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L’ISMER : la perle de l’UQAR

L’Institut des sciences de la mer de Rimouski célèbre ses 20 ans, sa directrice explique l’ampleur qu’il a pris au fil du temps.

par PIERRE BLAIS | 14 MAR 19

Voilà bientôt une cinquantaine d’années que l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) se démarque grâce à son programme d’océanographie. Les reconnaissances proviennent des quatre coins du monde et la recherche scientifique est fructueuse. Cette position de leader mondial est fort enviable, mais présente également son lot de défis et de responsabilités : comme tout leadership, la recette n’est écrite dans aucun livre. Malgré toute cette pression, l’UQAR réussit à faire lever le gâteau!

L’université rimouskoise a lancé ses premiers travaux de recherche liés à l’océanographie en 1973, peu de temps après avoir scellé un partenariat avec l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Plus de 25 années ont passé avant que survienne la fusion entre le Département d’océanographie de l’UQAR et le centre INRS-Océanologie qui a mené à la création, en 1999, de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER).

Depuis les tout débuts, on y développe « la science de la mer, des océans et des zones côtières. On compte plusieurs facultés en une seule », souligne Ariane Plourde, directrice de l’ISMER. Elle fait alors référence aux diverses disciplines qui jouent un rôle dans les recherches touchant les océans, par exemple la chimie, la physique et la géologie.

On essaie alors d’y comprendre une foule de phénomènes liés aux océans, aussi variés que les changements climatiques, les transformations de la terre et des océans ainsi que les déplacements de bancs de poissons, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le Coriolis II, un navire ultramoderne de 50 mètres, a été mis en activité à l’automne 2002 et a ainsi redonné aux chercheurs un accès aux eaux côtières de l’Est du Canada. Photo : UQAR-ISMER.

Interdisciplinarité incontournable

Mme Plourde vante le climat de collaboration et d’interdisciplinarité qui dicte le quotidien de ses équipes. Une collaboration qui a permis à l’UQAR d’acquérir ses lettres de noblesse aux yeux de la communauté scientifique.

« En océanographie, notre positionnement est de longue date. L’UQAR, à sa création, avait identifié ce domaine comme l’un de ceux à privilégier en raison de la nordicité québécoise et de l’importance du développement régional », explique celle qui constate que les recherches effectuées à l’établissement du Bas-Saint-Laurent ont effectivement un impact majeur sur la collectivité rimouskoise, sans oublier évidemment le rayonnement de l’Université un peu partout dans le monde.

Cette notoriété croît d’ailleurs régulièrement, au fil des recherches et des découvertes. Récemment, la réputée revue Oceanography a même consacré un de ses numéros à une expédition dirigée par les chercheurs de l’UQAR en Argentine. « Nos professeurs sont décorés à l’international. On a démontré la qualité de notre recherche maintes fois, si bien qu’on réussit à obtenir d’importantes sommes en financement », précise Mme Plourde, avant de mentionner le récent appui de cinq millions de dollars de la part du Réseau Québec Maritimes (RQM), qui vise à regrouper les chercheurs du domaine dans la province.

Le succès a un coût

Ceci étant, la renommée, tant locale qu’internationale, ne s’acquiert pas sans relever quelques défis. « La croissance! », identifie d’emblée la directrice. Il s’agit-là du défi de plusieurs entreprises et organismes qui se retrouvent en situation de succès. « Nous sommes passés de 14 à 23 professeurs au cours des années, et c’est un excellent indice de la performance de nos chercheurs », affirme-t-elle sans détour. « Le financement est au rendez-vous depuis quelques années et devient aussi plus facile à aller chercher lorsqu’on est performant. On peut présenter des demandes à des programmes majeurs, ce qu’on ne faisait pas auparavant. Et là, la roue se met à tourner. »

Cette roue mène « à des collaborations internationales. À des collaborations interdisciplinaires également. Bref, un travail décloisonné qui amène une diversité de points de vue qui permet de faire avancer les choses » davantage que si le travail était réalisé en vase clos. « Les universités poussent beaucoup pour la collaboration internationale, car on peut rapidement colliger énormément d’information », ajoute Mme Plourde.

L’UQAR bien en vue

Tous ces succès permettent à l’ISMER de se démarquer à l’échelle mondiale. Ce qui explique qu’il soit en mesure d’attirer une importante quantité d’étudiants étrangers. « Ce n’est pas nécessairement un objectif, mais une réalité. Nos étudiants sont à 50 pour cent de l’étranger », relate-t-elle au sujet de cohortes complètes généralement composées d’une centaine d’étudiants.

Si elle avait une baguette magique entre les mains, Mme Plourde ferait d’ailleurs en sorte d’augmenter le nombre d’étudiants d’ici. « On travaille également fort à ce que les Québécois s’intéressent au domaine, car il y a des besoins localement. On travaille avec les ministères, mais aussi directement avec l’industrie », explique celle qui évoque notamment l’évaluation des stocks de poissons et l’acoustique, comme étant des sphères prometteuses pour les prochaines années.

Reste à voir si l’offre pourra suivre la demande, car pour l’instant, la baguette magique n’existe pas. « On devrait repenser nos structures pour accueillir davantage d’étudiants. On dirait certainement oui! Voilà pourquoi on travaille sur des projets majeurs. On cherche encore à se développer », conclut fièrement la directrice de l’ISMER.

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