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Le président de la FCI demande un investissement de 750 millions de dollars

Gilles Patry discute défis, priorités et nouveaux programmes.

par LAURA EGGERTSON | 16 DÉC 10

Lors d’une visite récente à l’Université de la Colombie-Britannique, Gilles Patry, président de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), s’est dit impressionné par l’impact visuel des subventions accordées à l’établissement, comme en témoigne la présence de grues un peu partout sur le campus. Aux yeux de l’universitaire nommé président de la FCI en août dernier, ces grues symbolisent l’effet que l’organisme financé par le gouvernement fédéral exerce sur les campus des quatre coins du pays. « L’effet transformateur de la FCI est visible partout », se réjouit-il.

En acceptant le poste de président, M. Patry souhaitait poursuivre cette transformation, a-t-il confié à Affaires universitaires. Il a lui-même été témoin du vent de changement, puisqu’il a été recteur de l’Université d’Ottawa de 2001 à 2008. L’établissement est passé d’une université de deuxième catégorie à une position de chef de file, principalement grâce aux investissements dans l’infrastructure réalisés par la FCI qui ont permis d’attirer la crème des chercheurs et des étudiants. M. Patry cite d’autres exemples parmi les établissements de petite taille et de taille moyenne, comme l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, qui a récemment remporté par voie de concours une très convoitée Chaire d’excellence en recherche du Canada. « Ces réalisations n’auraient sans doute pas été possibles sans l’apport de la FCI », croit M. Patry.

Selon sa formule de financement, la FCI fournit environ 40 pour cent des fonds d’un projet d’infrastructure. Les établissements doivent se tourner vers leur gouvernement provincial et vers d’autres sources pour obtenir les fonds manquants. Ainsi, les quelque 400 millions versés à la UBC par la FCI depuis sa création en 1997 se sont multipliés de façon exponentielle, comme c’est le cas ailleurs également.

Cette formule de financement et les études de mesure des résultats réalisées par la FCI pour évaluer les retombées des projets qu’elle finance ont eu pour effet de rehausser les normes en matière de financement gouvernemental des établissements publics. C’est à un des anciens présidents de la FCI, David Strangway, qu’il accorde le mérite des innovations qui ont valu à la FCI les louanges de KPMG et d’un groupe d’experts internationaux dans le cadre d’une vérification de la maximisation des ressources.

M. Patry admire ces réalisations et n’entend pas changer la façon de procéder, jugeant que sa mission consiste à évaluer et à conjuguer les besoins du fédéral, des provinces et des établissements. Il devra pour ce faire persuader « les gens de l’autre côté de la rue » de son bureau du centre-ville d’Ottawa, c’est-à-dire les députés qui siègent au Parlement, de délier un peu plus les cordons de la bourse.

Le mandat de la FCI a légèrement changé pour tenir compte également des besoins sur le plan du soutien au fonctionnement, une orientation que compte maintenir M. Patry.
En octobre, la Fondation a lancé son tout premier concours visant l’attribution de fonds de fonctionnement. Le programme des Initiatives scientifiques majeures distribuera 185 millions de dollars sur cinq ans pour couvrir 40 pour cent des coûts de fonctionnement, pendant une période d’au plus cinq ans, de grands projets scientifiques déjà financés par la FCI. La Canadian Light Source, à Saskatoon, l’Observatoire de neutrinos de Sudbury, les installations informatiques à haut rendement de Calcul Canada et les observatoires océaniques NEPTUNE et VENUS, sous la gouverne d’Ocean Networks Canada à Victoria, sont autant de projets admissibles.

Le programme s’inscrit dans la subvention de 750 millions de dollars accordée à la FCI lors du budget fédéral de 2009. De ce montant, 600 millions de dollars ont été consacrés à de nouveaux concours, dont 155 millions pour le Fonds de l’avant-garde et le Fonds des initiatives nouvelles, 182 millions pour le Fonds des leaders et 32,5 millions pour un fonds destiné aux collèges.

Les projets financés par le programme des Initiatives scientifiques majeures ne sont pas les seuls en quête de soutien financier au fonctionnement, explique M. Patry. Les recteurs s’engagent à disposer des fonds nécessaires pour exploiter les installations lorsqu’ils présentent une demande de subvention d’infrastructure à la FCI, mais ce n’est pas toujours le cas en pratique, surtout en période de ralentissement économique. Le gouvernement fédéral doit également examiner la situation d’autres grands programmes scientifiques, comme l’Agence spatiale canadienne, ajoute-t-il.

En vue du budget de 2011, M. Patry demande donc au gouvernement fédéral d’investir 750 millions de dollars sur cinq ans dans la FCI, à dépenser à compter de 2013. De ce montant, 150 millions seraient destinés au Fonds d’exploitation des infrastructures de la FCI.

Le président de la Fondation cite en exemple des pays comme la Finlande et la Corée du Sud, qui ont augmenté les investissements publics dans les établissements de recherche et d’éducation pour contrecarrer les effets de la diminution des investissements privés en recherche-développement. Aujourd’hui, ces pays jouissent d’une économie solide et axée sur l’innovation. M. Patry estime que le Canada doit adopter la même stratégie et souligne l’importance de favoriser les partenariats internationaux pour y parvenir. « En cas de crise économique, la solution réside dans la recherche et l’innovation », conclut-il. La FCI a toujours adhéré à ce principe, et le nouveau président n’a pas l’intention de changer une formule gagnante.

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