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Agents d’éducation: Partenaires ou adversaires?

Un agent réputé peut être votre meilleur allié pour attirer des étudiants étrangers, affirment les experts en recrutement, mais méfiez-vous de certains escrocs.

par LÉO CHARBONNEAU | 08 FEV 10

Le fait que les universités aient déployé beaucoup d’efforts pour recruter des étudiants étrangers au cours des dernières années soulève la délicate question du rôle des agents d’éducation dans le recrutement. Par principe, certaines universités ne font jamais appel à des agents d’éducation, alors que d’autres le font depuis longtemps et obtiennent de très bons résultats.

Les agents d’éducation aident les établissements à recruter des étudiants étrangers en échange d’honoraires ou d’une commission. Les agents réputés connaissent bien le système d’éducation du pays, les règles d’obtention de visas et, idéalement, les établissements qui les embauchent. Malheureusement, les agents ne sont pas tous réputés.

« Il se trouve, parmi les agents d’éducation, de véritables escrocs, mais il s’en trouve aussi, à l’opposé, de très dévouées et intègres, qui offrent des services complets aux étudiants et aux établissements avec qui ils collaborent », affirme Gardiner Wilson, expert en recrutement d’étudiants étrangers.

Après avoir fait carrière comme diplomate canadien, M. Wilson a été directeur de la recherche et des politiques au Réseau des centres d’éducation canadiens (Réseau CEC), une organisation à but non lucratif vouée à la promotion du Canada comme destination de choix pour les étudiants étrangers. Récemment, il a collaboré avec l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), pour la production du rapport intitulé Guide des pratiques exemplaires pour le recrutement d’étudiants étrangers en Inde.

Un agent qui ne respecte pas les règles d’éthique peut, entre autres, recruter des étudiants qui ne sont pas qualifiés ou qui tentent d’entrer dans le pays d’accueil de manière frauduleuse. L’Inde et, dans une moindre mesure, la Chine, sont parmi les pays qui ont connu le plus de problèmes avec les agents frauduleux, poursuit M. Wilson.

Kristen Sutherland, spécialiste du recrutement international, à la Saint Mary’s University, explique que son établissement a recours à des agents de recrutement de manière modérée. « Saint Mary’s a une mission d’internationalisation; sa population étudiante se compose de près de 20 pour cent d’étudiants étrangers. Il est évident que, avec un tel volume, on ne peut être partout à la fois. »

« Il peut être très difficile de collaborer avec certains agents qui ne sont pas embauchés par l’établissement, affirme-t-elle. Un agent qui est fort peut devenir votre meilleur représentant; par contre, s’il est malhonnête, sa collaboration peut vous nuire.

« À Saint Mary’s, poursuit Mme Sutherland, nous aimons travailler avec des agents que nous pouvons former, qui connaissent le campus et qui ont une certaine affinité avec l’établissement. » Elle avoue ne pas avoir vécu d’expérience négative avec des agents, mais ne pas en être à l’abri pour autant, « j’ai entendu des histoires horribles ».

Kim Bartlett, directrice du recrutement et des admissions à l’Université McGill, dit que son établissement n’a pas recours à des agents d’éducation, mais qu’il n’y a pas de politique spécifique contre cette pratique. McGill compte plutôt sur sa réputation internationale et sur huit membres du personnel qui se consacrent au recrutement et aux activités de sensibilisation.

L’Australie et le Royaume-Uni, deux des principaux pays concurrents du Canada, « collaborent sans réserve avec des agents d’éducation », indique M. Wilson. Il faut dire que ces deux pays ont recours à des organismes qui présélectionnent les agents et leur offrent des programmes et des ateliers de formation. Ce qui n’est pas le cas au Canada.

Le Réseau CEC, qui offrait ce genre de services, a cessé ses activités en 2009 pour des raisons financières. Certains membres du personnel du Réseau CEC tentent actuellement de le remettre sur pied, mais « selon moi, lorsque cet article paraîtra dans Affaires Universitaires, le Réseau CEC aura complètement cessé d’exister », poursuit M. Wilson.

Le Réseau CEC a été fondé en 1995 grâce à un fonds de démarrage du gouvernement fédéral. Au plus fort de son activité, il comptait 13 centres d’éducation dans le monde entier. M. Wilson trouve ironique que, au moment où les universités doivent accroître les activités de recrutement en raison de solides concurrents internationaux, le Réseau CEC doive lutter pour sa survie incertaine. On perçoit toutefois un changement d’attitude au sein de Citoyenneté et Immigration Canada et au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), relativement à l’importance du rôle des agents d’éducation. Le nombre d’étudiants étrangers inscrits à temps plein dans les universités canadiennes a, jusqu’à récemment, enregistré une croissance constante et se situe actuellement à environ 77 000, selon l’AUCC. La Chine est le pays d’où provient le plus grand nombre d’étudiants étrangers au Canada, soit environ 15 000. À titre de comparaison, plus de 50 000 étudiants chinois sont inscrits dans des universités australiennes. Selon un rapport du MAECI, la contribution des étudiants étrangers à l’économie canadienne s’élève à 6,5 milliards de dollars annuellement.

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