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Les universités multiplient les efforts en matière de santé mentale

La santé mentale des étudiants est une priorité.

par JENEFER CURTIS | 14 NOV 12

Parce que les jeunes d’âge universitaire sont parmi les plus vulnérables aux problèmes de santé mentale, les universités canadiennes prennent des mesures concrètes pour lutter contre ces problèmes sur les campus.

« Bon nombre d’universités reconnaissent qu’elles doivent agir dès maintenant », affirme Robert Campbell, recteur de l’Université Mount Allison et président d’un groupe de travail sur la santé mentale composé de sept recteurs.

« Elles connaissent les statistiques – 75 pour cent des problèmes de santé mentale surgissent avant l’âge de 25 ans, par exemple – et tentent d’apporter des changements en fonction du contexte, des ressources et des besoins qui leur sont propres. »

Dans bien des cas, les universités mettent déjà en place des stratégies et des politiques relatives aux problèmes de santé mentale des étudiants depuis quelques années. Or, une série de suicides survenus à l’Université Queen’s en 2010-2011 a propulsé cet enjeu au sommet de leurs priorités.

L’hiver dernier, l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) a organisé un atelier sur la santé mentale qui s’adressait aux dirigeants universitaires. À la suite de cet atelier, les recteurs ont mis sur pied un groupe de travail dans le but de préciser et d’énoncer les responsabilités et les mesures appropriées des universités relativement à tous les aspects de la santé mentale des étudiants. Le groupe a élaboré une liste de vérification ainsi qu’un ensemble d’outils, comprenant une bibliographie, pour guider les chefs d’établissement à titre de responsables de la stratégie de leur établissement en matière de santé mentale. Tous deux sont hébergés sur un portail Web réservé aux membres de l’AUCC.

Bon nombre d’universités centrent leurs initiatives sur la conception d’une stratégie ou un d’cadre précis. La commission sur la santé mentale de l’Université Queen’s procède à de vastes consultations afin de préparer la stratégie qu’elle présentera cette année. En octobre, l’Université Mount Royal a invité les membres de son personnel à deux rencontres visant à élaborer une stratégie relativement à la santé mentale des étudiants.

L’Université Ryerson a déjà mis sur pied un comité consultatif sur la santé mentale au sein duquel quatre groupes de travail collaborent afin d’élaborer une stratégie. L’Université Carleton s’était également penchée sur ce dossier bien avant l’initiative de l’AUCC. Son document de service intitulé Cadre conceptuel de la santé mentale des étudiants : guide pour soutenir les étudiants en détresse, publié en 2009, était d’une qualité telle que l’Association canadienne du personnel administratif universitaire lui a décerné le premier prix national dans le cadre de ses Prix de la qualité et de la productivité en 2011.

Certaines des pratiques exemplaires qu’adoptent les universités permettent de cerner la détresse des étudiants très tôt au cours de leur intégration à l’université. Le programme Early Alert de l’Université de la Colombie-Britannique, par exemple, montre aux étudiants ou aux membres du personnel comment déceler très tôt les changements dans les comportements d’un étudiant et demander l’intervention d’un conseiller qualifié. Le conseiller prend ensuite contact avec l’étudiant qui semble avoir besoin d’aide afin de discuter avec lui.

« Les conseillers du programme vont à la rencontre des étudiants à un moment où ils peuvent se sentir craintifs à l’idée de demander de l’aide », explique Janet Teasdale, directrice principale, Développement et services aux étudiants à l’Université de la Colombie-Britannique.

Il existe de plus en plus de programmes de formation pour les dirigeants universitaires. Le cadre conceptuel de l’Université Carleton propose quatre niveaux de formation destinés à différents publics selon le degré et le type d’interaction avec les étudiants. L’Université Wilfrid Laurier consacre une partie de la subvention de 40 000 $, reçue cet automne de la part de l’initiative Cause pour la cause de Bell Canada, à l’élaboration d’un programme de formation et de sensibilisation en santé mentale afin d’aider professeurs, membres du personnel et étudiants.

« Les bons outils sont nécessaires pour soutenir les étudiants de façon appropriée », affirme Adrienne Luft, dont le rôle à titre de directrice de l’équipe de soutien aux étudiants en santé mentale à l’Université Wilfrid Laurier témoigne d’une pratique émergente : la création de nouveaux postes, sur les campus, dont les titulaires sont chargés de la création et de la mise en œuvre d’initiatives en santé mentale.

Beaucoup d’universités ajustent leurs mesures de soutien aux besoins des facultés, particulièrement celles où les risques de problèmes de santé mentale sont élevés et où les étudiants préfèrent une aide adaptée à leur champ d’études. La Faculté de médecine de l’Université de Montréal, par exemple, a créé le Bureau d’aide aux étudiants et résidents principalement pour aider les étudiants et les résidents en médecine. « Les étudiants et les résidents en médecine sont généralement très timides lorsqu’il s’agit de demander de l’aide », répond Mathieu Filion Rivest, porte-parole de l’Université de Montréal, lorsqu’on lui demande les raisons qui ont mené à la création du bureau.

D’autres initiatives comme des programmes de sensibilisation entre pairs, des services de tutorat et des programmes d’orientation permettent de réduire la pression qu’impose le trimestre d’automne aux étudiants de première année. Des chefs d’établissements rédigent des lettres ouvertes et prononcent des discours afin d’éliminer les préjugés relatifs à la maladie mentale qui, selon ceux qui en souffrent, sont pires encore que la maladie elle-même. Comme l’a écrit David Docherty, recteur de l’Université Mount Royal, dans une récente lettre ouverte, « Nous devons envisager les problèmes de santé mentale de la même façon que les problèmes de santé physique : ils sont véritables, ils sont naturels et ils sont curables. »

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