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Des cours en plein air à l’Université Royal Roads

Le don d’un professeur a servi à créer une salle de classe extérieure pour favoriser le dialogue sans distraction.

par SPARROW MCGOWAN | 14 NOV 18

Une nouvelle salle de classe à l’Université Royal Roads compte sur le grand air plutôt que sur le système audiovisuel pour stimuler l’intérêt et l’attention des étudiants. La salle de cours extérieure pour les études internationales stratégiques et avancées de Terry Power a été inaugurée le 12 octobre. Situé sur le campus et entouré d’arbres, l’espace à aire ouverte peut accueillir jusqu’à 50 étudiants.

Le professeur Terry Power donne un cours à l’extérieur. Photo de l’Université Royal Roads.

Terry Power, un des plus anciens professeurs de l’école de commerce de l’Université Royal Roads, a donné 100 000 dollars pour le projet qui porte maintenant son nom. Ce don a par la suite été égalé par des fonds de l’Université et des dons d’anciens étudiants. M. Power a souvent donné ses cours à l’extérieur, ce qui favorisait chez ses étudiants un dialogue continu, qu’il qualifie de « presque socratique ». Il espère que ce nouvel espace favorisera un dialogue ouvert sur les grands enjeux actuels. « J’aimerais que cet espace devienne un lieu sécuritaire où il est possible d’aborder n’importe quel sujet au sein du milieu universitaire. »

Il peut sembler étonnant d’enseigner le commerce à l’extérieur, mais David Black, professeur agrégé à l’école de communication et de culture de l’Université Royal Roads, dit que « la nature fait partie de tous les programmes ». « La nouvelle salle de classe ne servira pas seulement à la sensibilisation à l’environnement et à la biologie », précise-t-il.

La salle de cours extérieure de l’Université Royal Roads a été inaugurée le 12 octobre.
Photo de l’Université Royal Roads.

M. Black a d’ailleurs récemment utilisé la salle de classe pour enseigner la théorie de la communication et l’histoire des médias. « J’ai toujours dit à mes étudiants de voir leur propre vie comme un laboratoire, souligne-t-il. Avec la salle de classe extérieure, mon argument prend tout son sens. »

Annie Do, étudiante à l’Université Royal Roads, n’avait jamais assisté à un cours extérieur avant celui de M. Black. « J’ai l’impression que tout le monde était beaucoup plus concentré, dit-elle. Les distractions étaient éliminées, sans doute parce que la nature est tellement présente. Elle est partout, mais on ne se concentre que sur la voix du professeur. »

Bien que les salles de classe extérieures gagnent en popularité dans les écoles primaires, elles sont encore rares dans les universités, du moins dans les disciplines étrangères au plein air. L’Université McMaster offre aussi un espace d’apprentissage extérieur depuis 2016 : le Cercle autochtone. Créé en collaboration avec le conseil sur l’éducation autochtone de l’Université McMaster, le Cercle est géré par le programme d’études autochtones de l’Université.

Vanessa Watts, directrice de ce programme, explique que « l’objectif de l’espace est de favoriser l’apprentissage à l’extérieur de la salle de classe et d’offrir à la collectivité autochtone un espace qui lui appartient à l’université, mais auquel ont aussi accès tous les professeurs et les étudiants sur le campus ».

Mme Watts pense que l’apprentissage en plein air gagne des adeptes au niveau universitaire. « L’idée d’enseignement expérimental fait son chemin. Ça a toujours fait partie de la façon d’enseigner des peuples et des collectivités autochtones. Donc, dans un certain sens, cet espace se veut une reconnaissance et une affirmation de leurs types de savoir et de leurs modes d’apprentissage. »

« Pour moi, cette structure montre que la nature a une certaine autorité, qu’elle nous offre un enseignement et qu’il faut respecter cet enseignement et la générosité de la nature », ajoute-t-elle.

Mais la nature peut aussi poser des problèmes dans une salle de classe extérieure. M. Black raconte à la blague que « tout dépend de la tolérance des élèves aux engelures ». En réalité, il s’attend à ce que la salle de classe soit moins utilisée l’hiver (qui, heureusement, est plus court à Victoria que dans la plupart des autres régions du Canada). Il ajoute que, de toute façon, « il est préférable de ne pas toujours donner son cours à l’extérieur, puisque la technique perdrait de son attrait et deviendrait vite ennuyeuse ».

M. Power, lui, s’en remet à l’histoire : « Socrate a donné ses plus grandes leçons sans salle de classe, ni brique, ni mortier, ni PowerPoint. Il allait simplement marcher le long de la côte avec un petit groupe d’élèves pour discuter avec eux. »

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