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L’activité sismique canadienne surveillée d’un océan à l’autre

L’Université de Moncton héberge désormais à son campus d’Edmundston une station sismique pouvant enregistrer des secousses de grande ampleur.

par PIERRE BLAIS | 25 FEV 21

L’Université de Moncton a facilité l’installation l’an dernier d’une station sismique dans un bâtiment de son campus d’Edmundston, qui se trouve à cheval sur la Zone sismique Charlevoix (ZSC), la plus élevée de l’Est du Canada. Il s’agit-là de l’un des nombreux maillons d’une opération d’une bien plus vaste envergure : le renouvellement complet du Réseau national sismique canadien (RNSC), amorcé en 2016.

Le RNSC compte plus de 140 appareils sismiques répartis sur l’ensemble du territoire canadien. Certains secteurs plus actifs, notamment celui de la région d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, sont étudiés plus attentivement, ce qui explique qu’elle héberge désormais une station sismique.

Au-delà du renouvellement au cours des dernières années de la quasi-totalité des appareils sismiques canadiens déjà en activité, une trentaine de nouvelles stations permettant l’enregistrement des secousses de grande ampleur (accélérographes) ont également été installées. « C’est le cas de la station d’Edmundston, qui aidera à suivre plus clairement la sismicité de Charlevoix, du Fleuve Saint-Laurent et du Nouveau-Brunswick », explique Claire Perry, chercheuse et sismologue au Service d’information sur les dangers naturels du Canada à Ressources naturelles Canada.

La station sismique a été aménagée au sein de la fondation du pavillon Simon-Larouche de l’Université de Moncton qui donne sur le roc. Photo de l’Université de Moncton.

Un milieu idéal

Si les données recueillies par les appareils sont directement acheminées à Ressources naturelles Canada, le milieu universitaire bénéficie également de l’immense réseau de stations installées au pays. De nombreuses recherches sont complétées grâce à ces informations récoltées d’un océan à l’autre puisque « de nombreux accords existent entre les universités et le gouvernement », renchérit Mme Perry.

Par sa proximité avec le monde scientifique, le milieu universitaire s’avère également un excellent hôte pour un projet de recherche appliqué d’une telle envergure. « La station d’Edmundston est présentement dans la phase d’évaluation technique, pendant laquelle nos experts d’instrumentation réalisent des essais de performance, de latence et de calibration. Elle sera bientôt ajoutée à la liste des stations en production », précise la chercheuse.

Le Nouveau-Brunswick a été le théâtre de quelques secousses majeures au fil du temps, notamment en 1663 où une perturbation aurait été évaluée à 7 sur l’échelle de Richter.

Battre la pandémie de vitesse

Au mois de février 2020, Michel N. Nadeau reçoit un appel d’Ottawa et on lui présente le projet d’accélérographe. Rapidement, le directeur des services administratifs au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton doit identifier un endroit où installer l’appareil. « Nous avons trouvé un local qui répondait à tous les critères, explique-t-il. Mais ce n’est que quelques jours avant que l’Université ne ferme ses portes en mars que nous avons réglé les derniers détails et procédé à l’installation! »

Il y a donc fort à parier que les réflexes de Ressources naturelles Canada et du campus d’Edmundston auront au final sauvé des mois de collecte de données, données qui sont loin d’être anodines puisque la Zone sismique Charlevoix est passablement active, en général.

Le Nouveau-Brunswick, lui-même, a été le théâtre de quelques secousses majeures au fil du temps, par exemple en 1663 (évalué à une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter), en 1855 (5,2), en 1904 (5,9) et en 1982 (5,7).

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