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ACTUALITÉS

L’éducation postsecondaire au Québec : quelle direction prendre?

Les occasions de réfléchir à l’avenir de l’éducation postsecondaire se multiplient depuis quelques années.

par PASCALE CASTONGUAY | 12 OCT 17

Depuis le Printemps érable qui a marqué l’actualité québécoise en 2012, les acteurs du milieu de l’éducation postsecondaires se sont réunis à plusieurs reprises pour discuter de la direction à prendre, entre autres lors du Sommet de l’enseignement supérieur en 2013. Insatisfait des résultats du Sommet, un groupe représentant 25 organisations a rassemblé plus de 500 artisans de l’éducation postsecondaire au Québec pour les États généraux de l’enseignement supérieur à l’Université Laval le printemps dernier.

Un des objectifs en filigrane des États généraux consistaient à déterminer si les partenaires en enseignement supérieur adhèrent à une vision commune et s’ils sont prêts à se donner les moyens pour la défendre. Le but ultime étant de dresser la liste des souhaits du groupe en vue des élections provinciales québécoises prévues à l’automne 2018.

Selon Sylvain Marois, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), mettre fin à l’austérité, limiter le nombre d’étudiants par classe, réviser l’ensemble des services aux étudiants ainsi que les conditions d’enseignement sont quelques-unes des revendications qui ont été retenues par le groupe.

Celles-ci seront d’ailleurs consignées dans les actes des États généraux qui seront préparés par le comité école et société de la FNEEQ pour ensuite être rendus publics au plus tard au printemps 2018. « Il y a vraiment un objectif de dire : “Voici un projet clé en main si vous voulez répondre aux partenaires de l’enseignement supérieur québécois, voici les orientations nécessaires” », précise M. Marois qui espère que leur voix sera entendue lors de la campagne électorale.

Absence remarquée

Volontairement écarté par les organisateurs, les recteurs et les administrateurs brillaient par leur absence lors de cette rencontre. « C’était une réponse à une activité politique où on avait donné beaucoup de place aux recteurs et aux administrations », explique M. Marois.  « Il y avait vraiment un désir de se parler entre nous pour ensuite diffuser notre message. »

Quoiqu’il y voie certaines limites, Michel Patry, président du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) et directeur de HEC Montréal, ne remet pas en cause la légitimité de cet exercice de concertation visant à permettre aux participants d’exprimer leurs points de vue.

« On ne peut pas empêcher différentes parties prenantes d’avoir des idées sur la meilleure façon d’organiser l’enseignement supérieur, mais si on veut s’approcher des politiques publiques, je pense qu’il va falloir faire intervenir les universités comme établissements, mais également leurs organes, leurs corps professoraux et leurs conseils d’administration », affirme M. Patry.

S’il conçoit difficilement qu’il soit envisageable d’orchestrer « un repositionnement de l’enseignement supérieur sans avoir au moins la perspective des gens qui ont la responsabilité de gérer les ressources humaines importantes et les ressources financières », il ne condamne pas pour autant l’initiative. « On ne peut pas faire un exercice rapide en vase clos, mais ça ne veut pas dire que les universités sont réfractaires à discuter d’aménagement, elles en demandent elles-mêmes. »

Celui-ci voit d’ailleurs les consultations en prévision de la fondation du Conseil des universités comme une occasion de réfléchir à l’orientation générale de l’enseignement supérieur. Perçue comme la chance de faire le ménage dans la division du travail et de clarifier les responsabilités des différents organes liés à l’éducation postsecondaire, les universités québécoises s’entendent sur la pertinence de la création de ce nouveau conseil.

D’ailleurs, via le BCI, l’ensemble des universités propose que le Conseil des universités soit notamment investi de la responsabilité de développer des bases de données qui pourraient être rendues publiques. Le BCI voit notamment cette mesure comme une façon de faciliter le dialogue québécois sur l’évolution des besoins et l’importance de certains enjeux. « L’une des choses qui est apparue dans les débats des dernières années, c’est que sur le même sujet, souvent, on invoquait des sources différentes reposant sur des méthodologies différentes. C’était très difficile d’avoir un portrait cohérent. »

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