des éléments servant à faire la transition entre les idées. Vous grimperez sur l’estrade en tenant seulement une ou deux pages de notes entre vos mains, mais vous aurez en tête un texte solidement étayé qui vous donnera confiance. Par ailleurs, avec très peu d’efforts, vous aurez presque mémorisé votre exposé. Personne dans l’auditoire ne le remarquera, car vous conserverez tout de même un style coulant empreint de spontanéité.

Si vous devez absolument lire un texte, rédigez-le en gardant à l’esprit votre auditoire. Un discours écrit doit utiliser un style direct, des phrases courtes et une structure moins complexe que celle d’un texte destiné à la publication. Pensez également à insérer des directives à votre intention, notamment pour vous faire penser de parler de façon improvisée (ou, du moins, d’en donner l’impression), de briser le rythme et de regarder l’auditoire.

Respectez la limite de temps, par courtoisie et dans votre propre intérêt

Les spécialistes à vos côtés sur l’estrade et les personnes présentes dans l’auditoire sont des collègues avec lesquels vous serez appelé à travailler. Si vous excédez le temps prescrit, ils n’apprécieront pas, en particulier si vous empiétez sur le temps qui leur est alloué. Vous n’attirerez aucune sympathie en tentant de justifier un exposé mal conçu en mettant la faute sur le manque de temps. En respectant la durée imposée, vous faites au contraire preuve de préparation, de professionnalisme et de collégialité. Par ailleurs, il n’est pas souhaitable d’écourter la période de questions, car la réaction que suscite un exposé en est certainement l’aspect le plus gratifiant. Si vous dépassez le temps alloué, la période de questions sera amputée. Bien que vous aurez l’occasion de discuter de vos travaux pendant les pauses et les repas, la période de questions demeure le meilleur moment de le faire. Un exposé qui prend fin sans période de questions représente une belle occasion manquée.

Montrez-vous enthousiaste et vivez le moment présent

Il est toujours intéressant d’écouter une personne emballée par le sujet de son exposé. L’enthousiasme éveille l’intérêt de l’auditoire, qui aura des commentaires plus pertinents et constructifs à formuler. Il se peut que vous vous lassiez de discuter d’un sujet. Si tel est le cas, envoyez-le aux oubliettes.

Autres conseils avisés

  • Confirmez le jour et l’heure de votre exposé.
  • Vérifiez deux fois plutôt qu’une le temps qui vous est alloué. Les changements de dernière minute sont fréquents, et un participant a pu être ajouté à votre séance.
  • Demeurez debout pendant votre exposé.
  • Ne transcrivez pas intégralement votre exposé sur des diapositives PowerPoint; votre propos sera redondant.
  • Assurez-vous que le texte inscrit sur vos diapositives PowerPoint peut être lu par l’auditoire.
  • Vérifiez si l’équipement audiovisuel fonctionne avant de commencer votre exposé.
  • Ne faites pas un exposé sous l’effet de médicaments contre le rhume. (Croyez-moi sur parole!)

Francine McKenzie est professeure adjointe au département d’histoire à l’Université Western Ontario.

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Commentaires publiés

Vous publiez de très bons articles dont les étudiants peuvent tirer profit. Bravo.

Jean-Pierre Deslauriers
Université du Québec en Outaouais

Affiché par Deslauriers Jean-Pierre, Mar 6, 2012 10:12 AM


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