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Tous les Canadiens bénéficient des investissements dans les études supérieures

Il faut démontrer comment la recherche contribue à résoudre des problèmes, affirme Herb O’Heron de l’AUCC

par TARA SIEBARTH | 23 NOV 09

Le Canada accuse un certain retard par rapport à d’autres pays pour ses taux de fréquentation universitaire et d’investissements dans l’éducation postsecondaire, et les administrateurs doivent démontrer aux politiciens comment la recherche améliore la vie quotidienne des Canadiens.

C’est le message qu’a transmis Herb O’Heron, directeur de la Division de la recherche et de l’analyse des politiques à l’Association des universités et collèges du Canada lors de la conférence annuelle de l’Association canadienne pour les études supérieures (ACES) qui se tenait à Halifax en novembre.

« Nous devons miser sur les défis que le Canada doit relever, a-t-il dit, et illustrer comment la recherche et les études aux cycles supérieurs aideront à résoudre les problèmes économiques actuels du pays ».

L’exposé de M. O’Heron, qui donnait le coup d’envoie de la conférence, a suscité une discussion entre les quelque 200 personnes présentes qui étaient pour la plupart des doyens ou des doyens associés et des étudiants aux cycles supérieurs.

M. O’Heron a expliqué que les effectifs aux cycles supérieurs sont demeurés stables au milieu des années 1990, et ont connu une forte croissance au cours de la dernière décennie pour atteindre plus de 40 000 étudiants au doctorat et près de 80 000 étudiants à la maîtrise en 2009.

Il ajoute cependant que de nombreux pays ont dépassé le taux de fréquentation universitaire du Canada. Selon les données de l’OCDE, le Canada se classe au 24e rang sur 25 pays, (suivi seulement par le Japon) pour le taux d’étudiants au doctorat par million d’habitants.

On pense souvent à tort, ici, que le Canada occupe les premiers rangs en matière d’éducation postsecondaire, a-t-il poursuivi. Proportionnellement à la taille de sa population, le Canada décerne deux fois moins de maîtrises et trois fois moins de doctorats que les États-Unis, dans les groupes d’âge pertinents.

En outre, le gouvernement fédéral des États-Unis vient d’investir plus de 18 milliards de dollars en recherche et développement afin de doter l’économie du pays des ressources nécessaires pour l’innovation.

Les autres pays ne restent pas les bras croisés. L’Allemagne a renouvelé son entente de financement à l’égard de l’enseignement supérieur à hauteur de 18 milliards d’euros (28 milliards de dollars), dont près de 10 pour cent sont consacrés au financement de la recherche universitaire. L’Inde a bonifié le financement de l’enseignement supérieur de 40 pour cent dans son budget de 2009. Selon M. O’Heron l’Inde devrait dépasser les pays du G7 (les pays les plus industrialisés), pour les citations en recherche d’ici cinq ans.

Pourtant, les investissements du gouvernement canadien dans les budgets de fonctionnement des universités ont plus que doublé entre 1996 et 2007. « Nous effectuons de plus en plus de recherche, que ce soit pour le compte du gouvernement ou d’autres secteurs. Ce sont les investissements que les autres secteurs effectuent [dans les universités] qui ont permis de répondre à la demande croissante [en recherche] », a-t-il indiqué.

M. O’Heron a cité une étude de l’Université de la Colombie-Britannique qui démontre que 73 pour cent de la connaissance générée par la recherche universitaire est transmise dans l’économie par l’entremise des diplômés. Il est toutefois difficile pour le milieu universitaire de démontrer quel impact a le secteur sur l’économie, affirme-t-il. « Nous devons prouver que la recherche fait partie de la solution, qu’elle n’est pas une dépense vaine. »

Il a ensuite poursuivi en montrant l’impact important de la recherche sur nos vies quotidiennes. Il a entre autres donné l’exemple d’un étudiant aux cycles supérieurs à l’Univesité Acadia qui, grâce au soutien du réseau national de centres d’excellence en sciences mathématiques, du gouvernement provincial et de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, est parvenu à améliorer la qualité et la quantité des pommes. Il a aussi cité en exemple un chercheur postdoctoral de l’Université d’Ottawa dont le test, servant à diagnostiquer en 30 minutes à peine certaines infections virales parfois mortelles, est sur le point d’être mis en marché par Spartan Bioscience dans toute l’Amérique du Nord. De tels exemples doivent être communiqués régulièrement aux politiciens qui souvent ne connaissent pas les bienfaits que procurent les investissements dans la recherche universitaire.

D’autres séances de la Conférence portaient sur le soutien accordé à la recherche en sciences sociales et à la formation de boursiers postdoctoraux. Une séance faisait état des questions d’ordre juridique qui surviennent fréquemment dans les écoles supérieures, en raison d’une mauvaise communication de la part du superviseur et qui peuvent mener à de sérieux problèmes dans la relation avec l’étudiant. Au cours d’une autre séance, les étudiants aux cycles supérieurs ont pu participer à un forum où ils ont discuté des difficultés auxquelles ils sont confrontés à la fin de leurs études. Bon nombre d’entre eux ne se sentent pas préparés adéquatement pour le marché du travail, et souhaitent que les écoles supérieures les aident à développer des compétences complémentaires comme la manière de présenter leur recherche ou de se préparer pour une entrevue.

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