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Les athlètes olympiques comptent sur la bienveillance de leurs professeurs

« Nous sommes tous disposés à aider nos étudiants à atteindre leurs objectifs sportifs », déclare une doyenne.

par MARK CARDWELL | 09 FEV 18

Alexandre St-Jean se souvient de sa nervosité lorsque, étudiant en deuxième année en dentisterie à l’Université Laval il y a quatre ans, il est allé voir ses professeurs pour leur dire qu’il faisait partie de l’équipe nationale canadienne de patinage de vitesse et qu’il allait probablement aller aux Jeux olympiques d’hiver de 2014 de Sotchi, en Russie. Autrement dit, qu’il allait manquer beaucoup de cours.

« Nous avions un prof en deuxième année qui donnait trois cours différents, trois cours avec beaucoup de travaux pratiques, relate M. St-Jean dans un récent courriel. Il m’a dit que ce qu’il trouve le plus émouvant au monde c’est de voir un athlète gagner aux Jeux olympiques. L’annonce de mon calendrier de compétition a été beaucoup plus facile par la suite! »

Malgré le fait qu’il ne se soit jamais rendu à Sotchi (il a chuté lors des qualifications), M. St-Jean dit obtenir le même soutien aujourd’hui, alors qu’il se prépare pour participer aux Jeux olympiques d’hiver qui débutent le 9 février à Pyeongchang, en Corée du Sud.

Alexandre St-Jean en action.

« J’ai eu un appui impeccable de la part de la Faculté de médecine dentaire, autant des enseignants que de la direction du programme, affirme ce spécialiste du patinage de vitesse sur longue piste, maintenant à mi-chemin d’un programme de doctorat qu’il espère finir en 2020. Nous avons fait un horaire spécifiquement adapté à mon calendrier de compétition. Malgré cela, le programme demeure exigeant, je n’ai pas de passe-droit et je dois faire le même travail qu’un étudiant régulier. »

D’autres histoires semblables se déroulent sur les campus un peu partout au pays, car deux douzaines d’étudiants universitaires sont parmi les 225 athlètes – 122 hommes et 103 femmes – qui forment l’équipe Canada et qui se préparent à compétitionner à Pyeongchang. Toutefois, comme le précisent les membres du corps professoral qui appuient ces étudiants, accommoder en ce qui concerne les horaires de cours et d’examen en plein milieu de l’année universitaire ne signifie pas faire des passe-droits; les exigences et le rendement universitaires doivent être respectés.

« Nous sommes tous ouverts et disposés à aider nos étudiants à atteindre leurs objectifs sportifs et à réaliser leurs rêves en nous efforçant, autant que faire se peut, de gérer la formation de ces jeunes athlètes et de leur proposer des cours en fonction de leurs horaires de compétition, explique Penny Werthner, doyenne de la Faculté de kinésiologie de l’Université de Calgary. Ils doivent toutefois faire leurs travaux pour obtenir leur diplôme, comme tout le monde. Comme système universitaire, nous devons les aider à acquérir une formation, ainsi qu’une ouverture sur le monde et un esprit critique. »

Ancienne étudiante athlète au 1 500 mètres lors des Jeux olympiques d’été de Montréal en 1976 (et ayant passé les 30 dernières années comme psychologue universitaire et du sport auprès des équipes nationales canadiennes et olympiques), Mme Werthner soutient que les sports d’hiver présentent un plus grand défi du point de vue de l’éducation parce que les étudiants doivent s’entraîner, voyager et compétitionner pendant l’année scolaire. « Les sports d’été, comme l’athlétisme, sont plus faciles à gérer, dit-elle, alors que pour aider et accommoder les étudiants athlètes qui participent aux sports d’hiver, il faut une communication et un effort plus soutenus de la part des professeurs. »

Beth Ali, ancienne étudiante athlète et entraîneuse de hockey sur gazon, est d’accord. Maintenant directrice principale des sports parascolaires et des programmes d’activité physique à l’Université de Toronto, Mme Ali communique avec les professeurs de tous les départements pour discuter de modifications d’horaire pour accommoder les quelque 800 étudiants athlètes qui font partie des 44 équipes de sports universitaires de l’établissement, y compris plusieurs étudiants qui se qualifient pour les Jeux olympiques. Ce qui compte surtout, dit-elle, c’est la compréhension et la souplesse.

« Comme le dit le dicton, il faut un village […], poursuit Mme Ali. Mes collègues universitaires appuient entièrement l’idée que le sport de haut niveau améliore l’expérience étudiante et favorise une vie saine et active ainsi que l’acquisition de compétences en leadership. Toutefois, les étudiants, leurs entraîneurs et leurs réseaux doivent reconnaître notre effort et faire leur part pour que tout fonctionne bien. »

Selon Mme Ali, les concessions les plus fréquentes à faire dans le cas d’athlètes de haut niveau consistent à reporter une date d’examen ou à permettre aux étudiants de faire un examen dans une autre salle sous la surveillance d’un entraîneur ou d’un responsable universitaire. Parallèlement, de nombreux étudiants athlètes suivent moins de cours pendant leur carrière sportive. Il leur faut donc plus de temps pour obtenir leur diplôme, souvent six ans au lieu de quatre pour un baccalauréat. « Nous essayons tous de collaborer et de nous entraider », conclut-elle.

Ce genre de soutien est apprécié par Alex Harvey, étudiant en droit à l’Université Laval et membre de l’équipe olympique canadienne de ski de fond, un des meilleurs espoirs du Canada pour une médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 2018. « La chose la plus importante c’est de planifier à l’avance, autant avec les professeurs et les chargés de cours, qu’avec la direction du programme, écrit M. Harvey dans un courriel envoyé d’Europe où il passe la majeure partie de l’hiver à concourir dans les coupes du monde avant de se rendre aux Jeux en Corée du Sud.

« Les cours en droit ne s’offrent pas par correspondance, je suis l’horaire normal des semestres d’automne et d’été et je fais l’examen final à la même date que mes confrères de classe, mais dans une salle qui se trouve à l’Université de Zurich, dit-il. Parfois, une fois l’examen final terminé, j’envoie un courriel de remerciement au professeur et il m’est arrivé de recevoir en retour un message de félicitations pour une de mes performances en ski. »

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