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Suivi des promesses électorales : chose promise, chose due ?

Une equipe de chercheurs a élaboré une méthode de calcul des promesses réalisées par les gouvernements.

par JEAN-FRANÇOIS VENNE | 05 FEV 14

Chaque élection est l’occasion pour les partis politiques de multiplier les promesses. Une fois élu, le gagnant a parfois de la difficulté à remplir tous ses engagements. Or, les électeurs se souviennent davantage des promesses trahies que de celles qui ont été réalisées, ce qui alimente le cynisme envers les politiciens.

L’équipe du Polimètre, composée de chercheurs du Centre d’analyse des politiques publiques de l’Université Laval, a élaboré une méthode de calcul des promesses réalisées par les gouvernements. Après avoir recensé les engagements pris dans la plateforme électorale du parti au pouvoir, l’équipe étudie ses actions et classe les promesses dans quatre catégories : réalisées, partiellement réalisées, en suspens, ou carrément rompues.

« Il s’agit de recueillir des informations pour évaluer le degré de réalisation des promesses électorales, mais aussi de les communiquer aux citoyens, afin de lutter contre un cynisme parfois ancré dans de fausses perceptions », explique François Pétry, professeur et directeur du département de science politique à l’Université Laval.

Qui n’a pas déjà levé les yeux au ciel en entendant une promesse électorale? Pourtant, l’exercice du Polimètre révèle que les gouvernements ont une assez bonne moyenne d’engagements réalisés. « Les gouvernements, à la fin d’un mandat de quatre ans, ont généralement réalisé entre les deux tiers et les trois quarts de leurs promesses », précise M. Pétry.

Les partis sont conscients de l’importance de présenter des plateformes électorales détaillées et réalistes ajoute-t-il. Ainsi, le gouvernement minoritaire conservateur élu en 2006 avait réussi à réaliser, en moins de deux ans, environ les deux tiers de ses promesses. Sachant qu’ils risquaient de former un gouvernement minoritaire, les Conservateurs avaient fait campagne sur un nombre très restreint d’engagements.

Le cheminement d’un autre gouvernement minoritaire, celui du Parti Québécois (PQ), est un peu plus ardu. En janvier 2014, il avait réalisé ou était en voie de réaliser 51 pour cent de ses engagements.

Toutefois, toutes les promesses n’ont pas le même poids. Parfois, une seule promesse rompue peut faire très mal. Ainsi, le PQ a maintenu la « taxe santé » (un montant forfaitaire devant être déboursé annuellement par tous les Québécois), qu’il avait pourtant promis d’abolir. « Lorsque l’on promet d’abolir une taxe, et qu’on ne le fait pas, cela marque l’esprit des gens », indique M. Pétry.

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