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Un budget modeste, mais des fonds pour le secteur postsecondaire

Restructuration des programmes de bourses d'études, bourses d'études supérieures destinées aux étudiants étrangers et coup de pouce à la recherche.

par LÉO CHARBONNEAU | 10 MAR 08

Le ministre des Finances, James Flaherty, a qualifié de « modeste »  le budget fédéral présenté en février, et la satisfaction du milieu de l’éducation postsecondaire est à l’avenant.

De l’avis de Tom Traves, recteur de l’Université Dalhousie et président du conseil d’administration de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), le budget envoie un « message relativement positif » concernant le rôle de l’éducation postsecondaire pour l’avenir du Canada. Bien que certains postes budgétaires ne reçoivent pas le financement espéré par l’Association, « il ne fait aucun doute que ce gouvernement accorde une place centrale aux universités » , affirme-t-il.

Bourses d’études

La grande nouvelle pour l’éducation postsecondaire tient au démantèlement, en 2009, de la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, qui sera remplacée par un nouveau programme canadien de bourses d’études. Le gouvernement a aussi annoncé la création d’un prestigieux programme de bourses d’études supérieures, nommé d’après l’ancien gouverneur général Georges Vanier, censé attirer les meilleurs universitaires canadiens et étrangers sur nos campus. Les nouvelles bourses, d’une valeur de 50 000 $, subventionneront chaque année 500 doctorants quand le programme sera entièrement en place en 2010-2011.

Le budget prévoit également quelques dépenses supplémentaires en recherche, la plupart destinées à des domaines jugés prioritaires par le gouvernement.

Le nouveau programme de bourses d’études recevra un financement de 350 millions de dollars en 2009-2010, soit le même niveau de subvention que reçoit actuellement la Fondation canadienne des bourses du millénaire, et ce montant grimpera à 430 millions d’ici 2012-2013. Le financement de 138 millions accordé actuellement à diverses bourses d’études par l’entremise du Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE) sera également intégré au nouveau programme. Le budget prévoit aussi 123 millions de dollars sur quatre ans, à compter de 2009-2010, pour restructurer et moderniser le PCPE.

Les nouvelles bourses sont destinées aux étudiants de familles à revenu faible ou moyen, qui y auront accès en fonction du niveau de revenu de leur famille. Les étudiants des familles à faible revenu recevront 250 dollars mensuellement, et ceux des familles à revenu moyen, 100 dollars mensuellement. La première année, le nouveau programme devrait toucher 245 000 étudiants des collèges et du premier cycle universitaire, une augmentation de plus de 100 000 étudiants par rapport à ceux qui bénéficient actuellement des programmes de bourses et d’annulation de la dette.

« Si l’on entend se doter d’un système fédéral de bourses d’études, c’est probablement la bonne façon de procéder » , déclare Alex Usher, directeur pour le Canada de l’Educational Policy Institute, un groupe indépendant de réflexion sur les politiques éducationnelles. Il souligne que les nouvelles bourses d’études seront attribuées selon le revenu des candidats, plutôt que selon « le besoin ». Cela devrait garantir, selon lui, l’attribution d’une part plus importante des fonds disponibles aux personnes à faible revenu. Le programme est très semblable au programme états-unien de bourses d’études Pell, et représente un net progrès « par rapport à il y a dix ans, ajoute-t-il. Globalement, ce système est meilleur pour les étudiants que celui que nous avions jusqu’ici. »

Fonds de recherche

Sur le plan de la recherche, le budget prévoit des ressources additionnelles de 80 millions de dollars par année pour les trois organismes subventionnaires fédéraux, soit 34 millions aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), 34 millions au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et 12 millions au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), une augmentation totale d’un peu moins de cinq pour cent pour l’ensemble de leurs budgets de base.

Comme pour le budget de l’an dernier, le nouveau financement vise des secteurs précis. Le financement consenti au CRSNG est destiné à la recherche concertée dans les secteurs de l’automobile, de la fabrication, de la foresterie et de la pêche. Le financement accordé aux IRSC vise des projets de recherche sur « les besoins de santé des collectivités du Nord, les problèmes de santé liés aux conditions environnementales, la salubrité des aliments et l’innocuité des médicaments ». Et le financement alloué au CRSH doit concourir « à accroître la compréhension des effets de l’environnement sur la vie des Canadiens et des besoins en matière de développement social et économique des collectivités du Nord » .

Noreen Golfman, présidente de la Fédération canadienne des sciences humaines, a constaté avec satisfaction l’augmentation du financement accordé aux trois organismes subventionnaires, d’autant plus que le ministre des Finances s’était efforcé de diminuer les attentes avant le budget. « Mais il n’y a pas que de bonnes nouvelles », ajoute-t-elle.

L’an dernier, toutes les augmentations du CRSH et du CRSNG étaient destinées aux priorités établies par le gouvernement, et cette année, la hausse des fonds des IRSC l’était aussi. Or, aucune de ces priorités n’a été établie en tenant compte de l’avis du milieu de la recherche, affirme-t-elle. « ça ne va pas dans le bon sens. […] Nous craignons que ce type de ciblage thématique compromette au bout du compte la qualité de la recherche fondamentale au Canada. »

Le budget prévoit 15 millions de dollars supplémentaires pour les frais indirects de la recherche, ce qui porte le montant total investi annuellement à 330 millions de dollars, une augmentation d’un peu moins de cinq pour cent. Puisque les frais directs de la recherche ont encore augmenté, ce geste se traduit concrètement par une diminution du taux de remboursement, qui passe de 25,4 pour cent pour l’année en cours à 25 pour cent en 2008-2009, selon les calculs de l’AUCC. Dans son mémoire au ministre des Finances, l’Association avait pourtant demandé que le taux soit porté au niveau « concurrentiel à l’échelle internationale »  de 40 pour cent d’ici trois ans.

Le budget prévoit une somme de 21 millions de dollars sur deux ans pour la création de jusqu’à 20 prestigieuses Chaires de recherche d’excellence mondiale du Canada. Chaque titulaire recevra jusqu’à dix millions de dollars sur sept ans. Les nouvelles chaires seront offertes dans les quatre secteurs prioritaires suivants : environnement, ressources naturelles et énergie, santé, technologies de l’information et des communications.

Parmi les autres éléments d’impor- tance pour l’éducation postsecondaire :

  • 140 millions de plus en 2007-2008 pour Génome Canada;
  • 250 millions sur cinq ans pour appuyer la recherche sur l’automobile;
  • 22 millions sur deux ans, qui passeront à 37 millions annuellement d’ici 2012-2013, pour améliorer la gestion et l’efficacité du système d’immigration, y compris les programmes et politiques concernant les étudiants étrangers;
  • une dotation de 20 millions au profit de la Fondation Gairdner, qui renommera ses prix annuels « les prix internationaux Canada-Gairdner »;
  • cinq millions par année, pour les deux prochaines années, pour couvrir les frais de fonctionnement du Centre canadien de rayonnement synchrotron, à l’Université de la Saskatchewan.
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