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ACTUALITÉS

Des centaines d’activités sont organisées dans les universités pour souligner le 150e du Canada

Conférences, lancements de livre, expositions et concerts auront lieu sur les campus pour célébrer cet anniversaire.

par SALMA MAHGOUB | 06 JUIN 17

Après une table ronde où ils ont parlé de ce que signifie le fait d’être Canadiens, 40 nouveaux citoyens se sont levés pour entonner le Ô Canada. Interprété sous la direction d’une chorale universitaire, l’hymne est venu conclure une cérémonie de citoyenneté spéciale qui s’est tenue à l’Université Carleton le 4 avril.

« C’est un exemple de toutes les belles choses que la vie nous offre parfois, a confié Raúl Razo-Garcia, professeur d’économie à l’Université Carleton, qui prêtait serment ce jour-là, aux côtés de ses deux enfants. C’est une occasion très spéciale pour ma famille et moi, car c’est l’Université Carleton qui nous a permis de venir au Canada. Neuf ans plus tard, nous devenons citoyens canadiens à l’endroit même où j’ai été embauché. »

Pour l’Université Carleton, en plus de souligner les 150 ans de la Confédération, cette cérémonie s’inscrivait dans les célébrations de son 75e anniversaire. L’Université de Calgary et le Collège Luther, fédéré à l’Université de Regina, tiendront aussi leurs propres cérémonies de citoyenneté au cours de l’été.

Deux nouveaux citoyens canadiens entourés, à droite, du président de la cérémonie George Springate et, à gauche, de la rectrice et vice-chancelière de l’Université Carleton Roseann O’Reilly Runte ainsi que de Barbara Clubb de l’Institut pour la citoyenneté canadienne. Photo par Chris Roussakis.

Organiser une cérémonie de citoyenneté dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération est « formidable pour les universités qui se présentent ainsi comme un lieu d’accueil pour tous », précise Janis Hass, spécialiste principale des communications à Universités Canada. L’association a recensé plus de 600 activités prévues cette année par les universités pour célébrer cet anniversaire. Des séries de conférences, des lancements de livre, des expositions et des concerts auront lieu sur les campus. « La participation active des universités canadiennes à ces activités est très importante », poursuit Mme Hass.

Certaines universités ont trouvé des façons plutôt créatives de célébrer. Dans le cadre du projet Repères2017, par exemple, les membres du corps professoral de 16 universités collaborent avec des conservateurs et des artistes contemporains canadiens pour élaborer des cours portant sur le rôle de l’art dans la création d’un dialogue interculturel et inclusif.

À l’École d’art et de design de l’Ontario (OCAD), le cours Repères offert au semestre d’hiver a permis à une dizaine d’étudiants aux cycles supérieurs et au premier cycle de visiter des sites d’art public, de prendre part à des discussions sur la façon dont le territoire façonne l’identité nationale et d’apprendre au contact des conservateurs et des artistes participant à ce projet phare de Canada 150.

« Nous voulions ainsi amener les étudiants à réfléchir à ce que nous racontons sur nousmêmes par l’intermédiaire du territoire, explique Min Sook Lee, une des membres du corps professoral de l’établissement ayant élaboré le cours. C’était pour nous un moment opportun de penser à l’histoire du colonialisme et au concept même du Canada, véhiculé par de nombreux récits inédits. »

En avril, à la fin du cours, les étudiants ont amorcé un processus de création de quelques mois qui aboutira à la présentation, cet été, de leurs propres oeuvres et productions artistiques au parc urbain national de la Rouge, à l’est du centre-ville de Toronto. Cette exposition fera partie d’une série d’oeuvres d’art contemporain réalisée par des conservateurs, des artistes et des étudiants canadiens et exposée du 10 au 25 juin dans des parcs nationaux et des sites historiques canadiens.

Alors que certaines activités visent à renforcer le lien que les gens entretiennent avec leur territoire, d’autres s’attardent aux relations qui ont permis de bâtir le pays. En février, l’Université de Victoria a tenu un symposium où des aînés autochtones ont, pour la première fois, traduit des traités anciens de la Colombie-Britannique en langues autochtones. À la suite de cet événement organisé en collaboration avec la Première Nation des Songhees, l’Université a remis les traités traduits au Royal BC Museum afin qu’ils soient placés aux côtés de leurs versions anglaises.

Un des organisateurs de l’activité, John Lutz, directeur du département d’histoire de l’Université de Victoria, souligne l’importance « capitale et symbolique de ce symposium qui nous sensibilise au fait qu’il s’agissait de deux cultures étrangères qui interprétaient les choses différemment, et que d’immenses malentendus étaient de toute évidence au coeur de ces négociations. »

« Je crois que le 150e anniversaire est l’occasion de nous concentrer sur l’avenir et d’affirmer que nous avons fait du chemin depuis le XIXe siècle, mais qu’il en reste encore beaucoup à faire pour que le Canada devienne un endroit où les Premières Nations peuvent prospérer et réussir au même titre que tous les autres citoyens, ajoute M. Lutz. Nous devrions nous engager à ce que ce soit le cas d’ici les 50 prochaines années. »

Le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH) a financé ce symposium en lui accordant une subvention Connexion – Initiative 150e anniversaire du Canada. Parmi les 51 autres activités subventionnées, mentionnons un colloque organisé conjointement en mars par l’Université McGill et l’Université Laval et où les participants se sont penchés sur l’histoire du fédéralisme canadien.

Selon Crystal Sissons, gestionnaire intérimaire de la division Subventions de recherche et partenariats du CRSH, les subventions visent à favoriser la tenue de célébrations sur les campus universitaires de tout le Canada. « Notre riche passé sera source d’inspiration pour certains de ces projets qui exploreront notre parcours et ses raisons d’être, alors que, pour d’autres, l’histoire servira de catalyseur pour examiner et évaluer notre situation actuelle au moment où nous envisageons les 150 prochaines années de l’histoire du Canada. »

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