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Des chercheurs implantent un laboratoire pour enfants dans un musée national

Le Musée des sciences et de la technologie du Canada offre désormais un « flux constant » de participants à des recherches sur le développement de l’enfant.

par LOUISA SIMMONS | 18 JAN 18

Lorsque vous entrez dans ZOOOM, la « zone d’innovation pour enfants » du Musée des sciences et de la technologie du Canada à Ottawa, vous vous retrouvez dans une salle circulaire aux murs colorés remplis d’information et débordante de structures de jeu orange vif et vertes. Au fond de cet espace se trouve une série de salles qui se distinguent par leur minimalisme. Là, la science est non seulement en vedette, elle est à l’œuvre.

Dans le cadre de son projet de renouvellement d’une valeur de 80 millions de dollars, le Musée s’est associé à l’Université d’Ottawa pour présenter cette exposition qu’il qualifie de « labo en action ». L’exposition a été lancée le 17 novembre 2017, à la réouverture Musée.

Les codirecteurs du laboratoire, Cristina Atance, Tania Zamuner et Chris Fennell, tous professeurs à l’Université d’Ottawa, expliquent que ces laboratoires sont des espaces de recherche novateurs, non seulement accessibles à la population, mais qui misent sur sa participation. Au Labo en action, on étudie la science du développement, particulièrement le développement et l’apprentissage chez les nourrissons et les enfants, ainsi que les facteurs qui ont une incidence sur ces processus. Une exposition interactive pour enfants dans un musée national était donc l’endroit idéal pour un tel laboratoire. Alors que les parents et les enfants curieux découvrent la salle, ils sont invités par des chercheurs à participer sur place à des études sur des sujets comme la pensée critique et le développement du langage chez les enfants bilingues.

Des enfants jouent dans le laboratoire avec Mme Atance.

« Les enfants sont excités lorsqu’ils arrivent dans cet espace, affirme Mme Zamuner, professeure adjointe au département de linguistique de l’Université. Ils se promènent dans le Musée et finissent naturellement par se retrouver ici. » Mme Atance, professeure adjointe de psychologie et directrice de la formation des étudiants aux cycles supérieurs en psychologie expérimentale au même établissement, ajoute que les parents sont souvent étonnés par ce que leur enfant dit ou fait dans le cadre de ces études, et qu’ils apprennent souvent quelque chose de nouveau à leur sujet.

Les expériences, d’une durée de 5 à 15 minutes, se font souvent à l’aide de logiciels qui analysent le mouvement des yeux pour mesurer le temps de réaction des enfants à une question. Dans le cadre de l’une d’elles, Mme Atance donne aux participants quelques jetons qu’ils peuvent échanger contre des raisins secs ou des Smarties. Elle leur propose les raisins secs en premier, et ne leur propose les Smarties (généralement considérés comme étant la friandise préférée) que lorsqu’ils ont décidé combien de jetons échanger contre les raisins. L’objectif est de déterminer à quel âge les enfants sont capables de comprendre qu’ils doivent garder des jetons pour obtenir la friandise qu’ils préfèrent.

Mme Atance estime que ce type de laboratoire et de partenariat avec le Musée permet aux chercheurs de communiquer leurs travaux de recherche de façon concrète. « La science du comportement n’est pas très connue de la population. La science évoque souvent des images de mélanges de produits chimiques dans un laboratoire. Or, ce que nous faisons ici, c’est aussi de la science, explique-t-elle. Nous employons la méthode scientifique. Nous faisons preuve de rigueur, mais nous avons aussi du plaisir, et je crois que c’est une combinaison gagnante. »

Or, le partenariat profite non seulement aux visiteurs du laboratoire novateur, mais aussi aux chercheurs selon Mme Atance. En effet, en un mois seulement, le laboratoire a permis de tester 171 participants, ce qui aurait été impossible dans un laboratoire traditionnel. Ici, au Musée, un endroit qui s’adressent déjà aux enfants, il y a un « flux constant » de participants potentiels, affirme Mme Atance.

Selon Gabrielle Trépanier, agente d’évaluation des services aux visiteurs au Musée, le partenariat profite à tout le monde. « Il est naturel pour un musée des sciences de contribuer à la science de façon dynamique et continue. Ça nous permet d’affirmer en toute honnêteté que nous soutenons la recherche et que nous établissons des liens avec le milieu scientifique à Ottawa.

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