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Un nouveau centre sciences et médias au Canada

par PEGGY BERKOWITZ | 16 OCT 09

Il y a 10 ans, une immense controverse sur les aliments génétiquement modifiés éclatait au Royaume-Uni. Un quotidien londonien avait titré « Les aliments Frankenstein tuent » et publié une photo de Tony Blair, premier ministre de l’époque, sous les traits du personnage. Les scientifiques britanniques ne s’attendaient pas à ces attaques des médias, qu’ils ont trouvées déroutantes, et ont cessé de participer aux travaux de recherche. Au final, le Royaume-Uni a mis un frein aux récoltes génétiquement modifiées.

Sept ans plus tard, en 2006, une autre histoire d’horreur scientifique s’est retrouvée en une du même quotidien, qui condamnait l’utilisation d’embryons humains pour la recherche sur les cellules souches et qui alertait le monde de la venue d’un « FrankenLapin ». Le résultat, cette fois, a été différent. Les scientifiques étaient prêts et avaient appris à s’adresser aux journalistes. Le milieu scientifique leur avait d’ailleurs transmis de l’information à propos de la recherche sur les cellules souches, ce qui leur permettait de savoir où trouver les réponses à leurs questions. En 2008, la Chambre des Lords a voté en faveur de la poursuite de ce genre de recherches.

Selon Fiona Fox, qui racontait cette histoire à Ottawa devant un auditoire de scientifiques, de décideurs et de journalistes, c’est la création du Science Media Center, peu après les événements de 1999, qui a fait la différence entre ces deux cas. Mme Fox, qui en est la directrice fondatrice, a expliqué que le Centre a pour objectif « d’offrir aux scientifiques une plateforme pour s’adresser au public […], chaque controverse étant considérée comme une occasion de le faire ». Ainsi, dorénavant, lorsqu’une crise éclate, le Centre fait appel à des experts reconnus, qui ont préalablement accepté de répondre en tout temps aux questions des journalistes.

Cette expérience positive réalisée au Royaume-Uni a incité un petit groupe de chercheurs, de journalistes et de décideurs scientifiques à se réunir, il y a deux ans, afin d’évaluer la possibilité d’établir une organisation similaire au Canada. Bonne nouvelle, le déjeuner au cours duquel Mme Fox prenait la parole à Ottawa en octobre marquait le lancement officiel du Centre canadien Sciences et médias (CCSM).

« Nous franchissons une étape décisive vers l’atteinte de l’objectif du Centre, affirme Suzanne Corbeil, vice-présidente, Relations extérieures et Communications de la Fondation canadienne pour l’innovation et présidente du comité directeur du Centre. Cet objectif consiste à assurer une couverture exacte et rationnelle des enjeux scientifiques dans les médias canadiens. »

Le comité directeur croit en un centre principalement virtuel et entièrement bilingue qui permettra aux journalistes de parler aux experts et de s’informer sur des sujets d’actualité dans les domaines de la santé, de la technologie, de l’environnement, de la médecine, de l’ingénierie, des sciences de la vie, des sciences physiques et des sciences humaines. Dans une étude de faisabilité menée l’an dernier, les parties intéressées soulignaient, entre autres, que le Centre devrait aider les scientifiques à mieux comprendre les motivations des journalistes, à mettre l’accent sur la recherche canadienne et à instaurer un registre central de rencontres scientifiques que les journalistes pourraient couvrir « près de chez eux ».

Le CCSM devrait ouvrir ses portes l’été prochain. Il est composé de plus de 30 membres fondateurs, qui ont tous contribué à hauteur de 5 000 $ pour sa fondation, dont l’Université du Nouveau-Brunswick, l’Université McMaster et l’Université du Québec à Montréal, ainsi que des entreprises. Le Centre sera en campagne de financement jusqu’au 31 décembre 2009. Son plan d’affaires peut être consulté au sciencemediacentre.ca.

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