Passer au contenu principal
Actualités

Les spécialistes des sciences humaines doivent se vendre

Des experts de quatre pays ont exprimé la même opinion lors de l’assemblée générale de la Fédération canadienne des sciences humaines

par DANIEL DROLET | 06 AVRIL 09

Un groupe d’experts étrangers en convient : les spécialistes des sciences humaines de partout au monde doivent mieux se vendre. Reste à savoir comment faire.

Quatre spécialistes des sciences humaines – provenant de l’Australie, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis – ont participé à une discussion de groupe sur l’importance de la recherche en sciences humaines, dans le cadre de l’assemblée générale de la Fédération canadienne des sciences humaines tenue la Fédération canadienne des sciences humaines à Ottawa le 7 mars dernier.

« Il y a de quoi se préoccuper si on ne peut expliquer ce qu’on fait et pourquoi on le fait », affirme Steven Wheatley, vice-président du Conseil des sociétés savantes des États-Unis.

Miriam David, présidente de l’Académie des sciences sociales du Royaume-Uni, laisse entendre que les spécialistes des sciences humaines doi-vent apprendre à communiquer leurs idées par différents moyens, et non seulement dans les revues savantes. Rüdiger Klein, directeur général du Regroupement des académies européennes, aux Pays-Bas, ajoute que les chercheurs en sciences humaines doivent apprendre à voir grand. Les sciences pures, à son avis, ont fait mieux en ma-tière de relations publiques.

Le public comprend peut-être plus facilement l’importance des chercheurs en sciences pures, avance John Byron, directeur général de l’Académie australienne des sciences humaines. La science est perçue comme étant complexe parce qu’elle ne fait pas partie du quotidien de la majorité des gens, contrairement aux concepts sur lesquels se penchent les spécialistes des sciences humaines. « Le caractère familier de notre domaine nous désavantage. »

Une autre partie du problème vient du fait qu’il faut prouver aux politiciens et à la population la pertinence de mener des travaux qui ne donnent pas de résultats concrets dans l’immédiat; il arrive parfois que des occasions de le faire se présentent.

Une de ces occasions s’est présentée lors du tsunami dévastateur qui a frappé l’océan Indien en décembre 2004. L’Australie a immédiatement envoyé des équipes médicales dans les secteurs dévastés, mais le travail était paralysé par le fait qu’aucun membre de l’équipe australienne ne maîtrisait la langue parlée à Sumatra. Cela a permis de démontrer l’importance de développer les capacités en sciences humaines, indique M. Byron, prévenant néanmoins qu’il faut du temps pour renforcer les capacités dans des domaines comme les langues.

Les décideurs n’ont pas toujours eu besoin d’être convaincus. M. Wheatley des États-Unis a étonné l’auditoire en présentant une citation sur l’importance de la recherche en sciences humaines, « Chaque réalisation en sciences humaines est une étape essentielle dans les progrès d’un pays », et en révélant ensuite que cette phrase avait été prononcée en 1970 par Richard Nixon, alors président des États-Unis. « Aujourd’hui, ajoute-t-il, nous devons sans cesse plaider notre cause auprès de la population. »

 

COMMENTAIRES
Laisser un commentaire
University Affairs moderates all comments according to the following guidelines. If approved, comments generally appear within one business day. We may republish particularly insightful remarks in our print edition or elsewhere.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Click to fill out a quick survey