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Des lettres d’anciens pour conseiller les nouveaux étudiants

Des mots rédigés par les diplômés de l’Université de Toronto, de l’Université Western et de l’Université McMaster stimulent les nouveaux étudiants – et les bureaux de relations avec les anciens – en période difficile.

par VIRGINIA GALT | 21 MAR 18

Lors de sa première semaine à l’école de médecine de l’Université de Toronto, Prem Nichani a reçu la lettre d’un jeune médecin qui l’a profondément touché. Diplômé de la même école, l’auteur n’utilisait aucune formule du genre « L’école de médecine est formidable, tu vas t’amuser. Tu vas devenir médecin et gagner beaucoup d’argent », relate M. Nichani. Les propos étaient plutôt « très francs, et c’est ce qui m’a plu ».

M. Nichani, qui amorce de longues études pour devenir médecin, garde la lettre dans son bureau et la relit souvent. L’école de médecine est difficile, dit-il, et le soutien moral d’un ancien est précieux.

À la séance d’orientation de l’école de médecine l’automne dernier, M. Nichani et ses nouveaux camarades de classe ont reçu chacun une lettre de la part d’un ancien qui avait accepté de mettre son expérience au service de la nouvelle cohorte. Cette pratique a été instaurée à la faculté de médecine en 2013.

Dans le même ordre d’idées, les étudiants de première année à l’Université Western de London (en Ontario) reçoivent des mots manuscrits réconfortants de la part d’anciens. « Les examens sont difficiles. Ne sous-estime jamais le pouvoir d’un bagel du Spoke et d’un bon café », a écrit un diplômé de 2014 en décembre dernier, en faisant référence aux bagels légendaires du restaurant The Spoke sur le campus.

Le projet Kind Mail – qui en est maintenant à sa deuxième année – a été très populaire chez les anciens, qui ont inondé les plateformes de médias sociaux de l’Université de leurs bons mots.

L’Université McMaster de Hamilton distribue des cartes postales de bienvenue aux nouveaux étudiants – une initiative lancée en 2017-2018. Lorsque l’étudiante en sciences de la vie Emily Grunthal est arrivée dans sa chambre en résidence à l’automne, elle n’avait jamais rencontré ses trois nouveaux colocataires. Mais un jeune diplômé avait laissé une carte postale sur le réfrigérateur. Il avait écrit que presque tout le monde était un peu anxieux le premier jour : « Nous sommes tous passés par là, mais les gens de McMaster sont très accueillants. » Emily se souvient que l’auteur lui avait conseillé de sortir, de faire du sport et de s’inscrire à des clubs – et de ne pas hésiter à demander de l’aide en cas de besoin.

« Nous avons lu ce mot bienveillant, installées à notre nouvelle table de cuisine. C’était un beau moment », se remémore-t-elle.

Les bureaux des relations avec les anciens de l’Université de Toronto, de l’Université Western et de l’Université McMaster précisent que des anciens de tous âges participent à ce genre de programme. « Un large éventail de participants a pris part à la campagne, mais nous sommes particulièrement heureux de voir que des diplômés récents sont de la partie », explique Meghan Cocurullo, agente des relations numériques au bureau du développement et de la fidélisation des anciens de l’Université Western. L’Université Western a reçu environ 1 400 messages en 2016, et approximativement la même quantité en 2017. (En février, l’Université de Victoria a lancé sa propre version de la campagne. Elle a demandé aux anciens d’envoyer des mots sympathiques qui seraient transmis aux étudiants sur des cartes postales au cours du mois de mars.)

L’Université McMaster a reçu entre 1 400 et 1 500 mots d’anciens la première année de son programme de cartes postales de bienvenue – les membres du personnel du service de relations avec les anciens ont dû appliquer de la glace sur leurs poignets après avoir transcrit tous ces messages, raconte Scott Mallon, agent responsable des relations avec les étudiants. L’Université de Toronto a reçu plus de lettres de conseils de médecins qu’elle n’avait d’étudiants en première année de médecine. Le personnel en a donc gardé en réserve pour l’année prochaine, explique Julie Lafford, directrice des relations avec les anciens et des dons annuels à la faculté de médecine.

« Comme la plupart des facultés, nous avons un petit groupe d’anciens très actifs et un plus grand groupe de professionnels qui aimeraient participer, mais qui n’a pas nécessairement le temps ou l’énergie, souligne Mme Lafford. Ce programme leur permet de faire un geste bénévole en cinq minutes, ce qui peut faire une différence, lorsque c’est intégré à l’ensemble de nos activités. »

Les messages jouent aussi un rôle important auprès des étudiants qui les reçoivent. M. Nichani raconte que dès qu’il se sent fatigué ou stressé, il pense à cette lettre reçue du résident en médecine d’urgence Ahmed Taher, diplômé de la même école que lui en 2014.

« Exercer la médecine est un privilège et non un droit, a-t-il écrit. Les gens partagent avec nous certaines des parties les plus intimes de leur vie. Nous sommes témoins du miracle de la vie, de la mort, des craintes les plus profondes et des moments les plus sombres qui soient, mais aussi d’immenses réussites. Reconnaître ce privilège peut nous aider à surmonter les longues nuits blanches sans manger, au bord de l’épuisement. »

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