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À MON AVIS

Les chercheurs canadiens sont prêts à jouer un rôle dans le processus de réconciliation

Les partenariats avec des chercheurs autochtones et leurs collectivités sont essentiels pour progresser, affirme le président du CRSH.

par TED HEWITT | 25 JAN 16

Le rapport final sur les conséquences tragiques des pensionnats destinés aux enfants autochtones, préparé par la Commission de vérité et réconciliation (CVR) du Canada présidée par le juge Murray Sinclair, a été publié le 15 décembre 2015. Ce rapport s’appuie sur plus de 6 000 témoignages provenant en grande partie de membres des Premières Nations, de Métis et d’Inuits qui ont survécu aux pensionnats ainsi que de membres de leurs familles.

Aujourd’hui, le Conseil de recherche en sciences humaines (le CRSH) ainsi que tous les Canadiens doivent réagir rapidement aux appels à l’action mentionnés dans le rapport.

Il va sans dire que l’élaboration de politiques reposant sur des preuves compte parmi les éléments clés d’une mise en œuvre réussie des recommandations du rapport. Par bonheur, les universités et les collèges du Canada élaborent régulièrement des protocoles de recherche; ils ont réuni l’essentiel des connaissances requises pour relever le double défi que sont la vérité et la réconciliation, ce qui est de bon augure pour l’ensemble du Canada.

Les établissements postsecondaires ont déjà pris des engagements stratégiques importants pour accueillir et soutenir des étudiants et des enseignants autochtones dans leur collectivité de chercheurs dynamique et interculturelle.

Par exemple, l’University of Winnipeg a été un des premiers établissements au Canada à renoncer au paiement des frais de scolarité versés par les anciens élèves de pensionnats autochtones. De plus, à compter de l’automne 2016, l’Université exigera que ses étudiants de premier cycle suivent un cours obligatoire sur les peuples autochtones.

De son côté, l’University of Manitoba, avec l’aide d’un groupe de la banque TD, est devenue l’hôte du Centre national pour la vérité et réconciliation. Ce centre numérise les quatre millions de dossiers historiques de la CVR et les plus de 6 000 entrevues qu’elle a menées.

Les écoles de droit du Canada ont également fait de belles avancées. Par exemple, l’University of Victoria a déployé d’importants efforts pour créer un programme de doubles diplômes réunissant la Common Law et le système de droit autochtone. À la Lakehead University à Thunder Bay, les étudiants en droit suivent des cours obligatoires sur les questions juridiques autochtones.

Les chercheurs en sciences humaines du Canada jouent un rôle essentiel dans la quête de la vérité et de la réconciliation, à la fois dans l’art de traiter des vérités cachées et souvent embarrassantes de notre histoire, de nos cultures, de nos lois, de nos perceptions, de nos habitudes et de nos façons de penser et dans la capacité de poser les bases d’une vraie réconciliation et d’une vraie croissance fondées sur la compréhension mutuelle et l’échange de connaissances entre Autochtones et non‑Autochtones.

Cet effort de recherche a été particulièrement impressionnant au cours des 15 dernières années, durant lesquelles les chercheurs autochtones et non autochtones se sont réunis pour élaborer de nouvelles règles d’engagement, remplaçant notemment la recherche réalisée « sur et pour » les Autochtones par la recherche effectuée « par et avec » eux. Grâce à ce virage, la recherche et la mobilisation des connaissances ont grandement bénéficié du leadership des chercheurs autochtones et de leurs communautés ainsi que des partenariats établis avec eux.

Au CRSH, nous avons souligné l’importance que nous accordons à notre engagement de longue date envers la recherche effectuée « par et avec » les Autochtones, faisant de cette approche un principe directeur clé. En 2015, après une longue collaboration avec le Cercle consultatif en matière de recherche autochtone, le CRSH a lancé son Énoncé de principes en matière de recherche autochtone et ses ressources connexes, notamment sa définition de la « recherche autochtone », pour soutenir la recherche et les talents autochtones. Ainsi, le concept d’excellence en recherche du CRSH intègre les perspectives, les connaissances, les méthodes et les approches des peuples autochtones.

La CVR a déterminé une vaste gamme de points sur lesquels il est urgent d’agir pour soutenir la réconciliation. Il s’agit de la protection de l’enfance, de l’éducation, des langues et cultures autochtones, de la santé, de la justice et des services correctionnels, des droits des Autochtones, des traités et de la gouvernance, de la jeunesse et des communautés, des musées et des archives, de l’histoire, des médias, des sports, des affaires et à peu près de tous les autres aspects de la vie au Canada.

Les chercheurs en sciences humaines et leurs partenaires au pays sont bien placés pour faciliter l’accès aux connaissances dans tous ces secteurs – connaissances fondées sur des relations de respect, de diversité et de réciprocité entre les communautés autochtones et universitaires.

Le travail accompli dans les universités et les collèges, outre le soutien du CRSH à la recherche et au développement des talents, génère les données et les compétences dont le Canada a besoin pour comprendre son passé et se diriger vers un meilleur avenir pour tous. Il s’agit là d’une contribution essentielle à la quête de la vérité et de la réconciliation.

Il va sans dire qu’il reste beaucoup à faire, mais tout porte à croire que nous sommes enfin sur la bonne voie pour assurer à tous un avenir prospère.

Ted Hewitt est président du Conseil de recherches en sciences humaines.

 

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