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Les universités se disent « encouragées » par le rapport du groupe d’experts sur la R-D

Les propositions visant la restructuration du CNRC, les stages et le maintien du financement des organismes subventionnaires sont bien accueillies.

par ROSANNA TAMBURRI | 07 NOV 11

Les universités ont accueilli favorablement le rapport du groupe d’experts sur la recherche-développement (R-D) mis sur pied par le fédéral. Le rapport recommande la création d’un organisme subventionnaire axé sur l’industrie, la restructuration du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et la création d’un programme fédéral élargi de stages destinés aux étudiants universitaires.

« Du point de vue des universités, le rapport est résolument encourageant, constate Mo Elbe-stawi, vice-recteur à la recherche et aux affaires internationales de l’Université McMaster. Les universités peuvent miser sur un certain nombre de recommandations. »

Le groupe d’experts a été mis sur pied l’an dernier pour procéder à l’examen des dépenses fédérales de plus de six milliards de dollars sous forme d’incitatifs fiscaux et de programmes visant à soutenir la R D en entreprise. Dirigé par Tom Jenkins, président d’OpenText Corp., le groupe d’experts a analysé 60 programmes répartis dans 17 ministères et organismes gouvernementaux.

Même si le rapport propose principalement des moyens de rationaliser l’éventail complexe de programmes destinés à stimuler la R-D en entreprise, un certain nombre de recommandations auront des conséquences directes sur les universités si elles sont adoptées. La principale porte sur la restructuration du CNRC. Le rôle du Conseil est devenu trop large et trop flou, explique le rapport.

Le groupe d’experts recommande de transformer, au cours des cinq prochaines années, la plupart des instituts du CNRC en un réseau de centres de recherche de grande envergure faisant appel à la participation des entreprises, des universités et des provinces. Ces instituts, axés sur les entreprises, deviendraient des organisations de recherche indépendantes à but non lucratif. Ceux qui effectuent de la recherche fondamentale seraient affiliés aux universités, et ceux qui sont investis d’un mandat de politique publique seraient transférés au ministère approprié. La direction que prendrait chaque institut relèverait toutefois du CNRC.

Le CNRC a déjà amorcé cette transformation. « Nous leur demandons de procéder à une transformation plus en profondeur, et de le faire plus rapidement », a expliqué M. Jenkins lors d’une téléconférence avec des représentants des médias. Selon lui, ces changements se traduiront par des instituts de plus grande taille et mieux financés.

Dans son rapport, le groupe d’experts explique que le Canada doit adopter une nouvelle démarche en matière de partenariats public-privé en recherche. Une fois restructuré, le CNRC aurait un rôle à jouer à ce chapitre, à l’instar du système d’instituts Fraunhofer en Allemagne. Ce réseau regroupe 60 instituts à but non lucratif où de la recherche appliquée est majoritairement effectuée par des étudiants au doctorat et des professeurs en partenariat avec des entreprises.

M. Jenkins rappelle toutefois que ces changements prendront du temps. « Nos attentes quant à la vitesse de transformation du CNRC doivent rester modestes. Il ne s’agit pas d’un changement qui peut s’opérer du jour au lendemain, mais c’est sans contredit la voie à suivre. »

Le groupe d’experts recommande également la création du Conseil sur la recherche et l’innovation industrielles (CRII), un organisme subventionnaire chargé de superviser les programmes de R-D en entreprise du gouvernement. Cet organisme serait responsable de la prestation de programmes existants et de quelques nouveautés. Le groupe d’experts a proposé entre autres de mettre sur pied un programme pilote de bons de commercialisation similaire aux programmes qui existent en Alberta, à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse. Ces bons seraient remis aux PME afin de les aider à assumer les coûts des services de commercialisation. Ils pourraient être échangés auprès de diverses organisations, dont des établissements d’éducation postsecondaire. Beaucoup d’entreprises ignorent le vaste éventail de projets de recherche en cours dans les universités, explique M. Elbestawi. Le programme de bons de commercialisation permettrait de mieux faire connaître les services offerts.

Le CRII collaborerait également avec des partenaires fédéraux à la consolidation et à l’élargissement des programmes de stages en industrie et d’emploi pour les jeunes en vue de créer un programme plus souple destiné aux étudiants universitaires de tous niveaux ainsi qu’aux chercheurs postdoctoraux. De l’avis de M. Elbestawi, cette proposition mènerait dans les faits à la création d’un programme coopératif national. « Cette idée me plaît énormément. » En plus d’accroître les occasions d’apprentissage par la pratique, ce programme permettrait aux étudiants de bénéficier d’un encadrement et de parfaire leurs compétences en entreprise.

Le rapport, soumis au ministre d’État (Sciences et Technologie), Gary Goodyear, à la fin d’octobre, se démarque également par l’absence de recommandation visant des modifications au financement du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, du Conseil de recherches en sciences humaines et des Instituts de recherche en santé du Canada. Le groupe d’expert demande au gouvernement de s’engager à investir dans la recherche fondamentale en offrant un financement concurrentiel à l’échelle internationale, mais il recommande également de préciser la mission des organismes subventionnaires.

« Les organismes subventionnaires ont joué un rôle central dans le développement des talents et des idées pour le programme d’innovation du Canada, indique le rapport. Leur principale raison d’être était, et demeure, la recherche fondamentale et appliquée initiée par des chercheurs; chacun de ces organismes doit continuer de recevoir une aide généreuse. Toutefois, la mission des organismes subventionnaires a changé lorsqu’ils ont répondu à la pression exercée par le gouvernement afin qu’ils s’orientent davantage vers les entreprises. »

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