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Immigration et diversité à l’honneur au Congrès des sciences humaines

Les participants qui se réuniront à Vancouver cette année sont appelés à « penser au-delà des frontières ».

par LÉO CHARBONNEAU | 07 AVRIL 08

Environ 20 pour cent des Canadiens de moins de 15 ans sont des enfants d’immigrants. Ces Canadiens de deuxième génération sont la cible de beaucoup d’idées préconçues, mais font l’objet d’étonnamment peu de recherches. « Qu’adviendra-t-il de ces enfants? Quel sera leur rapport avec le Canada, et que leur réserve l’avenir? » Voilà les interrogations de Jim Frideres, sociologue à l’Université de Calgary.

Le projet Metropolis, un des partenaires officiels du Congrès des sciences humaines de cette année, se penche sur ces questions et sur nombre d’autres enjeux propres à l’immigration et à la diversité qui sont susceptibles d’avoir une grande incidence sur l’avenir du pays. Dans le cadre de sa participation au Congrès, qui se tiendra à l’Université de la Colombie-Britannique du 31 mai au 8 juin, le projet Metropolis a conjugué ses efforts à ceux de l’Association d’études canadiennes pour préparer un numéro spécial de Canadian Issues/Thèmes canadiens qui portera sur les expériences vécues par des Canadiens de deuxième génération.

Organisé par la Fédération canadienne des sciences humaines, le Congrès est le plus important rassemblement d’universitaires au Canada. Les organisateurs s’attendent à ce que l’événement attire à Vancouver jusqu’à 9 500 participants provenant de 75 sociétés savantes.

Noreen Golfman, présidente de la Fédération, estime que le thème retenu cette année, « Pensée sans frontières : Idées et valeurs mondiales », est assez vaste pour s’adresser à la plupart des chercheurs en sciences humaines, mais qu’il est particulièrement pertinent pour ceux qui s’intéressent à la question de l’immigration et de la diversité. « Qui sommes-nous? Que devenons-nous? Quelle place réservons-nous à cette identité en devenir? Voilà des questions chères aux chercheurs en sciences sociales », ajoute-t-elle.

Quant aux Canadiens de deuxième génération, M. Frideres explique qu’ils n’ont pas été pris en considération en tant que groupe au cours des 30 à 40 dernières années. D’après lui, ce phénomène est en partie attribuable au fait que ces derniers étaient vus comme tous les autres jeunes Canadiens et qu’on supposait qu’ils s’adapteraient sans problème.

Des études datant des années 1970 ou plus tôt semblent corroborer ce point de vue, mais depuis, le contexte a profondément changé. Le Canada accueille désormais beaucoup plus d’immigrants qu’auparavant, et les pays d’origine des nouveaux arrivants ne sont plus les mêmes qu’à l’époque. « Nous ne pouvons pas nous reporter aux recherches précédentes pour comprendre comment les Canadiens de deuxième génération s’adaptent et s’intègrent maintenant à la société », déclare M. Frideres.

Pour cette raison, le projet Metropolis a entrepris de nombreuses recherches sur la question. Grâce au financement de ce projet, M. Frideres étudie actuellement la situation des jeunes Canadiens d’origine asiatique victimes de discrimination et examine leurs réactions à cet égard. Environ le tiers des Canadiens de deuxième génération affirment avoir subi de la discrimination et, de ce tiers, 20 pour cent en gardent de l’amertume. Ce dernier groupe s’exprime de plus en plus – ce que M. Frideres qualifie de « résilience négative » – et, d’après le sociologue, cela pourrait devenir un problème. « Ils risquent de devenir des éléments improductifs de la société. »

Fondé en 1995, le projet Metropolis a récemment reçu un nouveau cycle de financement de 7,5 millions de dollars sur cinq ans du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et de plusieurs organismes et ministères fédéraux. Le CRSH bénéficiera d’une importante représentation au Congrès, en partie parce qu’il profitera de l’occasion pour célébrer son 30e anniversaire.

Au programme du Congrès se trouvent également divers événements spéciaux et des conférenciers, comme Richard Florida, de l’Université de Toronto, Margaret Somerville, éthicienne à l’Université McGill, et Richard Pound, chancelier de l’Université McGill et ancien chef de l’Agence mondiale antidopage.

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