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L’Université Laval, première université carboneutre au Québec

par JEAN-FRANÇOIS VENNE | 13 JAN 16
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À l’Université Laval, la forêt Montmorency sert de puits de carbone.

L’Université Laval est devenue cette année la première université carboneutre au Québec et l’une des rares au Canada. Ses efforts inspireront-ils d’autres universités?

« Depuis 2007, le développement durable est au cœur de notre philosophie de gestion et de formation, explique Éric Bauce, vice-recteur exécutif au développement. Nous avions décidé, à l’époque, de faire de notre établissement un banc d’essai en développement durable. Un de nos projets, peut-être le plus ambitieux, était d’atteindre la carboneutralité. »

C’est maintenant chose faite. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont chuté de 27 pour cent depuis 2006, l’année où l’Université Laval a commencé à les mesurer. L’optimisation de la combustion des chaudières et l’ajout d’une chaudière électrique ont été cruciaux, réduisant de plus d’un quart les émissions de GES liées au chauffage. Des travaux d’efficacité énergétique au pavillon Adrien-Pouliot, qui ont diminué la consommation d’énergie du tiers, et la conception écoresponsable du Stade TELUS-Université Laval ont aussi réduit les émissions.

L’Université Laval a également mis à contribution la forêt Montmorency, aménagée de façon durable afin de servir de puits de carbone. Répartie sur 412 km2, cette forêt capte l’équivalent de plus de 13 945 tonnes de CO2 annuellement, dont plus de la moitié est retranchée du bilan carbone de l’Université Laval. S’ajoutent à cela 5 143 tonnes en crédits de carbone, achetés au coût de 50 000 $, représentant environ 14 pour cent de ce bilan.

La première phase du plan directeur en énergie a coûté 13 millions de dollars, une dépense amortie sur trois ans. « L’ensemble de notre carboneutralité, incluant l’achat de crédits de carbone, se fait à coût nul, notamment en raison des réductions de coût qu’entraînent de plus faibles dépenses énergétiques », précise le vice-recteur.

Exemple à suivre

Le porte-parole de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPQ), André Bélisle, applaudit l’effort de l’Université Laval. « C’est inspirant de voir un établissement de la taille de l’Université Laval devenir un chef de file de la carboneutralité, dit-il. Des techniques éprouvées ont été utilisées, notamment du côté de la chaufferie, pour réduire les émissions de GES et de bons résultats ont été obtenus. »

Bélisle espère bien sûr voir les autres universités, et même l’ensemble des bâtiments publics, emboîter le pas à l’Université Laval. « Je crois que nous n’aurons pas le choix, car ni le Québec ni le Canada ne sont pour l’instant à la hauteur de leurs engagements en matière de réduction des émissions de GES, note-t-il. Espérons que la Conférence de Paris (COP21) aura suffi à sonner l’alarme quant à l’urgence d’agir. »

Pour M. Bauce, le défi consiste à conserver ce bilan carbone neutre malgré le fort développement de l’Université Laval, et surtout de démontrer que cet effort environnemental n’est en rien un frein à l’essor de l’établissement. « Le pavillon de médecine a doublé de taille sans que la dépense énergétique n’augmente, dit-il. Ça exige d’innover afin de réduire la consommation d’énergie et aussi de recycler l’énergie générée. Par exemple, l’énergie produite par le super ordinateur est redirigée vers le système de chauffage. La carboneutralité peut se faire de manière très rentable et accompagner le développement. »

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