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Analyser les eaux usées municipales à la recherche de drogues illicites

Une étude pilote donne une « bonne idée » du nombre de personnes qui consomment des drogues.

par LÉO CHARBONNEAU | 09 FEV 15

Un professeur en criminalistique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a proposé de procéder à une analyse chimique des effluents municipaux afin de déterminer le taux de drogues illicites consommées dans une collectivité.

Quiconque consomme de la drogue, qu’elle soit illicite ou pharmaceutique, en élimine une partie dans son urine et ses excréments, qui sont ensuite évacués dans le réseau d’égouts municipaux. Toutefois, les usines de traitement des eaux ne parviennent qu’à supprimer une infime proportion des traces chimiques présentes dans les eaux usées, explique André Lajeunesse.

« Ainsi, dans les effluents d’une ville, soit les liquides ressortant de l’usine de traitement des eaux, il demeurerait une trace de l’activité humaine liée la consommation de drogues illicites. En mesurant cette trace, il serait possible de fournir des renseignements pertinents d’investigation », expliquait M. Lajeunesse sur le site de nouvelles EnTête de l’UQTR.

Afin de prouver la validité de sa théorie, M. Lajeunesse a prélevé des échantillons à la sortie d’une usine de traitement des eaux usées non identifiée et les a analysés au laboratoire, avec l’aide de son assistant de recherche Nicolas Gilbert, un étudiant au premier cycle en chimie. Leur analyse portait sur trois drogues : la cocaïne, l’ecstasy et le fentanyl.

Ils ont effectivement trouvé des traces de drogues et de leurs métabolites dans les échantillons d’eau. Ensuite, ils ont fait des calculs afin d’estimer le taux de consommation dans la population en tenant compte de facteurs comme la dose habituelle, le pourcentage qui est éliminé par le corps, ainsi que le débit d’eau et le nombre de personnes ayant recours à l’usine de traitement des eaux. « Ces calculs nous fournissent une bonne approximation du nombre de personnes consommant les drogues à l’étude, » explique M. Lajeunesse. La cocaïne était la drogue de prédilection, suivie par l’ecstasy et le fentanyl. Les chercheurs n’ont pas encore publié les résultats de leur recherche dans une revue évaluée par les pairs.

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