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Un nouveau programme de chaires attire des chercheurs étrangers primés

Les 19 lauréats ont tous occupé des postes à l’étranger avant de se voir accorder leur chaire de recherche. Voilà donc un important recrutement de cerveaux pour le pays.

par MARK CARDWELL | 08 JUIN 10

Professeur à l’Université de Californie, le docteur Ian Gardner est reconnu partout dans le monde pour ses recherches sur la santé des stocks de poissons. Il fait maintenant la manchette comme « prise d’excellence » pour une université canadienne de petite taille aux ambitions aussi larges que l’océan. « Je suis enchanté », dit le Dr Gardner, qui joint les rangs du Collège de médecine vétérinaire de l’Atlantique de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI), un chef de file en recherche sur la santé des poissons et la population animale, comme titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada (CERC) sur l’épidémiologie aquatique. « Il s’agit là d’une nouvelle frontière de la science qui peut avoir un impact tangible sur la vie des gens. »

Le Dr Gardner est l’un des 19 chercheurs vedettes étrangers pris au filet par le Canada dans son expédition mondiale de pêche. L’appât : 190 millions de dollars d’investissements fédéraux, soit 10 millions de dollars par chaire, qui seront versés aux 13 universités où les chercheurs travailleront pendant les sept prochaines années.

L’Université de l’Alberta se trouve en tête des récipiendaires avec quatre CERC. L’Université de Waterloo, l’Université de Toronto et l’Université Laval en ont chacune obtenu deux.

« C’est une immense victoire pour nous et pour toute la région de Québec », affirme Denis Brière, recteur de l’Université Laval, ajoutant que l’arrivée du spécialiste des océans, Marcel Babin, de la France, et celle du spécialiste en optique, Younès Messaddeq, du Brésil, donneront une renommée mondiale à des programmes déjà bien établis. « Comme on dit, ces chaires sont la cerise sur le gâteau des années, sinon des décennies, de travail pendant lesquelles nous avons développé notre expertise dans ces domaines. »

(Wade MacLauchlan, recteur de l’UPEI, en convient.) « Ces chaires exploitent nos forces », explique-t-il. Les hauts dirigeants et les membres du corps professoral de l’Université ont tenté pendant près de deux ans d’attirer le Dr Gardner, originaire de l’Australie, à Charlottetown. « Lorsque nous avons créé le programme à l’UPEI, nous voulions devenir l’un des meilleurs collèges de médecine vétérinaire au monde pour les poissons, et nous y sommes parvenus. Grâce à la présence du Dr Gardner, nous sommes maintenant la meilleure école dans un domaine qui fournit des aliments sains à un monde en manque de protéines. »

De son côté, le Dr Gardner affirme être heureux d’avoir obtenu la chaire, bien qu’il admette que certains amis, en Californie, sont demeurés perplexes en apprenant sa décision. « Ils m’ont trouvé fou », a-t-il confié à Affaires universitaires de la côte ouest où il est retourné quelques jours après l’annonce officielle des CERC à l’Île-du-Prince-Édouard. « C’est une province relativement isolée. S’y rendre en avion me prend plus de temps qu’aller à Londres. »

Il ajoute cependant que l’Île et le Collège sont tous deux parfaitement situés pour ses recherches sur l’aquaculture et les écosystèmes marins. « Je ne viens pas à la rescousse du stock de morue, dit-il, mais nos recherches devront produire des résultats tangibles pour montrer que tout cet argent a été bien investi. »

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