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Financement universitaire: le gouvernement fédéral maintient le cap

À l’heure des compressions budgétaires provinciales, le budget fédéral n’a pas non plus grand chose à offrir aux universités.

par LEO CHARBONNEAU + ROSANNA TAMBURRI | 27 MAR 13

À l’heure où les universités souffrent des compressions prévues par nombre de budgets provinciaux, le budget fédéral du 21 mars ne change que peu de choses à leur situation.

« Le budget fédéral de cette année prévoit, comme c’est le cas depuis quelques années, nombre de petites mesures visant la formation et l’enseignement supérieur, dont aucune n’est susceptible de bouleverser l’enseignement postsecondaire », résume Alex Usher, président de Higher Education Strategy Associates, un cabinet-conseil torontois spécialisé en l’enseignement supérieur.

Les trois organismes subventionnaires de recherche se voient attribuer un nouveau financement de 37 millions de dollars, essentiellement pour des programmes précis. Des compressions de même ampleur étant toutefois prévues, leur financement restera inchangé. Quatre-vingts pour cent des 15 millions de dollars alloués au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie iront au Programme d’innovation dans les collèges et la communauté. Les 15 millions de dollars alloués aux Instituts de recherche en santé du Canada serviront à financer la Stratégie de recherche axée sur le patient, tandis que les 7 millions consentis au Conseil de recherches en sciences humaines iront en partie à la recherche axée sur l’intégration des personnes handicapées au marché du travail. L’ampleur des principales subventions à la recherche et du financement des bourses d’études et de recherche restera inchangée.

Le budget fédéral accorde 165 millions de dollars additionnels à Génome Canada, et 225 millions de dollars à la Fondation canadienne pour l’innovation, ce dernier montant provenant des intérêts générés par ses propres fonds.

Les dirigeants universitaires se disent encouragés par le maintien du financement de la recherche. « Malgré les difficultés économiques, le gouvernement n’oublie pas que la recherche universitaire apporte un avantage concurrentiel au Canada », souligne Paul Davidson, président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada.

Le gouvernement fédéral investira par ailleurs 23 millions de dollars sur deux ans pour attirer des étudiants étrangers au Canada, 10 millions allant aux initiatives de marketing et 13 millions au programme Globalink de Mitacs. Ce programme, qui vise à accroître le nombre de stages de recherche pour étudiants étrangers au sein des universités canadiennes, permettra désormais aux étudiants canadiens d’effectuer aussi des stages à l’étranger.

Le principal point du budget fédéral de 2013 réside peut-être dans la réaffectation d’une enveloppe de 300 millions de dollars au programme de subventions canadiennes pour l’emploi, destiné à la formation ou à la réorientation des Canadiens en fonction des besoins du marché du travail. Ces subventions seront allouées pour de courtes durées aux établissements admissibles (collèges communautaires ou professionnels, centres de formation syndicaux, etc.).

Sur la scène provinciale

En raison de la réduction des dépenses provinciales au profit de l’éducation postsecondaire, les universités de tout le Canada sont aux prises avec des déficits croissants. Elles tentent de réduire leurs dépenses, procédant, entre autres, par des mises à pied et par le gel des salaires.

L’Université de Calgary a ainsi annoncé le gel des salaires de ses hauts dirigeants pour un an, dès le 1er juillet 2013. Selon le Calgary Herald, les cadres supérieurs de l’établissement ont en outre fait savoir lors d’un forum public le 21 mars que les programmes attirant le moins grand nombre d’étudiants pourraient être abolis.

Ces mesures découlent de la réduction inattendue de sept pour cent des subventions de fonctionnement dans le budget de 2013 du gouvernement albertain. Le ministre des Finances de cette province, Doug Horner, a précisé que son gouvernement adressera aux universités et aux collèges de la province des « lettres de mandat » énonçant leurs rôles et soulignant le désir du gouvernement de voir un système d’éducation postsecondaire « plus unifié ». À la suite du dépôt de ce budget en mars, professeurs et étudiants ont protesté devant l’Assemblée législative contre les réductions décrétées, y voyant une atteinte à la liberté universitaire.

Prévoyant pour sa part un déficit de 67 millions de dollars, l’Université de l’Alberta a réduit de 1,5 pour cent les dépenses de l’ensemble des départements et des facultés, en plus d’imposer des restrictions en matière de déplacements à la suite du budget provincial déposé en mars. L’Université a également invité ses doyens à formuler des suggestions pour réduire les dépenses et générer des recettes au cours des deux prochaines années. Dans une lettre publiée sur le site Web de l’établissement, la rectrice, Indira Samarasekera et le provost par intérim, Martin Ferguson-Pell, précisent que les doyens ont été invités à proposer, dans l’éventualité d’une réduction de 20 pour cent de leurs budgets, des pistes pour générer des recettes susceptibles de remédier à au moins 10 pour cent du problème.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a déposé en février un budget équilibré prévoyant des coupures de 46 millions de dollars sur trois ans des dépenses consacrées à l’éducation postsecondaire. Cela a contraint l’Université de Victoria à demander à tous ses départements de réduire leurs budgets de quatre pour cent dès le 1er avril.

Le budget saskatchewanais du 20 mars dernier prévoit pour sa part une augmentation de deux pour cent des subventions de fonctionnement aux universités et aux collèges, et de trois pour cent aux établissements d’enseignement technique. Il prévoit en outre la constitution d’une réserve pour la mise sur pied d’un nouveau régime d’épargne-études, le financement d’un programme de bourses d’études et d’un programme de rétention des diplômés, ainsi que l’affectation de fonds à l’apprentissage et au renforcement des compétences. Signalons toutefois qu’avant le dépôt de ce budget largement favorable à l’enseignement supérieur, l’Université de la Saskatchewan a dû prendre des mesures pour contrer son déficit prévu de 44,5 millions de dollars. Depuis novembre 2012, elle a supprimé 50 postes administratifs et de soutien.

Au Québec, après une année tumultueuse de manifestations étudiantes parfois violentes contre la hausse des frais de scolarité et de boycottage des cours, le gouvernement a imposé des coupures de 250 millions de dollars au financement des universités, dont la moitié en 2012-2013, et le reste devant s’étaler sur sept ans.

Enfin, les établissements postsecondaires de l’Ontario, du Manitoba et de plusieurs provinces de l’Atlantique s’attendent à des mesures d’austérité dans les budgets d’avril de leurs provinces respectives.

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