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Des organismes de 12 pays facilitent le financement de la recherche internationale

Le modèle centralisé de financement devrait simplifier l’accès aux fonds de recherche multinationaux.

par NATALIE SAMSON | 04 SEP 15

Le conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) canadien dirige un projet visant à simplifier l’accès au financement de la recherche internationale. La Plateforme transatlantique, un consortium regroupant 17 organismes subventionnaires de 12 pays appuyés par le soutien de la Commission européenne, est dirigée conjoin-tement par le CRSH et par l’Organisation néerlandaise de la recherche scientifique (NWO). Elle vise à faciliter la collaboration internationale en matière de recherche en simplifiant l’accès des chercheurs d’ici et de l’étranger au financement.

« Au Canada, obtenir le financement nécessaire pour faire des travaux à l’étranger n’a jamais été simple, explique Ted Hewitt, président du CRSH et du comité directeur de la Plateforme transatlantique. Vous pouvez faire votre demande auprès des organismes subventionnaires et vous pouvez recevoir de l’argent pour voyager – ce que j’ai moi-même fait [quand j’étais chercheur].

« Vous pouvez faire une demande au CRDI [Centre de recherches pour le développement international] si vous avez un partenaire à l’étranger, poursuit-il. Ou vous pouvez faire une demande à un organisme de l’étranger – et là encore, le financement est bien mince. »

On constate que peu d’argent est versé aux universités canadiennes par les organismes subventionnaires de l’étranger de nos jours, ajoute M. Hewitt. Pour une université de taille moyenne axée sur la recherche, le financement international peut représenter environ un ou deux pour cent d’un budget de recherche avoisinant les 240 millions de dollars – donc environ deux ou trois millions de dollars. Et les investissements canadiens en recherche versés aux établissements étrangers sont comparables.

Le modèle centralisé de financement qu’éla-bore la Plateforme transatlantique devrait être présenté dans le cadre d’un programme pilote au printemps 2016, et tirer parti des processus à la base de l’initiative Au cœur des données numé-riques, un programme de subventions parrainé par dix organismes subventionnaires (dont le CRSH et la NWO) de quatre pays. Le projet a soutenu 36 collaborations internationales au fil de concours organisés en 2009, en 2011 et en 2013.

Selon ce modèle, chaque organisme partenaire versait une somme d’argent dans un fonds commun. Les chercheurs étaient ensuite appelés à soumettre des propositions de projets de recherche faisant appel à de vastes ensembles de données numériques et exigeant une grande collaboration internationale. À la suite d’un examen par les pairs, les participants recevaient une réponse unique des 10 partenaires de l’initiative.

Christopher Cochrane, professeur adjoint de science politique à l’Université de Toronto, a fait partie des bénéficiaires du programme. Avec un financement de près de 450 000 $ sur plus de deux ans, il a mené, avec une équipe de re-cherche interdisciplinaire de 12 personnes, une analyse à grande échelle des délibérations parlementaires depuis les années 1800 au Canada, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

« Je ne pense pas qu’on puisse faciliter davantage la collaboration internationale », souligne M. Cochrane. L’équipe a soumis, sur une plateforme unique, une seule proposition accompagnée du CV de chaque chercheur. À la réception d’un avis centralisé d’approbation, les membres de l’équipe ont reçu des fonds provenant de leur organisme subventionnaire national. Toute question ou préoccupation (comment recevoir la rétro-action des pairs, par exemple) pouvait être transmise aux agents de liaison de l’orga-nisme national, qui coordonnaient les réponses. « Tout s’est déroulé sans heurts », se réjouit M. Cochrane.

La Plateforme transatlantique n’a pas confirmé quels partenaires, parmi les 17, feront partie du programme pilote (ou si d’autres partenaires se joindront à eux). Les organisateurs s’attendent cependant à ce que les fonds de recherche atteignent de 10 millions à 15 millions de dollars lorsque tous les bailleurs de fonds auront contribué. Comme l’initiative Au cœur des données numériques, le programme pilote sera axé sur les projets de recherche numérique.

Le programme pilote ne débutera que dans un an, mais les membres de la Plateforme transatlantique pensent déjà à long terme. En juin, le consortium a organisé des consultations au Congrès des sciences humaines qui se tenait à l’Université d’Ottawa. Les partenaires de la Plateforme et environ 30 universitaires étrangers ont alors été invités à discuter des lacunes en matière de financement sur trois thèmes que le consortium juge prioritaires : la diversité, l’(in)égalité et les différences, les orientations futures de la recherche sur l’environnement et les sociétés résilientes et innovatrices.

On vise ainsi à ce que les bailleurs de fonds, une fois qu’ils auront établi le modèle de financement, puissent rapidement aller de l’avant avec de nouveaux programmes de financement ciblé.

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