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Ma thèse en 180 secondes souffle 10 bougies

La Sénégalaise Mané Seck a remporté les honneurs de la finale internationale à laquelle 19 autres candidat.e.s ont pris part.

par PASCALE CASTONGUAY | 17 NOV 22

Pour son dixième anniversaire, le concours Ma thèse en 180 secondes s’est offert le cadeau d’une finale internationale en sol montréalais. En plus d’avoir été le théâtre d’une compétition opposant 20 finalistes rivalisant d’ingéniosité pour expliquer le sujet de leur thèse en moins de trois minutes, l’événement tenu au début octobre a également été l’occasion de revenir sur la pertinence de l’initiative lancée par l’Acfas en 2012.

S’étant glissée dans la peau de Madame Cosinus le soir de la finale internationale pour expliquer les règles du concours qu’elle a mis au point en 2012, Julie Dirwimmer ne cache pas son enthousiasme pour la formule de l’événement. « Les bases auxquelles on voulait s’attacher sont encore là. Oui, il y a une compétition, mais derrière, ce qu’on gagne, c’est une formation à la communication orale qui est juste extraordinaire », explique celle qui est aujourd’hui conseillère principale, relations science et société au Bureau du scientifique en chef du Québec.

De gauche à droite : Jihane Kenfaoui, représentante du Maroc (Prix du public), Mamy Henintsoa Randrianjatovonarivo, représentante de Madagascar (3e Prix du jury), Sophie Rivara, représentante de la Suisse (2e Prix du jury), et Mané Seck, représentante du Sénégal (1er Prix du jury). Photo : Acfas.

Même son de cloche du côté de Sophie Montreuil, directrice générale de l’Acfas. « Je crois que [le concours] est aussi pertinent [qu’il y a 10 ans], sinon davantage. » Si l’expansion en ce qui concerne le nombre de finalistes est exclus puisque le Comité international a fixé la limite à 20 participant.e.s, pour Mme Montreuil, c’est sur le plan de la visibilité que la compétition pourrait encore gagner du terrain. « C’est fascinant de voir que dans la salle, il y avait un peu de tout, pas nécessairement tous des collègues. Il y a un attrait du public en général qui a peut-être été habitué pendant la pandémie à entendre plus souvent des scientifiques, à les voir dans les médias par exemple. »

Cette volonté que le concours rejoigne un plus large public résonne aussi chez Mme Dirwimmer qui souhaite que les finalistes puissent un jour présenter leur thèse devant les décideurs et décideuses de leur pays pour leur expliquer à quel point leur sujet est important. « Je sais que ça été fait en France, je pense que ce serait essentiel que ça se fasse ailleurs. »

Édition 2022

Provenant des quatre coins de la planète, la vingtaine de finalistes francophones représentaient des pays aussi diversifiés que l’Irlande, le Liban, la Belgique, Haïti et le Togo. Si l’ensemble des participant.e.s ont pu prendre part en personne aux activités organisées à Montréal pendant la semaine qui précédait la finale, cinq candidat.e.s ont dû effectuer leur présentation à distance.

Le jury présidé par Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, a couronné Mané Seck, qui représentait le Sénégal. La représentante de la Suisse, Sophie Rivara, et celle de Madagascar, Mamy Henintsoa Randrianjatovonarivo, ont complété le podium en remportant respectivement les deuxième et troisième prix du jury. Pour sa part, Jihane Kenfaoui, représentante du Maroc, a mis la main sur le Prix du public.

Bien qu’elle n’ait pas réussi à se tailler une place parmi les lauréates, Audréanne Loiselle, candidate au doctorat en sciences biologiques à l’Université de Montréal et représentante du Canada pour l’événement, n’a pas été déçue de l’expérience. « J’ai beaucoup aimé ma journée. Je croyais que j’allais être plus stressée que cela, mais le fait d’avoir autant de gens qui sont stressé.e.s ensemble, c’est très encourageant parce qu’on se dit : « On est tous dans le même bateau » », raconte celle qui dit avoir été témoin de bien plus de fraternité que de compétition au cours de la semaine.

À titre de représentante du Canada, Audréanne Loiselle, doctorante en sciences biologiques à l’Université de Montréal, a présenté ses travaux portant sur les milieux humides et leur conservation. Photo : Acfas

D’ailleurs, en tant que finaliste du pays hôte, elle a plus d’une fois été celle vers qui les autres participant.e.s se tournaient pour naviguer dans la métropole, un rôle qui est loin de lui avoir déplu. « J’ai vraiment beaucoup apprécié d’avoir l’occasion de présenter Montréal, la recherche qu’on y fait, mon université, qui a été l’hôte de la majorité de nos activités. Pour moi, ça vraiment été un élément de fierté », explique Mme Loiselle.

Au-delà de la richesse de l’expérience humaine rattachée à ce concours, la doctorante entend bien mettre à profit ce qu’elle a appris sur la vulgarisation. Quelques minutes à peine après l’annonce des lauréates, elle évoquait déjà de nouveaux projets dont celui de réaliser une vidéo de vulgarisation portant sur les milieux humides et leur conservation, son domaine de recherche. « Pour moi, la vulgarisation ne s’arrête pas ici, j’ai d’autres idées de projet qui me trottent dans la tête », confie-t-elle.

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