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Mise au point d’un test peu coûteux pour dépister la tuberculose

Une découverte à l’origine de la récente recommandation de l’OMS au sujet du dépistage de la tuberculose.

par SYLVAIN COMEAU | 26 OCT 11

Une équipe de chercheurs dirigée par Madhukar Pai, épidémiologiste et expert de la tuberculose à l’Université McGill, s’affaire à mettre au point un nouveau test abordable permettant de diagnostiquer la maladie mortelle qui continue d’affliger de nombreux pays en développement.

« On recense 9,5 millions de nouveaux cas de tuberculose chaque année, déclare le Dr Pai, et la plupart des pays sont incapables de détecter 65 pour cent des cas. Pour chaque cas non diagnostiqué ou mal diagnostiqué, l’infection s’étendra à 15 autres personnes, ce qui aggrave manifestement l’épidémie. »

Le Dr Pai a fait les manchettes en août lorsqu’un document de recherche dont il est le coauteur a incité l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à publier un énoncé de politique recommandant de ne pas recourir aux analyses sanguines pour diagnostiquer la tuberculose. Selon le document du Dr Pai, bien que leur utilisation soit très répandue dans les cliniques privées de nombreux pays en développement, le taux de précision de ces analyses n’est que de 50 pour cent, ce qui équivaut à tirer à pile ou face.

Ayant contribué à discréditer les analyses, le Dr Pai s’emploie maintenant à combler la lacune mise au jour. En mai, il a reçu une subvention de 100 000 $ au titre de la recherche sur les grands défis afin de mettre au point une solution de rechange plus précise. Géré par une organisation à but non lucratif financée par le gouvernement fédéral, le programme de subventions de recherche sur les grands défis finance des initiatives de recherche axées sur les problèmes de santé mondiaux.

Le Dr Pai et son équipe créeront un test simple sous forme de bandelette réactive permettant de détecter la tuberculose extrapulmonaire, qui s’attaque à d’autres organes que les poumons dans 20 pour cent des cas. Ils souhaitent concevoir le test de façon à ce qu’il soit facile et peu coûteux à produire en Inde, le pays le plus touché par la tuberculose. S’il voit le jour, le dispositif consistera en une cartouche de plastique dotée d’une membrane renfermant des biomarqueurs, c’est-à-dire des anticorps, des antigènes ou des protéines associés à la maladie.

Les outils de diagnostic précis qui existent dans les pays en développement sont coûteux. On a un besoin urgent de tests rapides, précis et peu coûteux. « Cet outil de diagnostic coûterait un dollar ou deux et serait aussi facile d’utilisation qu’un test de grossesse, affirme le Dr Pai. Il suffirait de prélever une goutte de liquide dans la colonne vertébrale ou l’abdomen d’une personne et de la placer dans le dispositif pour obtenir un diagnostic précis en quelques minutes. » Toutefois, il qualifie sa recherche de projet à risque élevé : « Je ne sais pas encore si cela va fonctionner. »

Certaines régions du Canada sont également touchées par la maladie. En juillet, le Dr Pai a reçu 355 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada pour effectuer une étude de faisabilité et de rentabilité visant à déterminer s’il serait possible de réaliser des tests peu coûteux de laboratoire fondés sur l’ADN afin de dépister la tuberculose au Nunavut, la seule région du Canada actuellement touchée par une éclosion de la maladie.

« Nous devons découvrir si ces tests fonctionneront dans ce milieu éloigné. Nous vérifierons également leur rentabilité et leur capacité à accélérer le diagnostic, explique le Dr Pai. Nous avons réellement entrepris une course contre la montre en vue d’enrayer cette épidémie. »

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