Passer au contenu principal
Actualités

Baccalauréat en pratique sage-femme, 10 ans plus tard

par JOSÉE DESCÔTEAUX | 07 DÉC 09

Marie-Ève St-Laurent voulait sonder l’humain. Elle a obtenu son baccalauréat en anthropologie. La jeune femme de 24 ans a finalement choisi le métier de sage-femme, parce qu’elle n’allait pas seulement sonder l’humain mais aussi le toucher à l’instant le plus près de l’essentiel : son arrivée dans le monde.

Aujourd’hui, elle exerce la profession de sage-femme dans une maison de naissances à Nicolet, en Mauricie. Mme St-Laurent était de la première cohorte d’étudiantes qui ont obtenu en 2003 un baccalauréat en pratique sage-femme à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

En septembre 1999, quatre mois après la légalisation de la profession de sage-femme au Québec, le programme démarrait. L’UQTR est d’ailleurs le seul établissement universitaire de la province où il est offert.

« La pratique sage-femme évoluait et l’UQTR voulait développer ses programmes tout en répondant aux besoins », relate Raymonde Gagnon, directrice du programme et professeure en pratique sage-femme à l’UQTR.

Le fruit était mur : l’UQTR a reçu 125 demandes d’admission dès sa création. Elle compte à ce jour 70 diplômées. Le nombre de places est cependant limité à 24 étudiantes parce que le marché du travail n’offre pas encore beaucoup de possibilités de faire des stages. « Lorsqu’il a légalisé la profession, le gouvernement n’a malheureusement pas mis 
en place les services de sage-femme qui permettraient de superviser et de former nos étudiantes », déplore Mme Gagnon.

Pourtant, selon le ministère de la Santé et des Service sociaux du Québec, les sages-femmes effectueront environ 10 pour cent des accouchements d’ici 10 ans. N’empêche que le taux de placement des diplômées se chiffre déjà à 100 pour cent. Elles œuvrent dans les maisons de naissances – qui offrent les accouchements à domicile – mais également dans les centres hospitaliers qui sont liés par une entente à cet effet avec le Centre de santé et de services sociaux de leur région.

Et les préjugés à l’égard de cette profession? Raymonde Gagnon estime qu’ils persistent, mais s’estompent lentement, et que la création du programme de l’UQTR contribuera à redorer le blason de cette profession.

Marie-Ève St-Laurent s’est, pour sa part, vue gentiment affubler l’étiquette de « farfelue » mais elle n’a jamais envisagé une autre profession. Si elle ne participait pas à l’aurore de la vie, elle œuvrerait auprès des mourants au crépuscule de la vie, affirme-t-elle.

COMMENTAIRES
Laisser un commentaire
University Affairs moderates all comments according to the following guidelines. If approved, comments generally appear within one business day. We may republish particularly insightful remarks in our print edition or elsewhere.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *