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Le secteur universitaire réagit favorablement au budget fédéral

par NATALIE SAMSON | 24 MAR 16

La réaction du milieu universitaire au premier budget du gouvernement libéral de Justin Trudeau ne s’est pas fait attendre. En vertu de ce budget du 22 mars, des milliards de dollars profiteront directement et indirectement à l’éducation postsecondaire. Ils contribueront au financement de l’infrastructure, de la recherche et de l’innovation, ainsi qu’à celui de l’aide financière aux étudiants, des emplois pour la jeunesse, de la formation axée sur les compétences et de l’éducation des Autochtones.

« Ce gouvernement comprend que les universités sont les mieux placées pour assurer rapidement la relance de l’économie et la prospérité à long terme par l’entremise de projets d’infrastructure, par la recherche et par la formation d’étudiants possédant les compétences requises », a déclaré Elizabeth Cannon, présidente du conseil d’administration d’Universités Canada et rectrice de l’Université de Calgary. Mme Cannon s’est en particulier réjouie de l’investissement de deux milliards de dollars annoncé au profit d’un nouveau fonds axé sur l’infrastructure stratégique, ainsi que de l’augmentation du financement annuel des organismes subventionnaires de recherche fédéraux. D’après Universités Canada, de 2006 à 2013, le Canada est passé du troisième au huitième rang des pays de l’OCDE pour le financement de la recherche. Selon le président-directeur général d’Universités Canada, Paul Davidson, l’investissement global prévu par le budget au profit de la recherche, de l’innovation et de l’infrastructure montre que le gouvernement comprend que « les universités sont au service des Canadiens et au service de la société ».

Le président du conseil d’administration de la Fédération des sciences humaines, Stephen Toope, considère pour sa part que le budget de 2016 comporte le plus important apport de nouveau financement au profit de la recherche axée sur la découverte depuis plus d’une décennie. Le gouvernement a décidé d’allouer 16 millions de dollars de plus au Conseil de recherches en sciences humaines. M. Toope le félicite d’avoir « pris des mesures visant à rééquilibrer ses investissements de manière à mieux reconnaître les contributions de la recherche en sciences humaines à l’édification de l’avenir du Canada ».

Le président et chef de la direction du Conseil des universités de l’Ontario, David Lindsay, a publié une déclaration dans laquelle il félicite le gouvernement d’avoir déposé un budget qui reflète une « conviction qu’investir au profit des étudiants ainsi que de la recherche et de l’innovation est essentiel au bien-être et à la prospérité au sein de l’économie du savoir d’aujourd’hui et de demain ».

Le directeur général de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), David Robinson, a déclaré que le budget constitue un « bon début », mais qu’il y a « encore beaucoup de rattrapage à faire ». M. Robinson a par contre insisté sur les « lacunes » du budget, déplorant en particulier l’absence de nouvelle aide financière aux étudiants autochtones pour faciliter leur accès à l’éducation postsecondaire.

Les organisations nationales représentant les étudiants ont réagi favorablement à l’amélioration de l’accès à l’aide financière pour les étudiants à faibles ou moyens revenus et pour les étudiants à temps partiel. Elles se sont également réjouies des investissements additionnels au profit des programmes coopératifs, des stages et de l’apprentissage par le travail. Dans un communiqué diffusé par l’Alliance canadienne des associations étudiantes, sa directrice générale par intérim, Viviane Bartlett, a déclaré que les engagements financiers du gouvernement montrent qu’il « comprend le besoin de rendre l’éducation postsecondaire plus abordable et d’appuyer les étudiants en créant des possibilités d’apprentissage par l’expérience ». Le président national de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, Bilan Arte, a pour sa part déclaré que l’apport d’une aide financière aux étudiants autochtones des établissements postsecondaires « est non seulement judicieux pour le Canada sur le plan économique, mais s’impose sur le plan moral dans le cadre de notre engagement à la vérité et à la réconciliation ».

Une analyse préparée par Higher Education Strategy Associates (HESA) souligne que le budget porte l’ensemble du déficit gouvernemental à 29,4 milliards de dollars, soit bien plus que les 10 milliards de dollars promis pendant la campagne électorale de 2015, et même que les 22 milliards prévus à la suite de la mise à jour financière de février. Dans l’ensemble, HESA attribue au budget de bonnes notes, qualifiant les annonces en matière d’aide financière d’« excellentes nouvelles », car génératrices de retombées accélérées et de transparence accrue. HESA applaudit également à l’augmentation du financement des organismes subventionnaires, mais non aux investissements concernant l’infrastructure, qualifiés d’ « étonnamment flous », ou encore des investissements au profit de l’innovation et du développement des compétences, qui, selon l’organisme, trahissent une méconnaissance des enjeux en plus d’être maladroitement formulés.

