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Pleins feux sur l’éclipse solaire de 2024 et ses vertus pédagogiques

Les universités situées dans la trajectoire de l’éclipse totale profitent de l’occasion pour faire rayonner la science et l’art de l’astronomie.

par DIANE PETERS | 05 AVRIL 24

Le 8 avril, dans le Centre et l’Est du Canada, on pourra voir la Lune passer directement entre la Terre et le Soleil, un phénomène qui n’a pas pu être observé dans ces régions depuis plus de 40 ans. La bande de totalité de cette éclipse solaire traversera de nombreuses collectivités où sont situées des universités canadiennes. Ces dernières ont pensé à tout en prévision de ce rare spectacle : lunettes de protection, événements le jour même, vulgarisation scientifique et même célébrations artistiques.

« C’est vraiment le genre de chose qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie », note Hilding Neilson, professeur adjoint de physique à l’Université Memorial. Si une éclipse solaire totale a été observable dans les Maritimes en 1970 puis de nouveau en 1972, pour bien des gens au Canada, la dernière manifestation de ce type remonte à 1979. En 1994, c’est une éclipse annulaire – où le Soleil n’est que partiellement obscurci – qui avait traversé le centre du pays. La prochaine éclipse totale traversera le Nord et l’Ouest du pays en 2044 et le Canada atlantique en 2079.

Les éclipses totales sont souvent décrites comme des expériences très spéciales, voire magiques. « Pouvoir observer des étoiles en plein jour, c’est assez épatant », fait remarquer Yves Grosdidier, chargé de cours en physique à l’Université de Sherbrooke.

L’Université Queen’s de Kingston est située dans la bande de 100 kilomètres de largeur où l’éclipse sera totale. À 15 h 22, elle sera plongée dans l’obscurité pour une période de 2 minutes 51,8 secondes.

Chercheur postdoctoral et coordonnateur des communications sur l’éclipse à l’Université, Nikhil Arora a vu une éclipse totale en Inde durant son adolescence. « Pour observer tout autre type d’événement astronomique, il faut soit disposer d’un équipement très coûteux, soit se rendre dans un endroit suffisamment sombre. Mais pour vivre une éclipse solaire, il suffit de sortir de chez soi. »

Depuis quelque temps, des étudiant.e.s agissant comme des ambassadeurs et ambassadrices de l’Université Queen’s visitent des écoles primaires pour distribuer une partie des 120 000 paires de lunettes commandées par l’établissement, et des physicien.ne.s animent des soirées thématiques dans les bars. Au cours des deux semaines précédant l’événement céleste, des étudiant.e.s en théâtre ont lu des extraits de pièces originales sur le thème de l’éclipse. Le Jour J, l’Université tiendra des événements d’observation en collaboration avec la Ville de Kingston et d’autres partenaires.

« Nous pensons que l’accès à la science ne doit pas se limiter aux amphithéâtres universitaires », indique M. Arora, membre du groupe de travail sur l’éclipse de l’Université Queen’s, créé en 2021.

À l’Université Memorial, le campus de St. John’s, qui se trouve dans la trajectoire de l’éclipse partielle, organise le Sun Block Party et des conférences variées. À Gander, où le ciel s’obscurcira pendant 2 minutes 13,4 secondes dès 17 h 12 (heure locale), l’établissement commandite des événements, tels que la présentation de résultats d’expériences menées dans des écoles secondaires et l’accès à un planétarium gonflable.

Pour les universités, il est rare de pouvoir compter sur un événement naturel qui se prête aussi bien à la vulgarisation scientifique, à la pédagogie en santé et sécurité et à d’autres mandats qui leur incombent en tant qu’établissements d’enseignement publics.

« C’est une occasion formidable pour l’Université Memorial et ses scientifiques de consolider leurs liens avec le public, se réjouit le professeur Neilson. Les sciences peuvent être tellement abstraites. Je peux bien parler de cosmologie et de l’intérieur des étoiles, mais personne ne peut scruter l’intérieur d’une étoile. En revanche, tout le monde peut voir une éclipse. »

Au Québec, Sherbrooke aura droit à une généreuse période d’obscurité de 3 minutes 23,9 secondes. L’Université de Sherbrooke collabore avec l’Université Bishop’s, les cégeps locaux et la Ville pour promouvoir la région comme l’un des meilleurs sites d’observation au pays. À la sensibilisation dans les écoles s’ajouteront des événements à l’Observatoire du Mont-Mégantic et au stade de l’Université. Dans ce dernier cas, un professeur de philosophie donnera une conférence et une doctorante fera la lecture d’une œuvre littéraire originale.

« Cet événement se veut autant culturel que scientifique, explique M. Grosdidier. L’objectif est d’offrir une expérience d’observation sûre et hautement instructive au plus grand nombre de personnes possible. »

Des activités s’organisent aussi dans des établissements situés hors de la bande de totalité. L’Université de Toronto fait équipe avec la Bibliothèque publique de Toronto pour tenir des événements éducatifs et distribuer des lunettes (également nécessaires pour les éclipses partielles). Le public de la métropole pourrait aussi se rendre dans la péninsule du Niagara ou des régions avoisinantes pour observer l’éclipse totale. Dirigé par Ilana MacDonald, stratège, Relations publiques, communications et événements à l’Institut Dunlap d’astronomie et d’astrophysique, affilié à l’Université de Toronto, le groupe de travail sur l’éclipse de l’Ontario est le fruit de la collaboration de plusieurs organisations, dont des universités ontariennes.

Les activités éducatives entourant l’éclipse portent sur l’astronomie et la science, mais aussi sur la sécurité. S’il n’est jamais avisé de regarder directement le Soleil, il faut aussi savoir qu’après la période d’obscurité totale, la brusque réapparition du Soleil enverra des rayons frapper directement les pupilles dilatées des observateurs et observatrices qui n’arriveraient pas à détourner le regard rapidement ou qui ne porteraient pas de protection adéquate, ce qui pourrait alors entraîner des lésions oculaires.

Les universités encouragent le public à utiliser des lunettes d’observation adaptées ou un appareil à sténopé, à observer l’éclipse à travers ses doigts placés en X ou à utiliser la méthode de la réflexion pour protéger sa vue. Leur souhait : que toute la population vive ce phénomène naturel spectaculaire en toute sécurité et, par la même occasion, enrichisse un peu ses connaissances.

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