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Hausse du nombre de programmes d’études pour les professionnels des services aux étudiants

Le Canada accuse un retard par rapport aux États-Unis, mais des changements s’opèrent.

par ROSANNA TAMBURRI | 03 OCT 11

Même s’ils travaillent dans l’ombre, les professionnels des affaires étudiantes offrent des services essentiels à la vie universitaire, qu’il s’agisse d’aide financière ou d’hébergement. À mesure que la profession évolue, ils sont de plus en plus nombreux à envisager une formation aux cycles supérieurs, et les universités canadiennes mettent sur pied des programmes de maîtrise et de doctorat pour répondre à leurs besoins.

« C’est stimulant de voir tous ces programmes se mettre en place et de regarder le chemin parcouru depuis 10 ans », a affirmé Donna Hardy Cox lors du congrès annuel de l’Association des services aux étudiants des universités et collèges du Canada tenu l’été dernier. Comme l’explique cette professeure en travail social et en éducation à l’Université Memorial, plusieurs nouveaux programmes aux cycles supérieurs touchant les affaires étudiantes ont vu le jour au cours des dernières années, même si ce champ d’études en est encore à ses balbutiements au Canada.

Selon Tony Chambers, professeur agrégé à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, affilié à l’Université de Toronto, les universités exigent de plus en plus un diplôme d’études aux cycles supérieurs de la part des candidats aux postes relevant des affaires étudiantes. Jusqu’à récemment, ceux qui souhaitaient poursuivre des études aux cycles supérieurs devaient se tourner vers les États-Unis, où l’on retrouve de nombreux programmes ainsi qu’une importante documentation didactique.

« Les programmes d’études liés aux affaires étudiantes existent depuis longtemps aux États-Unis », explique M. Chambers.  Au Canada, c’est un champ d’études relativement jeune qui a toujours été perçu comme « un domaine connexe à la mission centrale des universités », ajoute-t-il, peut-être parce que le système d’enseignement supérieur canadien tire ses racines de la tradition britannique.

Mais le vent tourne. L’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario prévoit lancer cet automne un nouveau programme de maîtrise en éducation spécialisée en affaires étudiantes. L’Institut offre déjà plusieurs cours de maîtrise destinés aux praticiens des services aux étudiants. Le nouveau programme, qui permettra de regrouper tous ces cours, s’adressera autant aux nouveaux venus dans le domaine qu’aux professionnels d’expérience.

Selon Peggy Patterson, professeure de leadership en enseignement supérieur à l’Université de Calgary, la professionnalisation des services aux étudiants gagne en popularité entre autres parce que les résultats d’apprentissage et les évaluations comme l’Enquête nationale sur la participation étudiante, qui scrutent l’expérience étudiante, sont mis à l’avant-plan. « Alors que les gouvernements expriment de plus en plus clairement les résultats qu’ils attendent de l’éducation postsecondaire, une importance croissante est accordée aux apprenants et à leurs acquis », lesquels sont généralement du ressort des services aux étudiants.

La concurrence accrue que se livrent les établissements pour attirer des étudiants contribue également à cette tendance. Par ailleurs, il importe que les personnes qui aspirent à des postes d’administrateur de haut rang possèdent un grade supérieur. « Elles doivent être sur un pied d’égalité avec leurs collègues professeurs », explique Mme Patterson.

Beaucoup de programmes d’études aux cycles supérieurs dans le domaine des services aux étudiants sont offerts à temps partiel et en ligne pour répondre aux besoins des professionnels sur le marché du travail. Les programmes couvrent généralement la théorie du perfectionnement des étudiants, la théorie organisationnelle, ainsi que la gouvernance et le leadership.

Depuis 2010, le campus de Surrey de l’Université Simon Fraser offre un programme de maîtrise en leadership en enseignement avec spécialisation en affaires étudiantes et services aux étudiants. Les cours se donnent la fin de semaine et l’été. Pour  y être admis, il est souvent nécessaire de posséder plusieurs années d’expérience professionnelle. Le programme accueille 20 étudiants issus de différents domaines relevant des services aux étudiants qui comptent de deux à 20 ans d’expérience, précise Michelle Pidgeon, professeure adjointe en éducation.

L’Université Memorial a été parmi les premières à offrir un programme d’études dans le domaine, en 1998. Son programme de maîtrise en études postsecondaires spécialisée en services aux étudiants se donne en ligne. D’autres, comme l’Université de Calgary et l’Université de la Colombie-Britannique, offrent des maîtrises et des doctorats plus généraux en enseignement supérieur. Le Collège Seneca, à Toronto, propose un certificat en affaires étudiantes et services aux étudiants offert en ligne.

Les services aux étudiants se sont diversifiés au cours des dernières années. Ils comptent aujourd’hui plus de 25 sous-spécialités, dont l’admission, les services d’orientation, l’aide financière, l’hébergement et les soins de santé. Certains des travailleurs du domaine sont membres d’un ordre professionnel (infirmiers, avocats), mais on y trouve également des professionnels aux parcours variés.

Un sondage mené l’an dernier auprès des membres du personnel des affaires étudiantes par Mme Hardy Cox et d’autres chercheurs a révélé que 87 pour cent possèdent un baccalauréat, 42 pour cent, une maîtrise, et environ quatre pour cent, un doctorat.

Parmi les titulaires d’un grade de premier cycle, plus de la moitié possédaient un baccalauréat ès arts, tandis que près de la moitié des titulaires d’une maîtrise avaient obtenu leur grade d’une faculté d’éducation. Les participants au sondage étaient majoritairement des femmes, et la plus importante proportion (20,5 pour cent) travaillait en gestion des inscriptions.

Mme Pidgeon, de l’Université Simon Fraser, ne croit pas qu’une maîtrise ou un doctorat en affaires étudiantes sera un jour un préalable pour travailler dans le domaine. Elle prévoit cependant que le Canada continuera de bâtir sa propre documentation didactique au fil de l’évolution de la discipline.

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