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Les sports universitaires sur la ligne de départ

Les quatre conférences régionales du sport universitaire canadien ont annoncé un calendrier abrégé pour la saison 2021-2022.

par MARK CARDWELL | 12 JUILLET 21

En étant nommé directeur général du programme de sports et de loisirs de l’Université de la Colombie-Britannique en mars 2020 et en prenant les commandes des Thunderbirds, l’une des équipes sportives les plus grandes et les plus couronnées de l’histoire du sport universitaire canadien, Kavie Toor estime avoir décroché l’emploi de ses rêves.

La pandémie ayant mené à l’imposition de l’état d’urgence provincial dès son deuxième jour de travail, les 26 équipes et les 700 étudiants-athlètes des Thunderbirds n’ont toujours pas foulé le terrain depuis le début de son mandat.

« Il n’y a pas eu de transition, nous sommes passés directement en mode crise », s’est souvenu M. Toor, qui fait aussi partie du groupe de travail mis sur pied par l’Université pour répondre à la crise sanitaire. « Nous avons immédiatement annulé tous les matchs de nos équipes, au milieu de leur saison. Puis, la saison d’automne a été annulée, et celle d’hiver. C’était une année complètement folle. »

Mais à mesure que la pandémie s’estompe et que les universités planifient un retour en personne complet ou partiel cet automne, M. Toor espère voir enfin ses équipes adorées revêtir le bleu et l’or sur le terrain.

Des athlètes à l’entraînement. Photo courtoisie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Dans les derniers jours, les quatre associations ou conférences régionales indépendantes dirigées par les membres, qui représentent 56 universités canadiennes, ont annoncé leur calendrier de ligue et de championnat pour l’ensemble de la saison 2021-2022, qui comprend toutefois certaines restrictions liées à la COVID-19.

Dans la même foulée, U Sports, l’organisme national qui gère le sport universitaire canadien, a annoncé les dates des championnats nationaux de la plupart des sports d’automne et d’hiver. Les sports d’automne incluent le soccer, le rugby, le cross-country, le hockey sur gazon et le football, dont la finale de la Coupe Vanier est prévue le 4 décembre à l’Université Laval à Québec. Les sports d’hiver comprennent le volleyball, le basketball, la natation et le hockey.

« L’annulation des sports et des loisirs a été difficile pour tout le monde : les diplômés, les étudiants, la collectivité, mais particulièrement pour les entraîneurs et les étudiants-athlètes, dont la carrière sportive est courte, a affirmé M. Toor. Le temps d’arrêt a été très long, et tout le monde a hâte de retourner sur le terrain. »

Ce sentiment est partagé par les services et les organismes de sport universitaire de partout au Canada. « Nous collaborons depuis des mois avec les membres de notre conférence pour préparer les calendriers en prévision du retour au jeu », a mentionné John Bower, directeur du marketing et des communications à U Sports. « Le plus difficile est d’allouer assez de temps aux équipes pour se préparer à la reprise et aux étudiants-athlètes pour se remettre en forme en vue des compétitions. »

Selon M. Bower, qui est d’ailleurs le petit-fils du gardien intronisé au Temple de la renommée Johnny Bower, les quatre conférences régionales, soit Sport universitaire de l’Atlantique, l’Association sportive universitaire de l’Ouest canadien, Sports universitaires de l’Ontario (OUA) et le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), ont adopté des calendriers abrégés pour l’automne, qui prévoient des camps d’entraînement tardifs, plus de matchs régionaux et moins de rencontres éliminatoires.

« Les camps qui commencent normalement à la mi-août ont été repoussés au début de septembre, qui est le coup d’envoi habituel de la saison régulière, afin de permettre aux athlètes de se préparer et de respecter les mesures d’isolement liées à la COVID-19, a expliqué M. Bower. Comme les calendriers de conférence sont établis à rebours à partir des dates prévues des championnats nationaux, le nombre de matchs de saison régulière et de série éliminatoire a été réduit. »

Les répercussions de la pandémie sur les équipes sportives universitaires, qui sont en grande partie financées par les frais afférents payés par les étudiants, la location des installations et les camps de jour, combinées au caractère imprévisible de la crise sanitaire, ont mené à une augmentation des affrontements régionaux dans la programmation afin de réduire les frais de transport et l’exposition potentielle des étudiants-athlètes à la COVID-19.

En Ontario, l’OUA a par exemple fractionné la province en deux moitiés presque égales et les équipes jouent dans deux ou trois divisions, selon le sport, à l’intérieur de leur zone géographique. « Nous faisons un peu comme la LNH cette année », a avancé Gord Grace, président-directeur général de l’OUA, qui regroupe 20 universités, 23 sports et plus de 10 000 étudiants-athlètes, ce qui en fait la plus grande conférence de sport universitaire en Amérique du Nord. « Il y a certaines disparités dans la taille des universités et la force des équipes, mais tout le monde sait que c’est ce qui doit être fait pour que les compétitions reprennent. »

Photo courtoisie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Rocky Olfert est d’accord. « En ce moment, nous avons le feu vert pour un retour au jeu et tout le monde (athlètes, étudiants, diplômés, établissements et commanditaires) trépigne d’impatience », a affirmé M. Olfert, directeur général de la conférence de l’Ouest du Canada, qui compte 17 membres. « Mais il faut le faire de façon sécuritaire et réaliste. »

Il ajoute que c’est principalement pour cette raison que la conférence a annoncé un calendrier automnal où, pour la plupart des 211 programmes sportifs et des 3 500 étudiants-athlètes répartis dans 14 sports, 80 pour cent ou plus des matchs seront disputés à l’intérieur de la province ou de la région, à l’exception du hockey et du football, qui requièrent plus de déplacements.

Bien que la majorité des conférences espèrent et planifient accueillir des spectateurs dans les estrades, la décision reviendra aux autorités de santé publique provinciales. Au Québec, par exemple, où le RSEQ a annoncé des calendriers automnaux complets avec des restrictions régionales à tous les niveaux scolaires, dont une saison de football universitaire entière de huit matchs qui débutera le 28 août, le gouvernement provincial n’a pas encore autorisé la présence de spectateurs aux événements sportifs scolaires.

De son côté, Tim Maloney, directeur général des sports et des loisirs à l’Université Dalhousie à Halifax, est à la fois optimiste et confiant que ses 300 étudiants-athlètes, répartis dans 16 équipes, affronteront leurs 10 universités rivales de la conférence de l’Atlantique cet automne.

« C’est un signe du retour à la normale que tout le monde attendait, surtout nos étudiants-athlètes », a soutenu M. Maloney, lui-même un ancien étudiant-athlète. « La pandémie a éprouvé leur caractère et leur résilience. Je crois qu’elle a aidé à renforcer l’importance du sport dans leur vie. Celui-ci leur procure une structure et des liens privilégiés avec les entraîneurs et les coéquipiers, que ce soit à la piscine, au gymnase ou sur la piste. Je suis heureux pour eux, alors qu’ils se préparent à reprendre la compétition. »

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