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Bibliothèque et Archives Canada refait une beauté à son site Web

La refonte s’inscrit dans une stratégie sur plusieurs années qui vise à améliorer l’accès aux collections, aux espaces et aux services de l’organisme, dans une approche qui répond mieux aux besoins des usagers.

par DIANE PETERS | 06 JAN 23

Le lancement du nouveau site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), à la fin août, a marqué un tournant dans l’expérience en ligne de ses utilisateurs et utilisatrices. Pour la gardienne des archives nationales du pays, la refonte du site symbolise le changement de perspective de BAC en ce qui concerne la façon dont le public accède à ses contenus.

« Nous reconnaissons que le Web n’est plus juste un outil de communication, mais un intermédiaire pour offrir des services », explique Karen Linauskas, directrice générale de l’accès et des services à BAC. Désormais responsable du site Web, cette division a été créée en 2022 dans la foulée du projet de renouvellement Web de BAC. (Auparavant, le site était jumelé à celui des expositions et du blogue.)

L’amélioration de l’accès aux collections – particulièrement par le Web – est une grande priorité de Vision 2030, soit le plan stratégique de l’organisme publié l’été dernier. Avant la refonte, certaines portions du site étaient restées intouchées depuis les balbutiements d’Internet, et on y comptait quelque 7 000 pages, de quoi donner le vertige. La version revisitée, qui se limite à quelque 2 000 pages, a été remaniée avec des améliorations des fonctions de recherche et de navigation pensées par une équipe de conception spécialisée en expérience d’utilisation embauchée par BAC. « Avant le lancement, nous avons soigneusement conçu et testé le site, et nos efforts sont récompensés », soutient la directrice.

Qui plus est, le site est maintenant divisé en trois sections distinctes : collections, services et renseignements sur BAC. Tous les contenus textuels ont été révisés dans un style accessible. Avec ses 2,8 millions de visites par année, il s’agit de l’un des sites Web les plus fréquentés de la fonction publique fédérale et BAC continue de s’ajuster aux commentaires des usagers.

Mme Linauskas précise que l’objectif est de permettre au grand public (élèves du secondaire ou adeptes de la généalogie, par exemple), de trouver les contenus désirés dans les collections à l’aide de mots-clés, tout en étant aussi au service des universitaires investi.e.s dans des projets plus approfondis qui les amèneront ultimement à visiter les collections physiques à Ottawa, Halifax, Winnipeg ou Vancouver. « On essaie d’offrir une expérience unifiée dans l’accès à BAC », souligne-t-elle. D’ailleurs, sur le site, on trouve maintenant des instructions claires sur l’organisation des archives physiques et les façons de trouver ou d’obtenir le matériel souhaité.

Le lancement du nouveau site a été suivi en novembre par la publication de 43 000 nouveaux dossiers de service militaire numérisés de membres des Forces canadiennes décédés lors de la Deuxième Guerre mondiale. Un guichet unique permet maintenant d’effectuer une recherche unifiée dans les recensements parmi 17 bases de données. Mme Linauskas indique qu’il y aura de nouvelles offres, la plupart relevant de thèmes prioritaires comme l’histoire militaire, la généalogie et le patrimoine autochtone. Un financement supplémentaire de 25 millions de dollars sur trois ans a d’ailleurs été octroyé pour ce dernier thème, les autres projets Web étant financés à même le budget régulier de BAC.

Les universitaires accueillent favorablement la mise à jour. « La refonte du site Web de Bibliothèque et Archives Canada n’arrive pas trop tôt. Il était grand temps que BAC s’engage à rendre davantage de documents d’archives accessibles à distance. Les avantages pédagogiques et pour les citoyen.ne.s seront immédiats », écrit Steven High, professeur d’histoire à l’Université Concordia et président de la Société historique du Canada (SHC) dans un courriel à Affaires universitaires.

Professeur à l’Université de Waterloo, Ian Milligan, apprécie aussi la nouvelle mouture du site. « Il y a eu de véritables avancées, se réjouit-il. Le moteur de recherche dans les collections est bien meilleur qu’avant. L’intégration de la collection et des archives est très utile. Nous avons enfin une interface moderne. »

Il faut dire que BAC a essuyé son lot de critiques ces dernières années. En 2021, le Toronto Star a découvert sur le site de l’organisme des documents, notamment de courtes biographies, comportant des points de vue douteux et des omissions liées au passé colonial du Canada et aux pensionnats pour les Autochtones. BAC a retiré les contenus en question, mais a ensuite été accusé de censure par Blacklock’s Reporter, un site Web ottavien. BAC a réagi en publiant une déclaration et un fil de discussion sur Twitter expliquant que le matériel source n’avait pas été effacé des archives. « C’était un beau défi pour nous de faire comprendre la différence entre le matériel secondaire, qui est écrit par le personnel, et les informations primaires. Ce n’est pas un travail qu’on prend à la légère », explique Mme Linauskas. (Les objectifs stratégiques « Mise en contexte des collections » et « Descriptions respectueuses » figurent notamment à son plan stratégique Vision 2030.

À peu près à la même époque, des chercheurs et chercheuses, entre autres de la SHC, ont demandé à savoir pourquoi, après avoir été fermées de mars 2020 à 2021 en raison de la pandémie de COVID-19, les archives d’Ottawa n’étaient ouvertes que trois jours par semaine avec un système de prise de rendez-vous lourd et surchargé. Depuis juin 2022, la situation s’est quelque peu améliorée, la succursale d’Ottawa étant ouverte de 9 h à 16 h, cinq jours par semaine, sans réservation préalable. « Il n’y a pas si longtemps, les historien.ne.s avaient un accès 24 heures sur 24. La SHC appelle au retour de l’accès prépandémique », revendique M. High.

De plus, les délais dans le traitement des demandes d’accès à l’information perdurent et s’aggravent. Une enquête menée par la Commissaire à l’information du Canada a révélé que 79 % des demandes formulées entre avril 2020 et janvier 2021 n’ont pas été traitées dans le délai de 30 jours prévu ou dans un délai prorogé.

« Lorsqu’on perd la confiance du public, il faut la rebâtir et la renforcer », ajoute Mme Linauskas. Elle espère que la nouvelle mouture évolutive du site Web, le système de demande d’accès à l’information à venir, le nouvel édifice qui ouvrira ses portes à Ottawa en 2026 et les efforts continus de numérisation (la proportion des documents numérisés est passée de 1 % à 5 % en quelques années, une augmentation considérable) réussiront à redorer le blason de BAC.

M. Milligan et ses collègues sont sensibles aux responsabilités croissantes de BAC : archiver des documents importants pour le Canada, offrir un accès au public, numériser le contenu de façon réfléchie et contribuer à d’importants projets nationaux (comme les appels à l’action du Comité de vérité et de réconciliation), le tout sous la menace constante de coupes budgétaires rappelant celles de 2012. « Ces gens ont un gros mandat, et il n’est pas près de s’alléger », ajoute l’historien.

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