Budget 2016 et éducation postsecondaire : les chiffres

Infrastructure

Le budget de 2016 prévoit consacrer deux milliards de dollars sur trois ans à un nouveau fonds d’investissement stratégique pour les établissements postsecondaires qui rendra possibles des investissements à court terme couvrant jusqu’à 50 pour cent des frais admissibles pour les projets d’infrastructure des établissements postsecondaires. Mis sur pied conjointement par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, ce fonds pourrait financer des initiatives consistant, par exemple, à convertir des locaux en laboratoires de recherche sur les campus, à mettre sur pied des plateformes d’entrepreneuriat, des accélérateurs d’entreprise ou des centres de valorisation de la recherche, ou encore à rénover des immeubles pour les rendre plus écoénergétiques.

Recherche et innovation

Sur le plan de la recherche et de l’innovation, le gouvernement bonifie de 95 millions de dollars par année le budget des organismes subventionnaires, répartis comme suit : 30 millions aux Instituts de recherche en santé du Canada, 30 millions au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, 16 millions au Conseil de recherches en sciences humaines et 19 millions au Fonds de soutien à la recherche pour les frais indirects que les établissements d’enseignement supérieur doivent engager pour soutenir la recherche financée par le gouvernement fédéral.

Le gouvernement fédéral procède également à des investissements dans les organisations et initiatives suivantes : Génome Canada (237,2 millions en 2016-2017), le programme des Chaires d’excellence en recherche du Canada (20 millions sur huit ans pour la création de deux nouvelles chaires dans le domaine des technologies propres et durables), le programme de recherche visant les eaux douces de Pêches et Océans Canada (197,1 millions sur cinq ans), les réseaux et les grappes d’innovation (800 millions sur quatre ans), la recherche-développement sur les technologies propres (50 millions sur quatre ans à Technologies du développement durable Canada et 82,5 millions sur deux ans à Ressources naturelles Canada), les installations de recherche fédérales (87,2 millions destinés aux laboratoires de Ressources naturelles Canada, 8,7 millions aux projets de l’Agence spatiale canadienne et 18,5 millions au Conseil national de recherches du Canada dans des domaines comme la construction navale, l’exploitation minière en eaux profondes ainsi que la recherche et le sauvetage), l’Institut Périmètre de physique théorique (50 millions sur cinq ans), le Centre for Drug Research and Development (32 millions sur deux ans), le Réseau de cellules souches (12 millions sur deux ans), et le Fonds canadien de recherche sur le cerveau de la Fondation Neuro Canada (20 millions sur trois ans).

Le budget annonce de plus que la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, entreprendra un examen complet de tous les éléments du soutien fédéral à la science fondamentale. L’exercice permettra d’évaluer l’incidence du soutien fédéral sur l’excellence en recherche, les pratiques et les priorités des organismes subventionnaires, les occasions offertes aux nouveaux chefs de file en recherche et les nouvelles possibilités en matière de collaboration dans le domaine de la recherche.

Prêts aux étudiants

Le budget de 2016 propose de majorer de 50 pour cent le programme Bourses d’études canadiennes dont les bourses passeront de 2 000 $ à 3 000 $ par année pour les étudiants de famille à faible revenu, de 800 $ à 1 200 $ par année pour les étudiants de famille à revenu moyen et de 1 200 $ à 1 800 $ par année pour les étudiants à temps partiel. Cette hausse du financement entraîne l’élimination des crédits d’impôt pour études et manuels scolaires à compter du 1er janvier 2017.

Le budget propose également d’augmenter le seuil de remboursement du Programme canadien de prêts aux étudiants afin qu’aucun étudiant n’ait à rembourser son emprunt avant de gagner au moins 25 000 $ par année. Il instaure également une contribution à taux fixe de l’étudiant pour déterminer l’admissibilité aux bourses et aux prêts d’études afin de permettre aux étudiants d’occuper un emploi sans avoir à se soucier de subir une réduction de l’aide financière qu’ils reçoivent.

Emplois et formation des jeunes

Le gouvernement prévoit 73 millions de dollars sur quatre ans pour son initiative de partenariats entre l’industrie et les établissements d’éducation postsecondaire en matière de stages coopératifs. Ce projet appuiera les partenariats entre les employeurs et les établissements d’éducation postsecondaire et permettra d’offrir aux étudiants des possibilités d’apprentissage intégré en mettant l’accent sur les sciences, la technologie, le génie, les mathématiques et les affaires.

Le budget annonce également des investissements destinés au programme de stages Globalinks de Mitacs (14 millions sur deux ans), à la Stratégie emploi jeunesse (165,4 millions additionnels pour la création d’emplois verts, les programmes de transition vers le marché du travail et les emplois dans le secteur du patrimoine), à l’appui de services à l’intention des jeunes (105 millions, des précisions suivront) et à un cadre à l’appui de la formation des apprentis en milieu syndical (85,4 millions sur cinq ans).

Éducation des Autochtones

Le gouvernement fédéral prévoit investir 2,6 milliards de dollars sur cinq ans dans l’éducation primaire et secondaire sur les réserves (cette annonce inclut les fonds déjà alloués lors du budget de 2014). Il annonce également un investissement de 15 millions de dollars sur deux ans afin de lancer un projet pilote Stratégie de formation pour les compétences et l’emploi destinée aux Autochtones et destiné à améliorer la formation en fonction des besoins des collectivités.

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