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L’Université Concordia se lance dans la publication en libre accès

Les Presses de l’Université Concordia sont la première maison d’édition québécoise à publier des ouvrages érudits en libre accès, en français et en anglais.

par ANQI SHEN | 28 NOV 16

À une époque où les maisons d’édition et les bibliothèques font face à des pressions économiques, l’Université Concordia lance ses propres presses universitaires en libre accès qui offrira des services à partir de sa bibliothèque.

Les Presses de l’Université Concordia seront les premières au Québec à publier des ouvrages savants en libre accès, en anglais et en français. Selon la bibliothécaire en chef de l’Université, Guylaine Beaudry, et le directeur de l’édition des presses, Geoffrey Little, ce projet a pour but de créer un mode durable de diffusion des résultats de recherche dans le domaine des arts et des sciences humaines en offrant un accès en ligne gratuit aux ouvrages numériques et la vente de certaines éditions papier.

Le directeur de l’édition des presses, Geoffrey Little. Photo de L'Université Concordia.
Le directeur de l’édition des presses, Geoffrey Little. Photo de L’Université Concordia.

Lancé le 27 octobre dernier, le projet est né d’un sentiment d’urgence et d’un désir d’offrir de nouvelles options, explique Mme Beaudry. « La situation des bibliothèques est très difficile; plus de 50 pour cent des revues savantes sont contrôlées par cinq grandes maisons d’édition qui forment un véritable oligopole. Cette situation exerce des pressions sur les bibliothèques qui constatent qu’il y a de moins en moins d’argent à consacrer aux livres. »

Les Presses de l’Université Concordia offrent aussi la possibilité de publier les résultats des travaux de recherche sous forme de monographie et non seulement dans des revues savantes, explique Mme Beaudry. « À titre de bibliothécaire et membre du personnel universitaire, nous accordons de la valeur au livre comme support de l’œuvre scientifique.

Les Presses s’apprêtent à publier quatre titres en 2017, et 10 titres annuellement jusqu’en 2022. « Nous étudions et ajustons actuellement le modèle avec une vision à long terme, poursuit-elle. Nous sommes conscients d’être en train d’établir la réputation d’une nouvelle maison d’édition, et si nous n’y parvenons pas, dans cinq ans nous devrons fermer boutique. »

Comme le modèle d’affaires des presses en libre accès ne repose pas sur les prévisions de ventes, l’établissement de la maison d’édition a été rendu possible par des dons de 150 000 $ de la fondation de la famille Birks, et de 100 000 $ de Brian Neysmith, un ancien de l’établissement. Ces fonds seront principalement consacrés aux coûts de production.

Au Canada, au cours des 10 dernières années, l’Université Athabasca et l’Université de Calgary ont aussi décidé de se lancer dans les presses en libre accès. La réussite de ce genre de publication dépend de sa capacité à surmonter de nombreux obstacles liés entre autres à la distribution, à l’accessibilité et à la découvrabilité des livres électroniques. À cet égard, M. Little confirme que les Presses de l’Université Concordia sont en pourparlers avec les responsables de plateformes de distribution qui ont été couronnées de succès à l’étranger.

« Nous souhaitons être en mesure de démontrer aux auteurs, aux bailleurs de fonds, aux administrateurs et aux lecteurs l’impact que peut avoir un livre, ce qui ne se fait pas en comptant le nombre de téléchargements ou de consultations. Je crois que nous disposons de puis un peu plus d’un an d’indicateurs un peu plus sophistiqués », conclut-il.

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