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Les administrateurs de Concordia appuient un rapport sur la gouvernance

Certaines recommandations pourraient être mises en œuvre dès l’automne, selon le recteur.

par SYLVAIN COMEAU | 21 JUILLET 11

Voilà un rapport qui ne sera pas relégué aux oubliettes.

C’est le message que voulaient transmettre les administrateurs de l’Université Concordia lors d’une rencontre publique consacrée au rapport d’un comité spécial sur la gouvernance de l’Université, rendu public à la mi-juin. Le recteur et vice-chancelier par intérim de l’établissement, Frederick Lowy, a informé la foule nombreuse et sceptique que les responsables des décisions à Concordia appuyaient les recommandations de ce rapport sans concession.

« En tant que membre du conseil d’administration, je crois que les recommandations qui touchent le conseil d’administration seront adoptées. »

Une des recommandations vise la réduction de la taille du conseil d’administration de 42 à 25 membres, et la création d’un comité spécial qui relèverait du conseil d’administration et aurait droit de regard sur les candidatures au poste de recteur. Par ailleurs, les recommandations touchant la durée des mandats des membres du conseil d’administration et du sénat sont « très susceptibles » d’être adoptées, estime M. Lowy. Dans le passé, ces mandats ont souvent été reconduits au-delà des limites permises.

« Nous résisterons à la tentation de mettre en œuvre uniquement les recommandations qui nous arrangent, car nous savons pertinemment que nous ne sélectionnerions pas les mêmes que tout le monde, poursuit M. Lowy. L’ensemble du rapport doit être pris au sérieux. »

En réponse aux commentaires d’un étudiant en histoire de Concordia, qui craint que le rapport soit « rédigé, dûment annoté, puis rangé sur une tablette », M. Lowy affirme que le conseil d’administration a adopté une motion d’appui au rapport et que le comité directeur du sénat a également manifesté un appui ferme. Selon lui, certaines des recommandations pourraient être mises en œuvre dès l’automne.

Produit par un comité externe d’examen de la gouvernance formé de trois personnes au terme d’une période de consultation de 60 jours, le rapport a été rendu public le 15 juin. Présidé par Bernard Shapiro, ancien principal de l’Université McGill, le comité était également composé de Glen Jones, spécialiste de la gouvernance universitaire provenant de l’Université de Toronto, et d’André C. Côté, ancien commissaire au lobbying du Québec.

M. Lowy a formé le comité à la suite des départs soudains et consécutifs de deux recteurs à mi-mandat. Claude Lajeunesse avait quitté ses fonctions en 2008, puis Judith Woodsworth a fait de même en décembre dernier. M. Lowy, qui avait déjà été recteur de Concordia, a alors été invité à reprendre ses fonctions à titre provisoire, ce qu’il a fait en février.

Bon nombre d’observateurs croient que M. Lajeunesse et Mme Woodsworth et ont eu maille à partir avec le conseil d’administration.

Le conseil d’administration a d’ailleurs essuyé une vague de critiques lors de la rencontre publique. De l’avis de Gene Morrow, étudiant en science politique, « comme 31 des 38 recommandations [du rapport] visent le conseil d’administration, il y a manifestement un problème ». Selon Daniel Dagenais, professeur de sociologie et d’anthropologie, le conseil d’administration « traite le recteur comme son employé ». Plusieurs personnes présentes ont dénoncé la « culture du contentement », tandis que les auteurs du rapport ont utilisé l’expression « culture d’adversité » pour décrire le conflit interne à Concordia.

D’autres, possiblement encouragés par l’optimisme de M. Lowy, estiment que les recommandations du rapport peuvent être bénéfiques et apaiser les tensions. « Si tous font preuve de bonne volonté, le rapport est prometteur », affirme Christopher Ross, professeur à l’École de gestion John Molson et membre du comité directeur du sénat.

Selon Rita De Santis, présidente du comité spécial du conseil d’administration sur la gouvernance, le conseil d’administration « oriente ses efforts dans le même sens que la majorité des recommandations ». Dans une entrevue qu’elle a donnée à la suite de la rencontre, elle a confirmé que le conseil d’administration allait réduire sa taille et mettre en œuvre la très grande majorité des recommandations du rapport, sinon toutes les recommandations. Les membres du conseil d’administration qui sont demeurés en poste au-delà de la durée de leur mandat seront invités à se retirer.

Des mesures visant à renforcer le sénat et la modification de la charte de Concordia afin de redéfinir sa structure de gouvernance et de réaffirmer sa mission font également partie des recommandations. La modification de la charte nécessitera toutefois des consultations auprès de l’Assemblée nationale du Québec. Le rapport demande également au conseil d’administration de ne pas s’immiscer dans la gestion quotidienne de l’Université, car cette pratique sape l’autorité du recteur.

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