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Aux trousses du francophile numérique

Des chercheurs mènent une vaste étude sur les comportements des consommateurs de contenus francophones autour du globe.

par PIERRE BLAIS | 28 DÉC 20

Quand le regroupement TV5 a présenté en août 2019 le projet d’application TV5 Monde Plus, son objectif était de faire rayonner les contenus francophones un peu partout sur la planète grâce aux chaînes de télévision publiques. Au lancement de l’application un an plus tard, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) annonçait un partenariat avec TV5, puisqu’une occasion en or s’était matérialisée. Les chercheurs avaient obtenu l’autorisation de mener une vaste étude sur les comportements des consommateurs de contenus francophones autour du globe.

Le colossal mandat de traquer le francophile numérique emballe Destiny Tchéhouali, professeur du Département de communication sociale et publique de l’UQAM et membre de la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement. « Pour la première fois, nous aurons accès aux données d’usage provenant de 194 pays et de leurs télés publiques. Les plateformes majeures ne rendent habituellement pas ces chiffres publics », note le professeur, qui sait que ses objectifs de recherche sont ambitieux.

La consommation de matériel audiovisuel a continuellement évolué depuis quelques décennies. De la simple télé à deux ou trois chaînes sans couleur, nous visionnons aujourd’hui des contenus des quatre coins du monde, et ce, aux quatre coins du monde, simplement en glissant notre doigt sur un écran. Un tel lot d’innovations technologiques a du coup amené plusieurs changements d’habitudes de consommation, habitudes qui sont encore vastement inconnues.

Voilà pourquoi il importe pour les producteurs de contenu d’analyser le comportement du consommateur. Dans un contexte où le Canada a pris la décision de se positionner comme un leader mondial de la promotion des contenus francophones en investissant plus de 14 millions de dollars dans le projet, il allait de soi qu’une chaire de recherche canadienne se penche sur la question.

« La promotion des contenus francophones est certainement à améliorer puisque ces contenus sont souvent absents des grandes plateformes. En comprenant mieux les consommateurs, on saura comment rendre visibles nos contenus », explique le professeur Tchéhouali, précisant que la recherche ne se limitera toutefois pas « aux algorithmes conventionnels » de hiérarchisation du contenu.

Tout est à faire : tant mieux!

On pourrait penser que le lancement récent de l’application représente un défi majeur pour cette étude puisque les données sont évidemment peu nombreuses, pourtant M. Tchéhouali se réjouit de pouvoir être témoin de comportements qui ne sont pas encore établis, donc qui ne sont pas biaisés. « Nous avons accès à l’équipe de TV5 et au travail de coulisses, aux stratégies et aux discussions. Nous aurons une vue globale et unique de cette nouvelle plateforme. »

Selon le chercheur, les avantages sont également nombreux pour TV5 de pouvoir compter sur l’équipe de l’UQAM « puisque nous pouvons analyser des données très nombreuses avec nos outils techniques poussés. C’est un beau mariage parce que nous allons plus loin que les simples données d’usage auxquels ont accès les diffuseurs de contenus ».

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