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Les réfugiés sont une force et non une menace pour le Canada, conclut un Symposium tenu à l’Université York

par BRENNA BAGGS | 20 OCT 16

La Canada est plus fort grâce aux millions de réfugiés qui s’y sont établis, affirme Adrienne Clarkson, ancienne gouverneure générale du Canada, selon qui il faut faire encore davantage pour les aider à s’intégrer dans la dignité.

Mme Clarkson prenait la parole lors du symposium Réimaginer le refuge organisé par l’Université York et Universités Canada le 17 octobre à Toronto. L’histoire de Mme Clarkson, 26e gouverneure générale du Canada, est bien connue. Réfugiée au Canada avec sa famille en 1942, elle est devenue l’une des personnalités publiques les plus influentes au pays. Elle a entre autres été présentatrice à la CBC, auteure et première personne de couleur à occuper les fonctions de gouverneur général.

Mme Clarkson. Photo de York.
Mme Clarkson. Photo de l’Université York.

S’appuyant sur sa propre expérience, Mme Clarkson a expliqué que le traumatisme vécu par les réfugiés les rend plus résilients et capables d’envisager la complexité sous un tout autre angle. Comme ils doivent compter sur la gentillesse et l’ouverture des autres, les réfugiés savent ce qu’est la bienveillance et deviennent des citoyens généreux animés d’un esprit communautaire. Leur présence parmi nous renforce le tissu social, estime Mme Clarkson.

Tout en se réjouissant de l’esprit communautaire et de l’ouverture qui caractérisent la société canadienne, Mme Clarkson a rappelé que bon nombre de réfugiés vivent dans l’indignité et l’isolement.

Elle a proposé deux solutions pratiques pour améliorer le processus de réinstallation : éliminer les obstacles auxquels se heurtent les réfugiés qui souhaitent faire venir leur famille au Canada, et encourager les associations professionnelles à reconnaître plus rapidement les titres de compétences étrangers. Des immigrants qualifiés abandonnent souvent leur profession pour occuper un emploi moins spécialisé, parce qu’ils n’arrivent pas à faire reconnaître leur diplôme au Canada.

La table ronde qui a suivi l’allocution de Mme Clarkson a repris ce thème : même si le Canada accueille environ 12 000 réfugiés par an et que le gouvernement fédéral s’est engagé à accueillir 25 000 réfugiés syriens l’hiver dernier, les participants à la table ronde ont convenu qu’il y avait encore beaucoup à faire devant la crise mondiale des migrants.

Jennifer Hyndman, directrice du Centre for Refugee Studies de l’Université York, a rappelé à l’auditoire que seule une minorité de demandeurs d’asile parviennent à se réinstaller au Canada ou ailleurs dans le monde. Plus des trois quarts des réfugiés sont prisonniers de camps de réfugiés quasi permanents et plongés dans une grande insécurité.

Etudiants du Centre for Refugee Studies de l’Université York discutent des solutions pour les réfugiés. Photo de l’Université York.
Étudiants du Centre for Refugee Studies de l’Université York discutent des solutions pour les réfugiés. Photo de l’Université York.

Le Canada peut être fier de son modèle unique de parrainage privé des réfugiés – plus de 200 000 ont ainsi pu s’établir au pays –, mais le manque de recherche officielle et de connaissances sur ce modèle fait en sorte qu’il est difficile de le reproduire ailleurs, a fait remarquer Mme Hyndman.

Loly Rico, fondatrice du FCJ Refugee Centre et présidente du Conseil canadien pour les réfugiés, qui a elle-même fui le Salvador il y a plus de 20 ans, a fait un vibrant plaidoyer en faveur de politiques d’immigration plus humaines qui mettront fin à la détention, en particulier pour les jeunes.

À la fin de la table ronde, lorsqu’on leur a demandé quels changements ils avaient observés dans le cadre de leur travail auprès des réfugiés depuis des dizaines d’années, les participants (Mme Hyndman, Mme Rico et Mary Jo Leddy, du service aux réfugiés Romero House) ont cité les attentats du 11 septembre 2001 comme ayant été un tournant décisif dans la perception qu’ont le public et les politiciens des réfugiés. Depuis ce jour de l’attaque contre le World Trade Center, les réfugiés sont souvent perçus comme des menaces à la sécurité plutôt que des personnes en quête de sécurité.

À la fin d’un après-midi consacré aux enjeux liés à l’immigration forcée à l’échelle locale, nationale et internationale, le symposium s’est conclu sur une affirmation du pouvoir de l’action communautaire et individuelle. Depuis plus de 30 ans, Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) permet à des étudiants réfugiés de venir étudier au Canada grâce à des parrainages privés dirigés par des étudiants d’ici. Lors d’une réception pour souligner le travail exceptionnel des comités d’EUMC sur les campus de la région de Toronto, des dirigeants étudiants de l’Université York ont raconté comment ils avaient réussi cette année à faire venir plus d’étudiants que jamais grâce à leurs efforts et à l’apport du milieu universitaire.

Le symposium Réimaginer le refuge s’inscrivait dans la série de conférences Convergences organisées par des universités de partout au Canada en 2016 pour favoriser la réflexion et le dialogue sur des enjeux stratégiques de première importante pour l’avenir du Canada. L’allocution de Mme Clarkson a été diffusée en direct et peut être visionnée au facebook.com/univcanada. D’autres conférences de la série Convergences sont prévues à Halifax et à Québec, avec pour thèmes respectifs l’entrepreneuriat et la gestion sécuritaire des ressources hydriques.

Complément d’information : http://www.univcan.ca/fr/convergences/

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